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Commentaire de l'Evangile du chanoine Daleau
Méditation du 9 septembre 2020
Méditation du 9 septembre 2020
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Méditation du 9 septembre 2020

2020 09 09 HEUREUX (23TO3) (Luc 6, 20-26)

            Matthieu et Luc ne se sont pas copiés pour rédiger les Béatitudes ; on voit bien que les évangélistes et les communautés qui se réclamaient d’eux ont transmis la pensée de Jésus avec la « réflexion » variable de l’une à l’autre, et en fonction des besoins spirituels des membres du groupe. C’est ainsi que Luc proclame quatre fois : « Heureux.. » et assortit son commentaire de quatre « malédictions » : « Quel malheur… ! »

            En lisant l’Evangile de Luc, on découvre qu’il a souci des pauvres, et s’en prend aux riches de ne pas partager les biens dont ils ne sont que « gérants » : la parabole de Lazare et du « mauvais riche » (Luc 16, 19-31) peut constituer une « menace » pour les riches. Luc est aussi le seul à raconter l’épisode de l’obole de la veuve (21, 1-4). Son discours sur le bon emploi de l’argent (6, 9) fait réfléchir tout disciple : « Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles. »

            L’attention est attirée vers le profit spirituel, un peu comme chez Matthieu, dans les quatre « béatitudes », mais les quatre annonces de malheur sonnent comme des « mises en garde » sentencieuses. Luc fait aussi allusion aux prophètes : les « vrais » ont été mal accueillis quand ils ont appelé à la conversion ; mais les « faux » ont flatté avec leurs mensonges ; ils ont dit du bien de leurs auditeurs et ont été bien accueillis : c’est un malheur !

                            Saint Ambroise expliquait le renversement des valeurs quand on regarde avec les yeux de la foi.

                «Bienheureux les pauvres». Voilà la tempérance qui s'abstient du mal, foule aux pieds les choses du monde et ne recherche point les plaisirs séducteurs: «Bienheureux vous qui avez faim». Voilà la justice, car celui qui a faim, a compassion de celui qui éprouve le même besoin, la compassion le rend charitable, la charité le rend juste, et sa justice demeure éternellement (Ps 111, 8). «Bienheureux vous qui pleurez». Voilà la prudence qui pleure sur les choses périssables et mortelles, et s'attache aux biens de l'éternité. «Vous serez bienheureux quand les hommes vous haïront». Voilà la force, non celle qui s'attire la haine par ses violences criminelles, mais celle qui souffre la persécution pour la foi. »

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