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Commentaire de l'Evangile du chanoine Daleau
Méditation du 6 juin 2021
Méditation du 6 juin 2021
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Méditation du 6 juin 2021

2021 06 06 MON CORPS (10TO : SAINT-SACREMENT) (Marc 14, 12-16. 22-26)

 

            Jésus, selon Marc, a tenu à souligner l’aspect « testamentaire » du repas « où l’on immolait l’agneau pascal ». Que les versets 22-26 retiennent toute notre attention en cette Fête du « Sacrement du Corps et du Sang du Seigneur » !

            David-Marc d’Hamonville (Marc, hc) explique ce passage assez « délicat »,  surtout du fait que les termes ne concordent pas d’un auteur à l’autre dans la Nouveau Testament.

           

« Jésus inscrit dans ce repas son geste « testamentaire », son geste « d’alliance », un mot excessivement fort, chargé de sens par les Ecritures. (…)

La parole sur la coupe est l’unique apparition de ce mot « alliance » dans la bouche de Jésus, mot dont la seule autre occurrence évangélique est le Cantique de Zacharie (Luc 1, 72) (…)

 L’alliance est un geste divin ; l’initiative de l’alliance ne peut venir de personne d’autre que de Dieu, et ces mots laissent entendre l’union inimaginable, en une même personne, de l’initiateur de l’alliance, du prêtre et de la victime. Qualifiant l’alliance de « nouvelle », la formulation de Paul résonne avec des éléments de son élaboration théologique personnelle, mais c’est surtout la Lettre aux Hébreux qui développera et approfondira très longuement cette « nouveauté » du sacrifice du Christ (He 8-10).

            Marc est le seul à parler du sang versé « pour beaucoup », « pour la multitude », selon l’usage liturgique français, tandis que Matthieu dit « au sujet de beaucoup », et ajoute, seul, « en rémission des péchés ». Paul rapporte une expression différente à propos, non du sang, mais du corps, mon corps « qui est pour vous », et Luc répète ce motif « pour vous » à propos du corps et du sang.

            Le récit marcien du dernier repas, comme celui de Matthieu, ne comporte pas « l’institution » proprement dite : « Faites ceci en mémoire de moi ». Cette parole est présente dans le récit de Luc, elle est même bissée chez Paul, énoncée à propos du corps, puis à propos du sang.

            Parce qu’il est « testamentaire », ce geste d’alliance regarde à la fois le passé et l’avenir : il récapitule la vie de Jésus, vie donnée, livrée pour l’unité de tous les hommes, et il oriente le regard vers le Royaume annoncé, vers la Résurrection : étape nouvelle pour le corps du Christ, comme le vin « nouveau » réclame une outre neuve  (Marc 2, 21-22). »

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