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Commentaire de l'Evangile du chanoine Daleau
Méditation du 5 juin 2021
Méditation du 5 juin 2021
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Méditation du 5 juin 2021

2021 06 05 TOUT (9TO6) (Marc 12, 38-44)

 

                                                                      *

            Le rapprochement entre les scribes qui « dévorent les biens des veuves » (v.40) et le regard de Jésus qui exalte le geste d’une veuve n’a pas échappé à Marc.  Autant les uns sont blâmés, autant cette femme pauvre qui met « tout ce qu’elle avait pour vivre » dans le Trésor du temple est félicitée par Jésus. Le  proverbe qui est né de ce don s’est répandu partout et l’a rendue célèbre malgré elle.

            Cette veuve est comparable à Jésus Lui-même qui s’est dépouillé de son rang qui l’égalait à Dieu, selon saint Paul (Ph 2). Elle n’a plus rien sauf Dieu ; elle sait qu’elle peut compter sur Lui, le Rocher, qui est aussi le « soutien des veuves » (Ps 146, 9).

            David-Marc d’Hamonville approfondit la valeur de cette « obole ».

            « Jésus fait exploser ici notre conception de la valeur. A l’image du riche observant rencontré par Jésus, généreux mais incapable d’aller jusqu’au bout de l’appel de l’amour, les riches semblent donner beaucoup de « pièces », littéralement « du cuivre », mais du « cuivre qui résonne » (1 Co 13, 1), qui fait du bruit et qui sonne creux ; une veuve pauvre, peut-être une de celles dont les scribes « ont dévoré la maison », fait davantage, les dépasse en amour : avec ses deux piécettes, étymologiquement des « épluchures », elle donne « tout ».

            Si nous voulons apprendre à voir l’amour, il nous faut observer de plus près cette veuve et ses deux pièces roses (…)

            Jeter le superflu, cela n’est pas encore aimer vraiment. Pour aimer, il faut que cela ne soit pas jetable. La veuve n’avait rien de jetable, et elle a jeté l’essentiel. Elle a tout jeté. Elle n’a rien retenu. Il n’est sans doute pas indifférent qu’elle soit veuve. Où est son amour ? Derrière elle, parti, là-bas… Alors pourquoi retenir, à quoi tenir ? Si Dieu est Amour, c’est tout moi-même que je dois jeter dans ses bras, dans les bras de l’amour vivant. Or il ne suffit pas de s’offrir, de se donner, il faut « se jeter ». Je n’en aurai jamais fini d’écorner la valeur de mon moi, ce superflu que je prenais pour moi, ces épaisseurs superficielles, ces épluchures, des petits désirs que je prends pour de vrais besoins, des riens que je prends pour tout l’or du monde, des plaisirs éphémères que je prends pour le vrai bonheur. »

 

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