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Commentaire de l'Evangile du chanoine Daleau
Méditation du 22 juin 2020
Méditation du 22 juin 2020
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Méditation du 22 juin 2020

2020 06 22 TU VERRAS CLAIR (12TO1) (Matthieu 7, 1-5)

            La mesure que nous utilisons pour les autres servira pour nous. Quelle invitation à la « justice » et à la « miséricorde » ! Pour juger, il faudrait savoir, comme Dieu seul le peut, le « tréfonds » de l’autre. L’expression « les reins et les cœurs » désignait cette partie de nous-mêmes où Dieu seul peut voir clair, le siège des sentiments où s’entremêlent les meilleurs sentiments et les passions les plus sordides, les pensées perverses et les désirs sublimes. Les auteurs des livres du Premier Testament pensaient qu’il s’y passe un mélange inextricable de bon et de mauvais où Dieu seul peut jeter un regard juste.

            Celui qui a enlevé de son œil la poutre voit clair pour corriger son frère. Il y mettra beaucoup de douceur et restera discret. Dans les Communautés religieuses où la « coulpe » est prévue, si un membre doit intervenir pour corriger ou « amender » un frère, il le fera avec la délicatesse – fleur de la charité – qui prend en compte le bien de tous et le progrès du frère. « Qu’en toute chose la charité soit observée ! » Il peut y avoir parfois « conflit de devoirs » entre la vérité et la Charité. La charité n’est pas possible sans la « vérité ». C’est donc la recherche de la vérité qui doit correspondre à la parole de Jésus (Jean 14, 6): « Moi, je suis le Chemin, la Vérité et la Vie ». Pas de « Vie du Christ » sans vérité et charité ! 

            Seul celui qui est saint pourrait faire des remarques à son voisin, mais il aurait peur de se montrer comme un modèle. Il se taira donc, mais il ne peut oublier les propos d’Ezéchiel  18, qui lui demande d’avertir son frère pécheur afin qu’il se convertisse; il priera pour lui et lui manifestera sa charité.

            Saint Jean Chrysostome expliquait que la complaisance pour soi risquait de grossir les fautes du voisin. C’est aussi une forme d’orgueil que de se prendre pour « référence ».

            « On connaît mieux ce qui est en soi, que ce qui se passe chez les autres ; on voit plus facilement ce qui est grand que ce qui est petit ; et on a pour soi plus d'affection que pour son prochain. »

*

            « La paille et le poutre » forment une locution proverbiale parmi les nombreux dictons tirés de la Bible ; leur présence dans la langue française prouve à quel point la Bible avait marqué en profondeur notre culture…

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