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Commentaire de l'Evangile du chanoine Daleau
Méditation du 15 octobre 2020
Méditation du 15 octobre 2020
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Méditation du 15 octobre 2020

2020 10 15 SES PAROLES (28TO4) (Luc 11, 47- 54)

            Luc n’est pas un évangéliste « doucereux », comme l’indiquent les péricopes de ces jours-ci : la liste des « Malheur pour vous » s’avère plus détaillée et plus longue que les « Béatitudes» (Luc 6, 20-24).

            Quels sont donc ces reproches ? Les faits ou allusions à des événements datent de l’époque où Luc a rédigé son Evangile, et non pas tous des années 30 quand Jésus parlait.

            La construction des tombeaux des prophètes et leur rénovation attiraient l’attention et l’admiration sur les « riches » qui prétextaient d’agir ainsi par vénération des prophètes anciens. Luc nomme aussi les « apôtres » parmi ceux qui ont été victimes de persécutions et sont morts ; Luc fait allusion ainsi à Etienne (Actes des Apôtres 7.8) et à Jacques (idem : 12, 1-2) ; Abel le juste, assassiné par Caïn (Gn 4) et Zacharie le prophète mis à mort dans le Temple (2 Ch 24, 20-22). Tout le monde en Palestine savait cette histoire. En « honorant » leur mémoire, on s’attire hypocritement une louange. Et cette attitude est comparable à la haine qui a atteint les prophètes.

            « On en demandera compte à cette génération ». Le contexte n’est plus le même ; les responsables des violences seront jugés ; mais les contemporains des apôtres doivent comprendre qu’ils seront jugés aussi pour leurs méfaits. Ce n’est pas seulement « aux temps anciens » qu’il y a eu des malveillances à l’égard des prophètes, c’est maintenant qu’on s’en prend aux « envoyés de Dieu ».

            Le harcèlement des questions insidieuses commence, et avec une intention précise de  prendre Jésus en défaut : « Ils lui tendaient des pièges pour traquer la moindre de ses paroles. » Ce n’est pas la seule fois qu’on tend des pièges à Jésus ; l’impôt à César, la question des Sadducéens qui refusent la foi en la Résurrection ont constitué des pièges analogues.

            Saint Ambroise reproche aux scribes et pharisiens d’imiter les crimes de leurs pères.

            Rien de plus fort que ce passage contre la vaine superstition des Juifs qui, en élevant des tombeaux aux prophètes, condamnaient la conduite de leurs pères, tandis qu'ils se rendaient dignes des mêmes châtiments en imitant leurs crimes, car ce qu'il leur reproche, ce n'est pas d'élever des tombeaux, mais d'imiter les crimes de leurs pères. C'est pour cela qu'il ajoute: «Vous témoignez bien que vous consentez aux œuvres de vos pères».

 

           

                                                                                                                                                  

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