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Commentaire de l'Evangile du chanoine Daleau
Méditation du 10 juin 2021
Méditation du 10 juin 2021
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Méditation du 10 juin 2021

2021 06 10 RECONCILIER (10TO4) (Matthieu 5, 20-26)

 

                                                                     

            « Sera passible du tribunal » (v.21), au sens de : mérite condamnation. La procédure est indiquée en Dt 17, 8-13)

            La gravité de la peine, constamment requise (cf  Lv 24, 17 ; Nb 35, 16-19) montre que le meurtre doit être tenu pour un mal extrême. Mais bien entendu, dès l’A.T., était dénoncée la colère, source de violence en toutes ses formes (Pr 27, 4 ; Sg 10, 3 ; Si 28, 11), et même plus profondément encore l’orgueil qui rend susceptible et irritable. L’exemple premier en est Caïn (Gn 4,6), et la Tradition y réfère constamment, de saint Cyprien à Rupert de Deutz.

            En référant au tribunal, on pourrait penser que le Christ évite de se prononcer sur la rigueur du châtiment prévu par la Loi, qui est la peine de mort. Le verset 22 va montrer qu’il y a pire : l’Enfer.

           

            Matthieu 5, 22. En regard du meurtre, colère et injures sembleraient fautes bénignes ; mais d’abord les aggrave le fait qu’il s’agit d’un frère ; et par là apparaît le motif de la charité, qui est à la source des exigences de l’Evangile, accomplissant la fraternité déjà réclamée par Gn 9, 5.

            Mais ce terme de « frère » est à prendre aussi au sens de l’appartenance à une même communauté religieuse (comme en Mt 12, 46-50 ; 18, 15.21.35) : le Sermon sur la Montagne apparaît ainsi comme ayant une portée ecclésiale, pour définir le comportement mutuel « entre frères ».

           

Matthieu 5, 23-24. Plus sacré est le devoir de culte envers Dieu, plus remarquable est cette priorité de la fonction avec « le frère » (même mot au v. 23 qu’au v.22). Pas de réconciliation avec Dieu pour qui ne prend  les moyens de se réconcilier « avec son frère ». Si possible, va au-devant de lui (v.24) ; mais peut-être aussi, surtout quand il y a impossibilité physique ou psychologique – que ce soit de la part de l’offenseur ou par le refus de l’offensé – présente à Dieu cette offrande pour qu’Il accomplisse une réconciliation au-delà de ton pouvoir.

Qui n’est pas en situation de charité (de communion) offense Dieu ; son offrande ne pourrait être que formelle, insatisfaisante pour un Dieu que son infinie miséricorde n’empêche pas d’être infiniment exigeant. » (BC, II*, pages 244-245).

 

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