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Homélies paroissiales
Homélie du 2 octobre 2022 par l'abbé Alexandre-Marie Robineau
Homélie du 2 octobre 2022 par l'abbé Alexandre-Marie Robineau
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Homélie du 2 octobre 2022 par l'abbé Alexandre-Marie Robineau

HOMÉLIE

Chers frères et sœurs bien-aimés de Jésus Christ,

On a beaucoup parlé de la Reine Elisabeth II et notamment de son sens du devoir. De fait, elle avait été à bonne école, pendant la guerre, sous les bombes à Londres. Mais souvent on oublie cela quand on parle de la reine ou même du Pape. On ne pense qu’à cette chance de vivre dans des palais dorés, de manger du foie gras au petit’déj, et de pouvoir faire des tours de papamobile sur la Place St Pierre. Bon, déjà entre le Pape et la Reine, il y a quand même une énorme différence… Et on oublie que leur vie est pleinement donnée à leur devoir, à leur fonction, à leur charge, avec toutes les contraintes qui en découlent et qui, pour le Pape notamment, ou pour chaque évêque, sont très lourdes. Et nous, chers amis ? Est-ce que nous prenons au sérieux notre devoir ? Est-ce que nous faisons, là où nous sommes, notre devoir ? Avons-nous le sens du devoir ? Pouvons-nous dire avec l’Evangile : « nous sommes de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir » ? Voyons cela ensemble… 

1/ Le sens du devoir

C’est une des plaies de notre temps, mais reconnaissons que cela est, d’une certaine manière, de tout temps : un manque cruel de sens du devoir, une absence de courage d’affronter la réalité du quotidien et les conséquences de ses choix. On s’arrange et on longe les murs pour éviter des ennuis et garder son confort, et tout ce qui va avec…

Mais souvent nous allons bien vite pour voir l’absence du sens de devoir chez l’autre, sans le voir chez nous, pour soi-même ! Et nous, chers amis, avons-nous le sens du devoir ? Faisons-nous notre devoir d’état ? C’est-à-dire le devoir qui incombe à chacun selon son état de vie, son choix de vie, en tenant bien sa place par rapport au monde et à l’Eglise, par rapport à Dieu dans sa prière et sa vie chrétienne, par rapport à sa famille ou sa communauté, dans le travail, le service, le don de soi… ça vaut la peine de faire son examen de conscience…

Et reconnaissons que le sens du devoir, faire son devoir d’état fidèlement, jour après jour, ne va pas vraiment de pair avec la société zapping où tout est publicité, pulsion, envie, passion, et où le travail et l’effort sont toujours vus comme un fardeau et un poids, et rarement voire jamais comme un lieu possible d’épanouissement et de liberté…

Faire son devoir n’est pas simple. Ce n’est pas facile ! Mais souvent cette absence du sens de devoir va de pair avec le fait d’être centré sur soi ! Tout le temps se comparer, voir l’herbe plus verte ailleurs, rêver et ne pas être dans la réalité de sa vie, tout cela, au final, fatigue l’esprit et le cœur, et détourne de l’essentiel : faire son devoir ! Accomplir son devoir d’état en s’oubliant parfois et souvent soi-même ! Ne cédons pas aux nombreuses tentations qui vendent du rêve en poussant à aller voir ailleurs, parce qu’on est déçu par le conjoint, par ses enfants, par son cadre de vie, etc. Dieu seul, en vérité, comble le cœur ! Ne projetons pas dans les autres ce que Dieu seul peut donner ! Et avec l’aide de Dieu, soyons pour les autres des témoins véridiques en faisant notre devoir d’état… Et de fait, c’est Dieu qui nous donne d’être à notre juste et bonne place quand on donne à Dieu, dans nos vies, sa juste et bonne place, c’est-à-dire la première ! Et c’est pourquoi, la chose la plus importante c’est d’avoir la foi ! 

2/ La foi

Si la foi est un don gratuit de Dieu, une grâce que Dieu fait à tous : « ravive le don gratuit de Dieu » dit St Paul, ça ne tombe pas non plus tout cuit dans le bec, chers amis !

Dieu fait le don à tous, mais comme nous sommes marqués et blessés par le péché, nous devons prendre des moyens pour vraiment accueillir ce don de la foi, le faire grandir et le faire fructifier ! Dieu donne tout ! Tout est déjà donné ! Mais c’est nous qui résistons, qui boquons ! Par exemple, pour ces enfants qui vont être baptisés, tout va leur être donné par Dieu dans leur cœur mais il y aura besoin de temps pour déployer toutes ces grâces dans leur vie par la catéchèse, la prière, le don de soi, l’éducation, etc. Dans une plante, tout est présent dans son ADN dès le départ, depuis le début, mais il faut du temps, de l’eau, de l’engrais, etc. pour qu’elle grandisse et porte des fleurs et du fruit !

