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Commentaire de l'Evangile du chanoine Daleau
Méditation du 6 avril 2021
Méditation du 6 avril 2021
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Méditation du 6 avril 2021

2021 04 06 MON PERE (Pâques2) (Jean 20, 11-18)

            Jésus a mis au cœur de Madeleine ce « désir » de Le connaître et de L’écouter. Ses paroles et ses gestes traduisent une âme passionnée. Elle a d’abord et spontanément pensé à un enlèvement ; elle ne peut imaginer que cet homme qui lui parle et qu’elle prend pour le jardinier ou le gardien du lieu  soit « Celui que son cœur cherche », comme dit le Cantique.

            Saint Anselme (1033-1109), moine, évêque, docteur de l'Église, et très sensible aux « recherches spirituelles » nous dévoile « le cœur en fête » de Madeleine.

 

« Femme, pourquoi pleures-tu ? » Seigneur très aimant, comment cherches-tu à savoir pourquoi elle pleure ? Ne t'avait-elle pas vu immolé cruellement, percé de clous, suspendu au gibet comme un brigand, livré aux railleries des impies ? Comment donc peux-tu lui dire : « Femme, pourquoi pleures-tu ? » Elle n'avait pas pu t'arracher à la mort, et elle voudrait au moins embaumer ton corps, pour le garder le plus longtemps possible de toute corruption... Et voilà que, pour comble, elle croit perdu ce corps qu'elle avait la joie de posséder encore. Avec lui tout espoir s'est évanoui pour elle, si elle n'a plus ce qu'elle voulait garder en souvenir de toi. Comment peux-tu donc lui demander à cet instant : « Femme pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? »

            Ô bon Seigneur, c'est ta disciple fidèle, rachetée par ton sang, qui est tourmentée du désir de te voir. Vas-tu permettre longtemps une telle peine ? Maintenant que tu échappes à la corruption, as-tu perdu toute compassion ? Parvenu à l'immortalité, as-tu oublié la miséricorde ? Non, ta douce bonté, Ami, te fait intervenir sans retard, pour que celle qui pleure son Seigneur ne cède pas à l'amertume du cœur.

            « Marie ! » Ô Seigneur, tu as appelé ta servante par son nom familier, et elle reconnaît tout de suite la voix familière de son Seigneur. « Marie. » Parole si douce, si débordante de tendresse et d'amour ! Il t'est impossible, Maître, de dire plus bref et plus fort : « Marie ! Je sais qui tu es. Je sais ce que tu veux. Me voici ! Ne pleure plus. Me voici, moi que tu cherches. » Aussitôt, les larmes changent de nature : comment pourraient-elles s'arrêter, maintenant qu'elles jaillissent d'un cœur en fête ? »



 

 

 

 

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