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Le Pape et l'Eglise dans le monde
Les évêques de France au Salon de l’Agriculture 2020.

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Les évêques de France au Salon de l’Agriculture 2020.

LE MOT DE MONSEIGNEUR HABERT

Que des évêques se rendent au Salon de l’Agriculture, voilà qui peut apparaître très sympathique, voire un peu folklorique. Nous ne sous-estimons pas le caractère festif de ce rassemblement et nous sommes heureux d’y participer, mais l’enjeu est en réalité bien plus profond.

Mgr Habert en visite pastorale sur le territoire dans l'Orne.

Mgr Habert en visite pastorale sur le territoire dans l’Orne.

Depuis plusieurs années, évêques de France, nous prenons la mesure des évolutions du monde rural et du monde agricole. Ces évolutions nous intéressent en tant que pasteurs de diocèses ruraux. En ce domaine les défis sont importants à relever. Nous serons heureux en cette journée d’approfondir certains enjeux de la vie des agriculteurs, de pouvoir les rencontrer et dialoguer avec eux. Nous serons aussi amenés à nous rendre dans les stands de nos régions respectives. Dans ce monde se mélangent créativité et enthousiasme, mais aussi angoisse et désarroi.

À travers les agriculteurs, c’est aussi une vision du monde rural que nous rencontrons. Les enjeux pastoraux sont immenses en ce domaine. Des questions sérieuses sont posées : comment imaginer l’occupation du territoire, comment lutter contre les déserts médicaux, comment accompagner la fragilité de beaucoup ? Des questions aussi positives : comment accueillir les nouveaux arrivants, comment valoriser le patrimoine culturel, naturel, historique ?

Toutes ces évolutions nous intéressent aussi en tant qu’observateurs de notre société. Les questions « d’écologie intégrale », portées par beaucoup de nos contemporains, croisent en effet bien des intuitions profondes de la vie chrétienne et de la révélation.

Au mois de novembre dernier, à l’initiative de notre président l’archevêque de Reims Mgr Eric de Moulins-Beaufort et du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France, nous avons vécu deux journées passionnantes sur ce sujet. Ces questions seront au centre de bien des choix de société dans les années qui viennent. Nous n’oublions pas non plus combien les débats sur les lois de bioéthique entrent dans le champ de la réflexion. L’écologie intégrale ne se limite pas à la dimension environnementale.

Notre participation au Salon de l’Agriculture sera enrichie, lors de notre prochaine Assemblée plénière en mars. Chaque évêque est en effet invité à venir à Lourdes avec une personne spécialement concernée par les problématiques du monde agricole. Quelques semaines plus tard, nous vivrons le grand rassemblement Terres d’Espérance dans le diocèse de Valence. Un rassemblement de trois jours où les diocèses enverront une délégation pour des temps de partages, de réflexions, de formations sur la place de l’Église dans le monde rural.

On le voit, les évêques de France se mobilisent, notre présence au Salon de l’Agriculture en est un signe visible.

+Mgr Jacques Habert
Évêque de Séez
Accompagnateur de la Mission en monde rural de la Conférence des évêques de France

Monseigneur Habert : “Nous voulons porter un message d’encouragement”

Publié le 18 février 2020

Une délégation de quinze évêques, de quinze diocèses différents, se rendra ce 24 février en visite au salon de l’agriculture, porte de Versailles à Paris. Par cette présence, ils manifestent leur soutien au monde agricole. Rencontre avec Mgr Jacques Habert, évêque du diocèse de Séez, référent de la Mission rurale pour l’Église en France. Par Florence de Maistre.

En quoi le salon de l’agriculture est-il un évènement important ?

3 novembre 2017 : Portrait de Mgr Jacques HABERT, évêque de Séez. France.

Cette manifestation est importante à double titre. D’une part, nous, les évêques, allons découvrir, rencontrer, prendre connaissance de nombreuses réalités liées à la vie et au travail des agriculteurs. Ces informations sont importantes : elles permettent de mieux en comprendre les évolutions et les enjeux. D’autre part, ensemble, en délégation, nous posons un acte public. Nous témoignons de notre attention particulière à ce qui se passe dans le monde rural. Nous adressons un signal fort de notre désir de mieux l’appréhender. Nous participerons à ce salon en observant la façon dont il est touché par la problématique de l’encyclique Laudato Si’. Pour le dire rapidement, est-ce un “salon vert” ? Nous verrons comment la question écologique est reçue et traitée. Nous nous mettrons à l’écoute des participants.

Que retenez-vous de vos visites précédentes ?

