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Message du jour de notre curé
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Message du jour de notre curé

Luçon le mardi 7 avril 2020

21ème jour de confinement

Chers frères et sœurs,

Merci à tous ceux qui ont « joué le jeu » en participant à la banderole « Hosanna » pour le dimanche des Rameaux ou en mettant des Rameaux à leur porte ou leur fenêtre !

Dans les réalités positives que nous pouvons observer dans ce temps hors-norme, c’est de redécouvrir l’importance des « invisibles » ! Notre société avait tendance à oublier et à dévaloriser ceux qui ont pourtant une activité essentielle pour la vie de chaque jour : les petits artisans et commerçants, les ouvriers, les agriculteurs, les éboueurs, les agents d’entretien, les soignants, etc. Toutes ces petites mains retrouvent une nouvelle importance aux yeux de l’opinion et des médias qui mettaient davantage en avant les financiers, les cadres, assureurs et banquiers, les cols blancs, etc. 

Il est bon de retrouver un peu de bon sens dans le concret et le réel, d’arrêter trop de « hors-sol » pour revenir à de l’enracinement et de la proximité…

Il ne s’agit surtout pas d’opposer ou de revenir à une trompeuse et illusoire lutte des classes… 

Mais c’est une invitation à retrouver de l’équilibre et de l’harmonie dans nos rapports économiques et sociaux, et surtout de les mettre à leur juste place et donc à une place qui n’est pas la première, afin de privilégier les relations familiales, amicales, locales, associatives, ecclésiales, bref celles qui sont gratuites et essentielles parce qu’elles n’ont pas de prix !

Aujourd’hui je vous renvoie à une vidéo sur « la pensée de René Girard » (site web de la paroisse) qui peut nous aider à mieux entrer dans le mystère du Christ en cette Semaine Sainte.

 

Formation liturgique sur la Veillée Pascale par l’abbé Louis-Marie de Linage 

Cf. la pièce jointe avec le texte du chant de Pâque : l’Exultet

 

L’Exultet : un peu d’histoire

Pour la première fois peut être, si samedi prochain vous suivez la Vigile pascale sur RCF ou sur les sites internet du diocèse, vous allez entendre le texte de l’Exultet dans son originalité et son intégralité. Il existe une paraphrase bien connue de l’Exultet qui s’appelle qu’« éclate dans le ciel la joie des anges » : en réalité, si la mélodie de ce chant nous attire, le texte contient beaucoup d’imprécisions malheureuses.

Ce texte de l’Exultet daterait du premier millénaire : il y a au Vème siècle la trace d’une consécration du cierge pascal. Mais c’est le Pape Innocent III (1198-1216) qui fixe le texte tel que nous le connaissons aujourd’hui, et qui l’introduit dans la Liturgie de la Vigile pascale. L’histoire de l’art nous aide à comprendre l’importance qui a été donné à l’Exultet dès le début : il existe des chefs d’œuvres appelés « Rouleaux de l’Exultet », notamment entre le Xème et le XIIème siècle. Parmi les plus célèbres il y a ceux de Bari et de Salerne. C’est que le souci d’aider les fidèles à comprendre l’action liturgique et à y participer pleinement ne date pas du Concile Vatican II ! En effet, le diacre qui chantait l’Exultet le faisait à partir d’un rouleau qu’il laissait pendre au fur et à mesure devant lui, et sur lequel était représenté (à l’envers !) des scènes qui permettaient à tous de comprendre et de s’unir aux paroles chantées. Ce détail artistique nous permet de saisir la place si particulière que l’Exultet a eu dans l’histoire.

Un autre détail historique que nous raconte Dom Guéranger (abbé de Solesmes de 1837 à 1875) dans son Année liturgique, et l’un des initiateurs du Mouvement liturgique du XXème siècle : 

« La majesté de ce symbole est si grande, que la sainte Église emploie toutes les magnificences de son langage inspiré, pour exciter à son endroit l’enthousiasme des fidèles. Dès le commencement du Vème siècle, on voit le Pape saint Zozime étendre à toutes les églises de la ville de Rome le privilège de bénir aujourd’hui ce Cierge, bien que le baptême ne fût conféré qu’au seul Baptistère du Latran. Le but de cette concession était de mettre tous les fidèles à portée de jouir des saintes impressions que ce grand rite est appelé à produire. C’est dans la même intention que la cérémonie du Cierge pascal peut s’accomplir aujourd’hui dans toutes les églises, même dans celles qui ne possèdent pas de fonts baptismaux.            

L’annonce de la Pâque retentit au milieu des éloges que le Diacre prodigue à ce Cierge glorieux ; et c’est en célébrant le divin flambeau dont celui-ci est l’emblème, qu’il remplit sa noble fonction de héraut de la Résurrection de l’Homme-Dieu. Seul vêtu de blanc, à cette heure où le Pontife lui-même porte encore les couleurs du deuil quadragésimal, il fait éclater sa voix dans la bénédiction du Cierge, avec une liberté qui d’ordinaire n’est pas accordée au Diacre en présence du Prêtre, et moins encore de l’Évêque. Les interprètes de la sainte Liturgie nous enseignent que le Diacre représente en ce moment Madeleine et les autres saintes femmes qui eurent l’honneur d’être initiées les premières par le Christ lui-même au mystère de sa résurrection, et lurent chargées par lui, […], d’annoncer aux Apôtres qu’il était sorti du tombeau, et qu’il les précéderait en Galilée. »

Je vous invite donc, dans la perspective de ce Triduum qui nous conduira de la Passion à la mort, et de la mort à la vie, à lire et méditer l’Exultet, sans aucune modération !

Demain mercredi, nous verrons que l’Exultet est un admirable résumé de l’histoire du salut ; jeudi qu’il est un hymne de louange à la Trinité ; et vendredi qu’il est la prière consécratoire du cierge pascal.