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Commentaire de l'Evangile du chanoine Daleau
Méditation du 6 septembre 2020
Méditation du 6 septembre 2020
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Méditation du 6 septembre 2020

2020 09 06 JE SUIS Là (23TO) (Matthieu 18, 15-20)

            « Seul à seul » : Mets-y aussi le ton, car « on prend plus de mouches avec une cuillère de miel qu’avec un tonneau de vinaigre », disait Saint François de Sales. « S’il t’écoute, tu as gagné ton frère » : alors, tu as été meilleur que lui, mais ne t’en vante pas, et surtout ne lui fais pas remarquer, car Dieu seul voit ton « mérite » ; sois sans crainte, Il te le rendra. Ce faisant, tu t’es rendu meilleur toi-même, continue ! Tu as contribué à rendre le monde meilleur.

            La suite du texte montre l’influence de la Loi juive, suivie dans les communautés chrétiennes formées de Juifs qui ont adhéré à la foi chrétienne et pour lesquels Matthieu écrit. Ces communautés devaient être restreintes, car Matthieu les considère comme moindres que « l’Eglise ». Or, avec ce mot, nous avons la preuve que les évangiles ont été écrits au sein de ces communautés, car nous avons là un indice de « règlement intérieur », de code de discipline pour la bonne entente dans le groupe. Mais les mots qui suivent nous paraissent durs : « S’il refuse encore d’écouter l’Église, considère-le comme un païen et un publicain. »

            Les versets suivants abordent un autre thème, plus général : la discipline en matière de pardon est élargie en « juridiction générale » : «Tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel. » On retrouve là les mots de Jésus à Pierre lors de la « Confession de Césarée » (Matthieu 16, 19).

            Autre exemple « d’élargissement » du pouvoir de la communauté : la prière commune : « Si deux d’entre vous sur la terre se mettent d’accord pour demander quoi que ce soit, ils l’obtiendront de mon Père qui est aux cieux ». La réflexion de Saint Cyprien doit être évoquée ici : ce n’est pas le nombre qui compte, mais la concorde, l’union fraternelle des personnes qui prient ensemble.

            « Je suis là, au milieu d’eux ». La prière communautaire suppose l’union des cœurs. Ce tableau rejoint ce que Saint Luc note dans les Actes des Apôtres 2, 42-47. La ferveur ne saurait être feinte : pour qu’il y ait « communauté », cela suppose partage de la prière et des biens matériels et spirituels.

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