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Commentaire de l'Evangile du chanoine Daleau
Méditation du 22 mars 2020

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Méditation du 22 mars 2020

(Jean 9)

            Scène choisie en fonction de la préparation des catéchumènes au baptême, car elle constitue une « catéchèse » sur le « Christ-Lumière » qui va ouvrir les yeux de la foi chez ces candidats à « l’illumination ».

            Jésus a ouvert les yeux d’un aveugle adulte et le conduit à recevoir Sa Lumière : les versets 36-38, une véritable théophanie, ne laissent aucun doute sur l’intention de Jésus. C’est une « parabole en acte » que cette scène nous offre. A côté de l’aveugle, guéri et acceptant la révélation de l’Être divin, les pharisiens se ferment les yeux pour ne pas reconnaître en Jésus la Lumière. (Il y a donc un lien direct entre Jean 1,9 : « Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde. » et ce chapitre 9 de l’Evangile de Jean). C’est l’aveugle, rejeté en tant que tel par les pharisiens, qui « voit », et « ceux qui voient deviennent aveugles ». Les pharisiens disent « voir » ; dans la mesure où ils refusent de croire, ils ne « voient » pas. Ils méritent ce mot de Jésus : « Votre péché demeure. »

            Il y a donc un aspect « polémique » dans ce récit, mais une marche vers la Lumière irrésistible. Jésus apporte la Lumière de Dieu à tous ceux qui acceptent son témoignage. Lui-même a mis en garde contre le refus de la Lumière : l’aveuglement devient un « péché contre le Saint-Esprit », il est le refus du plan divin sur tout homme qui ne peut se passer de Lui.

            Le récit est mené de façon très éloquente : de même que le processus de guérison demande un certain temps, l’illumination de la foi transforme tout l’être et son comportement : Jésus guérit et sauve en même temps. L’aveugle, évidemment, ne demande qu’à voir, et, de guérison en acte de foi, il marche vers la Lumière : sa foi en Jésus, «Fils de l’Homme » s’appuie sur le cadeau que Jésus vient de lui donner ; il est donc prêt à aller plus loin avec Jésus. Le chemin des pharisiens est pour ainsi dire inverse : ils n’avancent pas, et reculent devant la Lumière. Jésus fait comprendre ce qu’Il a dit : « La lumière est venue dans le monde, et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. » (Jean 3, 19).

            « Voir », dans le vocabulaire de Jean, est donc synonyme de « croire ». « Il vit  et il crut » (Jean 20, 8) fait allusion à ce qu’il « voyait » intérieurement déjà.

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