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Homélies paroissiales
Homélie du 18e dimanche du temps ordinaire par l'abbé J-Y. Poulailleau
Homélie du 18e dimanche du temps ordinaire par l'abbé J-Y. Poulailleau
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Homélie du 18e dimanche du temps ordinaire par l'abbé J-Y. Poulailleau

Dimanche 2 août 2020 (audio et texte)


 

Homélie de l'abbé J-Y. Poulailleau

 

"C’est gratuit, servez-vous !... " On pourrait résumer de cette manière le message qui nous est donné dans ces trois lectures.

Tout d’abord avec le prophète Isaïe dans la 1ère lecture : "Même si vous n’avez pas d’argent, venez acheter et consommer … "

Notons que le prophète Isaïe ne dit pas que ’tout est gratuit’, mais qu’on peut "acheter sans rien payer […] et sans argent". Il ne dit pas "servez-vous ...", mais "achetez sans argent …". Qu’est-ce que cela veut dire ?... En utilisant cette formule ambiguë, le prophète Isaïe souligne notre participation à l’œuvre du salut. Certes, Dieu donne gratuitement son amour pour nous ; mais il ne nous oblige pas à l’aimer. On ne peut aimer en vérité sans payer de sa personne, sans donner soi-même son amour. Si non il ne se passe rien. C’est un peu comme si on venait à la messe les mains dans les poches et le cœur vide, sans rien apporter de notre vie à Dieu.

L'Évangile de la multiplication des pains nous rappelle que Jésus donne en surabondance. Alors qu’il s’était embarqué pour un endroit désert, à l’écart, Jésus est rejoint par cette foule venue l’écouter. Ils sont prêts à tous les efforts, mais ils ont oublié d’apporter de quoi se nourrir. Jésus est saisi de compassion non seulement parce qu’ils n’ont rien à manger, mais parce qu’il y a aussi des malades à guérir. Avec seulement 5 pains et 2 poissons, Jésus nourrit gratuitement la foule après avoir dit à ses disciples : "donnez-leur vous-même à manger ! … "  

Jésus va retourner la situation en donnant gratuitement à cette foule le pain qui nourrit le corps. Les yeux levés vers le ciel, après l’avoir prononcé la bénédiction et rompu le pain, il le fait distribuer par ses disciples. Il nous préparait à ce qu’il annonce plus loin dans l’Evangile de Jean : "Le pain que je donnerai, c’est ma chair donnée pour que le monde ait la vie."  Comme l’écrit Mère Térésa, "Jésus s’est fait pain de vie afin de rassasier notre faim d'amour."

5 pains et 2 poissons comme nourriture, quantité négligeable pour une telle foule. Quantité devenue inépuisable pour nourrir l’âme de celles et ceux qui désormais peuvent communier à la vie nouvelle du Christ ressuscité.

Si Jésus fait une telle multiplication des pains, c’est parce qu’en voyant cette foule autour de lui, il a été saisi de pitié. Il a vu la foule de ceux qui aujourd’hui n’ont pas de quoi se nourrir dignement, à cause des gaspillages de nos sociétés de consommation. Il a vu la famine qui décime actuellement encore certaines populations du tiers-monde.  Il voit la foule de ceux qui aujourd’hui ont tout pour se nourrir, se vêtir, se cultiver et se divertir, mais sont affamés d’amitié et de vérité, de justice et de fraternité. Il voit la foule de ceux qui le suivent et se rassemblent pour l’écouter, affamés d’une vraie nourriture pour l’âme et le cœur.

Frères et sœurs, aujourd’hui, ici et maintenant, Jésus en nous voyant est saisi de compassion. Il connait les peines et les épreuves de chacun, le poids des difficultés que nous avons à porter pour nous même et avec les autres. Comme au temps du prophète Isaïe, il nous invite à venir ‘acheter et consommer […] sans argent et sans rien payer’, mais pour une vraie nourriture, celle qui comble le cœur de la paix et de la joie qui viennent de Dieu.

Durant le confinement, vous avez connu l’expérience de la communion spirituelle, ne pouvant recevoir la communion eucharistique. Ce matin, à la lumière de cette page d’Evangile, nous devons nous interroger : avons-nous réellement faim de Dieu ?...  

A ce propos, le pape émérite Benoît XVI écrivait (Exhortation apostolique Sacramentum Caristas) : "Toute célébration Eucharistique actualise sacramentellement le don que Jésus a fait de sa vie sur la croix pour nous et pour le monde entier."

Dans sa lettre aux Romains, l’apôtre Paul identifie cette nourriture : c’est l’amour du Christ dont rien ne pourra nous séparer, écrit St Paul : "car en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés ..."

