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Commentaire de l'Evangile du chanoine Daleau
Méditation du 15 septembre 2020
Méditation du 15 septembre 2020
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Méditation du 15 septembre 2020

2020 09 15 GLAIVE (24TO2) (Luc 2, 33-35)    412

            Luc fera remarquer (2, 49) que Jésus dit à sa mère : « Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? » indiquant ainsi que nul ne doit se méprendre sur la paternité divine. En 4, 22, les habitants de Nazareth, se fiant aux apparences, prendront Joseph pour le père de Jésus. Marie et Joseph sont les premiers à s’étonner de ce qu’on disait de Lui. Avant même qu’Il ait parlé, les âmes croyantes devinent qu’Il est béni de Dieu (Luc 2, 47.52).

            La prophétie de Syméon s’éclairera quand Jésus adulte suscitera la joie des âmes ouvertes de ceux qui cherchent Dieu, ou « fermées » à toute « nouveauté. Et cela continuera jusqu’à la fin des temps : « Il sera un signe de contradiction ». La prédication de Jésus ne rencontrera pas que des partisans ; à lire l’Evangile de Jean, on voit les oppositions de plus en plus acerbes (Jean 7, 43; 9, 16 ; 10, 19) et Lui-même a parlé des divisions au sein d’une même famille (Matthieu 10, 34-36).

            Marie souffrira-t-elle de l’attitude de Jésus ? L’épisode du Temple, lorsque Jésus avait douze ans, apparaît comme le premier signe de la mission de Jésus (Luc 2, 41-50) qui ait causé une « angoisse » à sa mère ; mais on ne peut séparer les deux versets 48 et 49 : angoisse de la « mère » et « joie » de Le savoir à sa mission.

            La Bible de Jérusalem explique ainsi le dernier verset (35) : « Vraie Fille de Sion, Marie portera en sa propre vie la destinée douloureuse de son peuple. Avec son Fils, elle sera au centre de cette contradiction où les cœurs doivent se découvrir, pour ou contre Jésus. » La mission de Jésus dans le monde païen, selon les récits des Actes des Apôtres, suscitera un repli du peuple d’Israël sur ses positions judaïques ; l’amorce en est déjà visible dans les Evangiles. On sait que cela aboutira à une rupture historique, et continuera de créer des conflits jusqu’en notre époque.

             Le symbole de l’épée (qui peut s’inspirer d’Ezéchiel 14, 17) transperçant l’âme a suscité une imagerie à la limite du mauvais goût, car on a, semble-t-il, oublié qu’il s’agit de « l’âme », et non du « cœur ». (Les cœurs que traversent un poignard avec du sang qui jaillit illustrent une piété doloriste, mais correspond-elle au sens du texte de Luc ?) C’est « l’âme » de Marie qui souffre au pied de la croix plus encore que son « cœur ».

 

 

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