0
Commentaire de l'Evangile du chanoine Daleau
Méditation du 4 juin 2021
Méditation du 4 juin 2021
© viechretienne.fr

| Webmaster 49316 mots

Méditation du 4 juin 2021

2021 06 04 AVEC PLAISIR (9TO5) (Marc 12, 35-37)

 

                                                                     

            Passage…assez compliqué, du fait que la répétition des mêmes mots « dire » et « Seigneur » ne permet plus guère au lecteur de « savoir où on en est ». Voici les explications de David-Marc d’Hamonville, « Marc, hc ».

            « Cet enseignement est plutôt une « leçon de lecture » à destination des disciples.

            Le mot le plus fréquent est le verbe « dire » : « Jésus disait / les scribes disent / David a dit / « Le Seigneur a dit » / David dit. » Comprenons que dans ces trois versets, chaque mot pèse lourd, et surtout le mot « Christ » dont on a vu la très remarquable rareté dans cet évangile, inversement proportionnelle à sa fréquence chez Paul, c’est-à-dire dans l’usage des premiers chrétiens. L’évangile de Marc a justement pour fonction de faire découvrir à l’auditeur à quoi l’on reconnaît le « Christ » réel et plus encore ce que ce mot ne veut pas dire.

            Parmi ces « dires », David est deux fois mentionné et souligné : « David lui-même a dit / David lui-même dit. » Notons encore la précision, insistante, autorité non-négligeable à l’appui de cette parole : « David lui-même a dit dans l’Esprit Saint… »

            Commençons par élargir notre écoute : entendons là non pas ce que Jésus a dit une fois et comme en se moquant, une seule fois par facétie, mais ce que Jésus répétait avec conviction : « David lui-même dit… » Le livre de David – les Psaumes – est un livre très singulier : il est spécifiquement le livre de la prière d’Israël, il est aussi de façon éminente le lieu du Christ, et c’est Jésus qui a appris aux disciples à reconnaître là le portrait du Messie attendu : « Mon Fils bien-aimé », « celui qui vient au nom du Seigneur », « la pierre rejetée des constructeurs », « Le Seigneur a dit à mon Seigneur : siège à ma droite »…la croix dévoilera encore d’autres résonances, et les disciples reliront toute l’histoire de Jésus à la lumière du Juste souffrant des Psaumes. Si la question posée n’est pas résolue, c’est bien pour montrer à quel point Jésus intriguait par sa lecture originale : loin de proposer une théologie clés en mains, Il laissait le puzzle sur la table, invitant les disciples à ajuster les pièces eux-mêmes, tout en désignant clairement la boîte dans laquelle on trouvait les pièces : l’Ecriture, et de façon privilégiée, les Psaumes.

            Jésus met ici en valeur une tension centrale, décisive, dans la personne du Christ : « Fils de David », fils d’un homme, personnage historique, et Seigneur, rien de moins que le titre divin.»

 

Répondre à () :


Captcha