Chers amis, il faut donc bosser et travailler pour accueillir le don de la foi, pour avoir la foi ! N’attendons pas d’avoir la foi pour prier mais prions pour demander à Dieu d’avoir la foi, d’avoir plus de foi !

Avoir la foi en Dieu, c’est un combat, c’est un choix à renouveler, à poursuivre, à faire grandir !

Comme les Apôtres disons : « Seigneur, augmente en nous la foi ! » et prenons les moyens pour laisser Dieu agir en nous en nous formant (et il y a de quoi faire sur la paroisse !!! et sur internet !!!), et en travaillant, en priant, en se donnant ! C’est en forgeant qu’on devient forgeron ! C’est en priant qu’on devient croyant ! Et ce jour après jour, fidèlement ! Et c’est là le point crucial : la fidélité ! 

3/ La fidélité

Foi et fidélité ont la même racine : fides ! Il faut être fidèle pour avoir la foi ! Et avoir la foi pour être fidèle ! « Le juste vivra par sa fidélité » dit le prophète Habacuc.

La fidélité ou même la sainteté qui y est liée, ce n’est pas de ne jamais pécher ou ne jamais tomber ! Non ! La fidélité comme la sainteté c’est la promptitude à se relever ! A continuer et poursuivre le combat ! C’est ça la foi ! C’est ça le devoir d’état : toujours combattre !

Comme le disait St Mère Teresa : « Dieu ne nous demande pas de réussir. Il nous demande d’être fidèle ». Et St François de Sales que j’aime citer disait : « nous serons toujours vainqueur pourvu que nous voulions combattre » ! C’est ça la fidélité ! Ne jamais baisser les bras ! Ne jamais se décourager ! L’infidèle est celui qui se décourage parce qu’il compte trop sur ses forces et pas assez sur Dieu ! Le fidèle, le croyant, celui qui a la foi, c’est celui qu’il ne dépend que de Dieu : « Seigneur, sans toi je ne peux rien faire ! »

Comme le disait Benoît XVI : « à la fin de notre vie, Dieu ne comptera pas le nombre de fois où nous sommes tombés mais il comptera le nombre de fois où nous nous sommes relevés ! ». C’est ça être fidèle. C’est ça avoir la foi. C’est ça accomplir son devoir d’état !

« Le juste vivra par sa fidélité ». Et Dieu en lui accomplira des merveilles et des miracles ! Ce qu’il faut c’est mettre Dieu et garder Dieu à la première place dans sa vie et dans son cœur. 

Pour cela, pour nous y aider, nous pouvons et devons demander l’aide de nos Anges gardiens que nous fêtons aussi aujourd’hui 2 octobre ! Ces messagers que Dieu nous envoie pour veiller sur nous. Priez votre ange gardien chaque jour, chaque matin. Si vous ne connaissez pas son nom, donnez-lui-en un ! Et priez-le ! Il y en a qui ont des doudous mais c’est mieux d’avoir son ange gardien près de soi ! A l’offertoire, tout à l’heure, nos anges gardiens porteront l’offrande de chacune de notre prière, de chacune de nos vies, vers Dieu, en louant et en priant pour nous devant la face de Dieu ! Avec la Vierge Marie qu’il nous faut aussi prier, notamment en ce mois du Rosaire qui commence ! Priez Marie : la meilleure aide que Jésus nous ait donnée ! Oui, prions la Vierge Marie et que par sa prière nous puissions vraiment accueillir le don de la foi, et comme elle être fidèle et accomplir notre devoir d’état jour après jour !

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Abbé Alexandre-Marie ROBINEAU +


 


LECTURES DE LA MESSE

 

PREMIÈRE LECTURE

« Le juste vivra par sa fidélité » (Ha 1, 2-3 ; 2, 2-4)

Lecture du livre du prophète Habacuc

Combien de temps, Seigneur, vais-je appeler,
sans que tu entendes ?
crier vers toi : « Violence ! »,
sans que tu sauves ?
Pourquoi me fais-tu voir le mal
et regarder la misère ?
Devant moi, pillage et violence ;
dispute et discorde se déchaînent.

     Alors le Seigneur me répondit :
Tu vas mettre par écrit une vision,
clairement, sur des tablettes,
pour qu’on puisse la lire couramment.
    Car c’est encore une vision pour le temps fixé ;
elle tendra vers son accomplissement, et ne décevra pas.
Si elle paraît tarder, attends-la :
elle viendra certainement, sans retard.