Demandons au Seigneur ce matin de raviver en nous le désir de le recevoir, Lui qui se donne gratuitement en nourriture pour notre âme afin, venant demeurer en nous pour que nous puissions demeurer avec lui dans le service de nos frères.

Cette nourriture ne s’épuise jamais. Ils en restent toujours comme pour nous inviter au partage. Cette nourriture peut nous combler, non pas avec le pain complet que l’on achète, mais le pain rompu qui nous rachète en nourrissant notre vie à celle de Dieu.

Mère Thérésa l’écrivait avec ses mots et surtout son expérience au service des plus pauvres dans les mouroirs de Calcutta, à propos de ceux qui n’ont rien et qui donnent tout : ‘Tout ce qui n’est pas donné est perdu…’ ou encore : ‘Si on te donne un morceau de pain, coupe le en deux. Tu en prends un pour toi, et donne l’autre pour nourrir ton âme…’ ou encore : "Si tu partages ton pain et que tu sais joindre un morceau de ton cœur, ALORS LA PAIX VIENDRA.  Amen !...


 

LECTURES DE LA MESSE

 

PREMIÈRE LECTURE

Lecture du livre du prophète Isaïe

Ainsi parle le Seigneur :
    Vous tous qui avez soif,
venez, voici de l’eau !
Même si vous n’avez pas d’argent,
venez acheter et consommer,
venez acheter du vin et du lait
sans argent, sans rien payer.
    Pourquoi dépenser votre argent pour ce qui ne nourrit pas,
vous fatiguer pour ce qui ne rassasie pas ?
Écoutez-moi bien, et vous mangerez de bonnes choses,
vous vous régalerez de viandes savoureuses !
    Prêtez l’oreille ! Venez à moi !
Écoutez, et vous vivrez.
Je m’engagerai envers vous par une alliance éternelle :
ce sont les bienfaits garantis à David.

    – Acclamons la Parole de Dieu.

PSAUME

R/ Tu ouvres ta main, Seigneur :
nous voici rassasiés. (cf. Ps 144, 16)

Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d’amour ;
la bonté du Seigneur est pour tous,
sa tendresse, pour toutes ses œuvres.

Les yeux sur toi, tous, ils espèrent :
tu leur donnes la nourriture au temps voulu ;
tu ouvres ta main :
tu rassasies avec bonté tout ce qui vit.

Le Seigneur est juste en toutes ses voies,
fidèle en tout ce qu’il fait.
Il est proche de tous ceux qui l’invoquent,
de tous ceux qui l’invoquent en vérité.

DEUXIÈME LECTURE

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères,
    qui pourra nous séparer de l’amour du Christ ?
la détresse ? l’angoisse ? la persécution ?
la faim ? le dénuement ? le danger ? le glaive ?
    Mais, en tout cela nous sommes les grands vainqueurs
grâce à celui qui nous a aimés.
    J’en ai la certitude :
ni la mort ni la vie,
ni les anges ni les Principautés célestes,
ni le présent ni l’avenir,
ni les Puissances,
    ni les hauteurs, ni les abîmes,
ni aucune autre créature,
rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu
qui est dans le Christ Jésus notre Seigneur.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

Alléluia. Alléluia.
L’homme ne vit pas seulement de pain,
mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.
Alléluia. (Mt 4, 4b)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    quand Jésus apprit la mort de Jean le Baptiste,
il se retira et partit en barque
pour un endroit désert, à l’écart.
Les foules l’apprirent
et, quittant leurs villes, elles suivirent à pied.
    En débarquant, il vit une grande foule de gens ;
il fut saisi de compassion envers eux et guérit leurs malades.

    Le soir venu,
les disciples s’approchèrent et lui dirent :
« L’endroit est désert et l’heure est déjà avancée.
Renvoie donc la foule :
qu’ils aillent dans les villages s’acheter de la nourriture ! »
    Mais Jésus leur dit :
« Ils n’ont pas besoin de s’en aller.
Donnez-leur vous-mêmes à manger. »
    Alors ils lui disent :
« Nous n’avons là que cinq pains et deux poissons. »
    Jésus dit :
« Apportez-les moi. »
    Puis, ordonnant à la foule de s’asseoir sur l’herbe,
il prit les cinq pains et les deux poissons,
et, levant les yeux au ciel,
il prononça la bénédiction ;
il rompit les pains,
il les donna aux disciples,
et les disciples les donnèrent à la foule.
    Ils mangèrent tous et ils furent rassasiés.
On ramassa les morceaux qui restaient :
cela faisait douze paniers pleins.
    Ceux qui avaient mangé étaient environ cinq mille,
sans compter les femmes et les enfants.

    – Acclamons la Parole de Dieu.

© AELF

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