Le salon de l’agriculture a une audience nationale qui va bien au-delà de la visite du Président de la République. De nombreuses personnes s’y déplacent, l’affluence est sans conteste. L’intérêt de nos contemporains est manifeste, ça doit nous interpeller ! L'événement permet de voir la diversité, parfois les affrontements, le dialogue entre les agriculteurs, leurs différentes méthodes et façons d’envisager leur activité. Lors des éditions passées, j’ai pu observer l’évolution des modes de productions et le discernement des agriculteurs. Il y a ceux qui conservent un mode conventionnel, en l’améliorant, en veillant à la terre, à réguler les pesticides dans une vision écologique globale. Et ceux, plus « radicaux », qui choisissent de s’engager dans des projets comme la permaculture, avec des structures beaucoup plus petites et un mode d’exploitation renouvelé. Ce salon est un lieu de confrontation au sens positif du terme. En tant qu’Église, nous adoptons une posture d’écoute. Nous avons déjà pu être témoins d’échanges et de rencontres franches entre les professionnels, facilités par notre présence. J’espère vivre, cette année encore, cette expérience du dialogue.

Quels sont les temps forts prévus ?

26 février 2018 : Une délégation d'évêques français au salon international de l'agriculture. Mgr Jacques HABERT, évêque de Séez. Paris (75), France.

Deux parcours sont prévus. L’un est pour les évêques qui viennent pour la première fois. Ceux qui sont déjà venus ont des propositions diversifiées. En une journée, nous avons le temps de voir cet immense chantier ! Nous irons ensemble voir Terrena, un groupe de réflexion sur la Nouvelle Agriculture, présent dans de nombreux départements. Nous souhaitons mieux comprendre cette démarche. Nous irons ensuite au stand du Cneap, le réseau des établissements d’enseignement agricole privés. Je pense aux jeunes confirmands qui choisissent cette voie. Ces parcours sont instructifs. Il y a des possibilités d’embauche qui nécessitent de belles formations. Nous poursuivrons avec une visite aux chambres d’agriculture. L’après-midi est libre, nous sommes souvent attendus localement. Pour ma part, j’irai au stand de la Normandie, rencontrer les gens de l’Orne. Que l’on se connaisse déjà ou pas, ce sont toujours de beaux moments. Les personnes présentes sont touchées qu’un évêque se déplace, vienne dire bonjour et s’intéresse à leur activité. Ça a un impact et du sens. Je suis également touché de les entendre parler de leur terre, de leur souffrance, recherche et espérance. Ce partage permet d’être ensuite plus pertinent dans notre message.

Justement, quel message souhaitez-vous partager ?

rassemblement rural

Nous voulons porter un message d’encouragement. Nous avons bien conscience que cette agriculture souvent stigmatisée, objet de nombreuses critiques, fortement décriée depuis des décennies a besoin de soutien. Les agriculteurs eux-mêmes mesurent la prise de conscience à opérer et ses conséquences. En nous appuyant sur Laudato Si’, nous voulons encourager le dialogue, nous mettre modestement au service d’une réflexion déterminante. Par ailleurs, le salon sera également l’occasion d’annoncer publiquement le rassemblement “Terres d’espérance : rencontres nationales du rural” initié par les évêques en France, accompagné par les mouvements et communautés. Il se tiendra du 24 au 26 avril prochain à Châteauneuf-de-Galaure dans la Drôme. Huit cents personnes sont déjà attendues pour partager leurs expériences à la lumière des encycliques La joie de l’Évangile et Laudato Si’. Encore une façon de souligner notre attention particulière pour le monde rural et agricole.

Qu’attendez-vous de cette édition 2020 ?

Je me réjouis des rencontres à venir et du partage des convictions. Je souhaite avoir une connaissance plus fine des enjeux et des choix à poser, pour être plus attentif aux personnes, mieux les accompagner. J’espère pouvoir apporter quelques éléments de la doctrine sociale de l’Église à tous ceux qui s’emparent de ces grandes questions et qui souhaitent les approfondir. Cette visite au salon de l’agriculture s’inscrit bien dans la démarche initiée par le Conseil permanent autour de l’écologie. Elle est également en cohérence avec notre prochaine assemblée plénière d’avril qui sera centrée sur les questions agricoles. Je me réjouis de cette visite avec mes confrères évêques. Nous sommes attentifs à la dimension pastorale, à la question de l’évangélisation. Nous retrouver ensemble à ce salon, attelés à cette tâche, est un beau signe fraternel, un témoignage.

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