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Commentaire de l'Evangile du chanoine Daleau
Méditation du 24 juillet 2020
Méditation du 24 juillet 2020
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Méditation du 24 juillet 2020

2020 07 24 CENT POUR UN  (16TO5) (Matthieu 13, 18-23)                   

                Les explications de la parabole du Semeur, figurant dans les trois Synoptiques, varient d’un évangile à l’autre. Pour comparer, Marc 4, 13-20, et Luc 8, 11-15. Il est bon de se souvenir de cette remarque : « Les différentes communautés représentées par Matthieu, Marc et Luc ont transmis ces paraboles non pas comme des réalités figées mais comme des textes vivants, selon les besoins, les soucis des croyants. (« Les Evangiles au feu de la critique », éd. Bayard.1995. Alain Marchadour).

            Ainsi on peut relever les termes ou expressions analogues mais pas identiques d’un auteur à l’autre. Les évangélistes ont voulu se « démarquer » du texte original en introduisant des nuances plus adaptées aux personnes ou aux situations des membres de la communauté. Le « Mauvais » de Matthieu devient « Satan » chez Marc, et, chez Luc, « le diable ». Des détails, dira-t-on ; le plus net consiste à avoir inversé la proportion du rapport de la moisson : « cent, soixante et trente » (Mt) devient chez Marc : « trente, soixante, cent ». Luc, lui,  renonçant à tout nombre, s’attache plutôt au point de vue spirituel : « portent du fruit par leur persévérance ».

            Saint Augustin (sermon 101) exhortait ses fidèles à accueillir la P arole divine comme une semence d’éternité.

            « Qu'importe, en effet, que du grain tombe sur le chemin, ou sur des pierres ou dans les épines ? S'il se laissait décourager par ces endroits ingrats, il n'avancerait pas jusqu'à la bonne terre ! ... Il s'agit de nous : serons-nous ce chemin, ces pierres, ces ronces ? Voulons-nous être la bonne terre ? Disposons notre cœur à rapporter trente fois plus, soixante fois plus, cent fois, mille fois plus. Trente fois, mille fois, c'est chaque fois du blé, et rien que du blé. Ne soyons plus ce chemin où la semence est piétinée par les passants et où notre ennemi s'en empare comme un oiseau. Plus ces pierres où une terre peu profonde fait germer trop vite un grain qui ne peut pas affronter l'ardeur du soleil. Jamais plus de ces ronces, les convoitises de ce monde, cette application à faire le mal. Quoi de pire, en effet, que de donner tous ses efforts à une vie qui empêche de parvenir à la vie ? Quoi de plus malheureux que de choyer la vie pour perdre la vie ? »

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