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Commentaire de l'Evangile du chanoine Daleau
Méditation du 22 mars 2021
Méditation du 22 mars 2021
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Méditation du 22 mars 2021

2021 03 22 SON HEURE (5Carême1) (Jean 8, 12-20)

 

            « Moi, je suis la lumière du monde »

 

« …C’est de là et par là que Jésus répond à ses adversaires et triomphe d’eux. Entre eux et Lui la [guerre] éclate, immense et pour eux écrasante. A lire la scène, on ne peut pas ne pas se rappeler les versets si expressifs des psaumes qui la décrivent à l’avance : « Nombreux les taureaux me cernent, de fortes bêtes m’encerclent… »

            L’idée de lumière, des ténèbres que le péché avait répandues, que le Sauveur devait dissiper, remplit l’Ancien Testament. La divine parole est donc immédiatement prise de cette haine qui l’entoure, qui représente précisément les ténèbres, et pour qui il est l’ennemi mortel dont il faut à tout prix se débarrasser. En la prononçant  Jésus se présente comme le Messie attendu. Il vient illuminer la terre qui, depuis la faute, est assise dans une ombre de mort.

            Ombre de mort ! La Parole est aussi belle que vraie ! Car la lumière ne fait qu’un avec la vie, elle est, comme la vie, le mouvement de l’Être qui se donne lui-même à lui-même pour se connaître dans la clarté de ce don, qui s’illumine en se donnant, qui se montre ce qu’il est.

         En ce moment Jésus laisse de côté l’idée de don de soi qui lie les deux autres ; il la révélera à son heure, et cette heure n’est pas venue ; Il insiste sur l’idée de lumière et de vie – ou mieux de lumière qui est vie. Et Il invite ceux qui L’écoutent à entrer dans le mouvement de la clarté qui est sa vie et qu’Il est venu leur offrir : « Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. »

            Ce rayon qui, après tant de siècles d’ombre mortelle aurait dû être si doux, blesse les âmes closes de ses ennemis. Ils sentent d’instinct l’opposition irréductible. Cette  lumière qui s’offre condamne leurs ténèbres qui s’enferment dans l’égoïsme et l’intérêt.

            Jésus n’insiste pas sur le mot lui-même. Il les suit sur leur terrain parce qu’il lui permet de reprendre son thème favori : « Tu te fais, lui disent-ils, ton propre témoin ; un témoignage personnel n’est pas vrai. »

            Il a déjà répondu ; mais Il ne se lasse pas de le faire et de le refaire, tant la question est capitale. Son témoignage n’a pas ce caractère personnel qu’ils lui reprochent… « Je ne suis pas seul ; nous sommes deux : moi et Celui qui m’a envoyé, mon Père ».

 

    (Dom Augustin GUILLERAND. « Au seuil de l’abîme de Dieu ».

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