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Commentaire de l'Evangile du chanoine Daleau
Méditation du 17 mars 2020

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Méditation du 17 mars 2020

(Matthieu 18, 21-35)

            Qui a la plus grosse dette ? Devant Dieu, nous devons bien le reconnaître : c’est nous ! Il s’agit du pardon des offenses ; Pierre s’imagine-t-il qu’en pardonnant sept fois il soit un héros et qu’il détienne un record ? Jésus le détrompe ; comme Lui, Jésus, il faut toujours pardonner. Lui, sur la croix, a dit qu’Il pardonnait à ceux qui Le mettaient à mort, Lui, le seul innocent de tout péché. (Luc 23, 34).

            La parabole a un point commun avec celle que Jésus invente devant Simon le pharisien ; il s’agira là de la plus profonde reconnaissance pour une dette bien plus importante que l’autre. Or c’est Simon qui a la plus grosse dette, mais qui ne s’en doute pas, voir Luc7, 36-48. Ici, il s’agit de pardon : celui qui la plus petite dette doit pardonner comme on lui a pardonné pour une dette nettement plus lourde.

            On comprend le courroux du maître qui apprend cette histoire : lui a donné l’exemple. Le dernier verset vient donner la leçon à tous les hommes ; si nous voulons que Dieu nous pardonne nos fautes, commençons par pardonner à nos frères. La foi nous enseigne qu’en offensant nos frères, nous offensons Dieu, et c’est envers Lui que notre dette est plus grande. « Qui donc est Dieu qu’on peut si fort blesser en blessant l’homme ? »

            Jésus a commenté ainsi la demande du « Notre Père » dans laquelle nous demandons à Dieu de nous pardonner « comme » Il nous pardonne. Si le commentaire de cette demande ne figure pas dans la prière elle-même, elle en « fait partie » pour le sens. Les versets de Matthieu (5, 23-24) deviennent comme une question de « validité » pour toute prière. 

            Les tout derniers mots de notre péricope demandent « du fond du cœur ». Or le pardon doit changer notre attitude à l’égard du frère. Il est bon de préciser que le pardon le plus sincère n’efface pas la mémoire, dont nous ne sommes pas maîtres. Mais, ce que nous pouvons, en ce domaine, c’est éviter la moindre allusion dans les conversations ; elles peuvent remettre l’aspect négatif que nous voulions éviter sur le devant de la scène de nos préoccupations et rallumer l’incendie. Le silence, en ce domaine, relève de la prudence. Le silence n’est pas le pardon, pas plus qu’il n’est la prière. C’est donc le silence du cœur et des lèvres qu’il importe de pratiquer  pour arriver à un pardon « du fond du cœur ».

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