    Celui qui est insolent n’a pas l’âme droite,
mais le juste vivra par sa fidélité.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 94 (95), 1-2, 6-7ab, 7d-8a.9)

R/ Aujourd’hui, ne fermez pas votre cœur,
mais écoutez la voix du Seigneur ! (cf. Ps 94, 8a.7d)

Venez, crions de joie pour le Seigneur,
acclamons notre Rocher, notre salut !
Allons jusqu’à lui en rendant grâce,
par nos hymnes de fête acclamons-le !

Entrez, inclinez-vous, prosternez-vous,
adorons le Seigneur qui nous a faits.
Oui, il est notre Dieu ;
nous sommes le peuple qu’il conduit.

Aujourd’hui écouterez-vous sa parole ?
« Ne fermez pas votre cœur comme au désert,
où vos pères m’ont tenté et provoqué,
et pourtant ils avaient vu mon exploit. »

DEUXIÈME LECTURE

« N’aie pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur » (2 Tm 1, 6-8.13-14)

Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre à Timothée

Bien-aimé,
    je te le rappelle, ravive le don gratuit de Dieu
ce don qui est en toi depuis que je t’ai imposé les mains.
    Car ce n’est pas un esprit de peur que Dieu nous a donné,
mais un esprit de force, d’amour et de pondération.
    N’aie donc pas honte de rendre témoignage à notre Seigneur,
et n’aie pas honte de moi, qui suis son prisonnier ;
mais, avec la force de Dieu, prends ta part des souffrances
liées à l’annonce de l’Évangile.
    Tiens-toi au modèle donné par les paroles solides
que tu m’as entendu prononcer
dans la foi et dans l’amour qui est dans le Christ Jésus.
    Garde le dépôt de la foi dans toute sa beauté,
avec l’aide de l’Esprit Saint qui habite en nous.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Si vous aviez de la foi ! » (Lc 17, 5-10)

Alléluia. Alléluia.
La parole du Seigneur demeure pour toujours ;
c’est la bonne nouvelle qui vous a été annoncée.
Alléluia. (cf. 1 P 1, 25)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    les Apôtres dirent au Seigneur :
« Augmente en nous la foi ! »
    Le Seigneur répondit :
« Si vous aviez de la foi,
gros comme une graine de moutarde,
vous auriez dit à l’arbre que voici :
‘Déracine-toi et va te planter dans la mer’,
et il vous aurait obéi.

    Lequel d’entre vous,
quand son serviteur aura labouré ou gardé les bêtes,
lui dira à son retour des champs :
‘Viens vite prendre place à table’ ?
    Ne lui dira-t-il pas plutôt :
‘Prépare-moi à dîner,
mets-toi en tenue pour me servir,
le temps que je mange et boive.
Ensuite tu mangeras et boiras à ton tour’ ?
    Va-t-il être reconnaissant envers ce serviteur
d’avoir exécuté ses ordres ?
    De même vous aussi,
quand vous aurez exécuté tout ce qui vous a été ordonné,
dites :
‘Nous sommes de simples serviteurs :
nous n’avons fait que notre devoir’ »

    – Acclamons la Parole de Dieu.


Saints Anges gardiens

Fête en l'honneur des anges gardiens

 

Saint Bernard avait une grande dévotion "pour ces princes du Royaume de Dieu qui sont assidûment autour de nous. Nous leur devons beaucoup d'affection pour leur bienveillance et les faveurs que nous recevons de leur charité. Nous leur devons aussi beaucoup de docilité à mettre en pratique les avis qu'ils nous donnent." (Sermon XI sur les psaumes)
Le pape Paul V, en 1608, établira cette fête en leur honneur.
- vidéo du pape François: écouter l'ange gardien avec docilité.
Un internaute nous signale que nous fêtons les Saints Anges Gardiens le 2 octobre depuis 1670, date à laquelle le Pape Clément X a étendu cette fête à l'Église Universelle.
"Leur présence invisible nous aide et nous réconforte car ils sont à nos côtés pour nous protéger en toute circonstance, pour nous défendre des dangers. A tout instant nous pouvons recourir à eux"
"De nombreux saints ont été dans l'amitié des anges, ce dont témoignent les nombreuses situations où ils ont reçu leur aide. Ces esprits bienheureux sont envoyés par Dieu pour servir qui héritera du salut, ainsi que le rappelle l'épître aux Hébreux. Leur aide est donc précieuse tout au long de notre pèlerinage terrestre vers la patrie céleste". Benoît XVI (source: VIS 080929 (160))
Mémoire des saints Anges gardiens. Appelés d'abord à contempler dans sa splendeur la face de Dieu, ils sont aussi mis par le Seigneur au service des hommes, pour être à leurs côtés et veiller sur eux, d'une manière invisible mais très attentive.
 

 

Ange de Dieu qui êtes mon gardien par un bienfait de la divine providence, éclairez-moi, protégez-moi, dirigez-moi et gouvernez-moi.

Saint Vincent Ferrier

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