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Commentaire de l'Evangile du chanoine Daleau
Méditation du 11 juin 2021
Méditation du 11 juin 2021
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Méditation du 11 juin 2021

2021 06 11 DU SANG ET DE L’EAU (10TO5. SACRE-CŒUR) (Jean 19, 31-37)

                                                                     

            « Du cœur transpercé sortent du sang et de l’eau »…De ce constat – qui n’aurait pu être qu’une observation anatomique – l’évangéliste retire un témoignage solennel, qu’il met en valeur dans la construction de son récit. La narration purement factuelle s’est achevée sur le constat indiscutable de la mort de Jésus, confirmée par ce double phénomène de l’eau et du sang. L’énonciation du narrateur prend ici deux formes.

D’abord, l’auteur s’immobilise dans son récit, pour introduire son propre commentaire, fortement solennisé. Puis, il fait appel à deux citations de l’Ecriture particulièrement significatives. Une telle insistance sur la réalité de la mort de Jésus et sur sa signification témoigne tout à la fois que l’incarnation est bien réelle et, aussi, que la mort de Jésus, dans son réalisme, ouvre sur le mystère du salut annoncé en Jean (7, 38) : « Comme dit l’Ecriture, des fleuves d’eau vive couleront de son sein ». Dans la mort de Jésus, l’heure de sa glorification est arrivée, l’Esprit est donné aux croyants (7, 39). Le lecteur chrétien actualise cette vie donnée par Jésus dans les deux sacrements du baptême : renaître d’eau et d’Esprit, (Jean 3, 5), et de l’eucharistie, sang versé pour notre salut (Jean 6, 54). (…)

 

« L’auteur (Jean) inscrit l’événement dans le plan de Dieu à l’aide de deux citations des Ecritures, préfigurant ce que Jésus a subi. La première (v. 36) évoque plusieurs passages de l’Ancien Testament, les deux premiers soulignent que, comme l’agneau pascal (Ex 12, 46 ; Nb 9, 12) Jésus n’a pas eu d’os brisés. Le troisième atteste que Jésus, comme le juste croyant, arrive intact à la Résurrection : « Dieu veille sur tous ses os, pas un seul ne s’est brisé » (Ps 34, 21). En même temps, un arc permet de faire se rejoindre commencement et fin de la vie de Jésus : l’allusion à l’agneau pascal renvoie à celui que Jean-Baptiste présente à la foule et à ses disciples comme « l’Agneau de Dieu » (Jean 1, 29.36). Ainsi, mourant à l’heure où sur l’esplanade du Temple, les agneaux étaient sacrifiés, Jésus est présenté comme le nouvel agneau pascal, celui par qui la grande fête de la libération de l’homme se réalise. L’aventure publique de Jésus avait commencé quand Jean-Baptiste l’avait désigné comme l’agneau de Dieu. Elle prend fin à l’heure où Jésus, agneau pascal, meurt sur la croix. »

           

 

 

 

 

 

 

 

 

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