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Homélies paroissiales
Homélie du jeudi 1er avril 2021 par l'abbé Jean-Yves Poulailleau
Homélie du jeudi 1er avril 2021 par l'abbé Jean-Yves Poulailleau
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| JFG

Homélie du jeudi 1er avril 2021 par l'abbé Jean-Yves Poulailleau

 

Homélie

 

 ‘‘Comprenez-vous ce que je viens de faire ?... Vous m’appelez ‘Maître’ et ‘Seigneur’, et vous avez raison, car vraiment je le suis ...’’ Avons-nous réellement compris ce qui vient de se passer ?... Sans doute que non comme Pierre qui n’a pas compris. C’est pour cela que Jésus nous interpelle en nous invitant à suivre son exemple : ‘‘Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres ...’’

Surprenant et touchant ce geste de Jésus lavant les pieds des apôtres. Lui le fils de Dieu, nous montre comment nous mettre au service des plus petits, des plus pauvres, des plus fragiles et confirme ce qu’il avait dit un jour : ‘‘Je suis venu pour servir et non pas pour être servi !...’’  Le théologien Romano Guardini dit que "l'attitude du petit qui se prosterne devant le grand, n'est pas exactement humilité, tout simplement, la vérité. Qui est vraiment humble est le grand qui s'humilie devant le petit". Pour cela,  Jésus le Christ est vraiment humble. Les schémas traditionnels sont brisés. Il renverse les valeurs purement humaines et nous invite suivre son exemple pour construire un monde nouveau fondé sur le service.

Au cours de ce même repas, après avoir lavé les pieds de ses apôtres, Jésus institue l’Eucharistie, source et sommet de la vie de l’Eglise et donc de la vie des baptisés. Notre communion eucharistique doit se prolonger et se concrétiser dans la communion fraternelle, notamment dans le service des plus fragile.

Ce que Jésus a fait ce soir là et qu'il nous a laissé en mémorial, se comprend au regard de ce qui s’est passé le lendemain, le Vendredi Saint, sa mort ; puis sa résurrection proclamée au matin de Pâques. Dans l’Eucharistie, Jésus vivant se donne pour nourrir notre vie à celle de Dieu et nous faire entrer dans la communion d’amour qui l’unit à son Père et nous unit les uns aux autres. 

Dans le prolongement de cette messe en mémoire de la Sainte Cène, nous entrerons avec Jésus et ses apôtres dans la nuit obscure du Mont des Oliviers. Nous le suivrons après son arrestation, témoins de la trahison de Juda, du reniement de Pierre, de l’accusation devant le Sanhédrin et la remise à Pilate. Nous éprouverons alors la solitude et l’abandon de Jésus qui en priant, s’enfonce dans la nuit de la mort. Le silence de cette nuit, c’est le mystère de notre Rédemption que Jésus vit pour nous sauver du péché et de la mort. Jésus entre dans cette nuit de l’obscurcissement de la vérité et des ténèbres pour qu’au matin de Pâques brille la lumière de la résurrection inaugurant le nouveau jour de Dieu dans l’histoire de l’humanité.

Frères et sœurs, puissions-nous suivre Jésus qui se retire pour prier son Père. A ses côtés, ses trois disciples, Pierre, Jacques et Jean, avaient fait l’expérience de la Transfiguration. Comme eux, même s’il nous arrive de nous endormir, puissions-nous vivre en proximité avec Lui en cette heure de tourment extrême.

Ce soir, nous sommes conviés pour entrer dans cette communion d’amour qui unit Jésus à son Père. Par le Christ, nous connaissons vraiment Dieu qui est Père, dans sa bonté absolue et sa miséricorde infinie. Jésus nous entraîne dans le silence sur le Mont des Oliviers, peut être la face contre terre, comme Lui, dans une confiance et une soumission totale à son Père. En regardant Jésus priant à genoux, n’ayons pas peur de nous mettre à genoux. Se mettre à genoux, c’est reconnaître la divinité et exprimer notre confiance en sa victoire sur le mal, la haine, la violence et la mort.

Dans son combat Jésus lutte pour nous, faisant comme nous l’expérience de l’angoisse face à la mort. En cette nuit de son arrestation, il étend son regard sur les nuits du mal, du mensonge et de l’infamie qui vient à sa rencontre dans cette coupe qu’il doit boire. C’est le bouleversement de Celui qui n’a jamais commis le mal, mais qui veut le prendre sur lui pour nous sauver. Prions avec Jésus qui prie pour nous et prend sur lui le péché de l’humanité afin de nous conduire à son Père.

Le moment est venu de contempler Jésus dans son humanité et sa divinité au jardin des Oliviers. Il est seul face à cette violence : ‘‘Père, tout est possible pour toi. Éloigne de moi cette coupe. Cependant, non pas ce que je veux, mais ce que tu veux ! ...’’ En tant que Fils, il dépose sa volonté humaine dans la volonté du Père. Ainsi il transforme le comportement d’Adam, dont le péché primordial avait été de faire sa volonté pour être, comme un dieu. C’est notre orgueil, notre péché.

Frères et sœurs, aujourd'hui nous commémorons le premier Jeudi-Saint de l'histoire, lorsque Jésus se réunit avec ses apôtres pour célébrer la Pâque.  Il inaugure alors la nouvelle Pâque de la nouvelle Alliance, où Il se livre en sacrifice pour notre salut. En instituant l’Eucharistie, le Christ a institué le Sacerdoce Ministériel. Par son intermédiaire, le Sacrement de l'Eucharistie pourra se perpétuer. La préface de la Messe Chrismale nous en révèle le sens : "Tu choisis quelques frères pour les faire participer au ministère de son sacerdoce; pour qu'en son nom ils offrent le sacrifice rédempteur, qu'ils nourrissent ton peuple de la Parole et qu'ils les fassent vivre de tes sacrements".

Lavant les pieds de ses apôtres, Jésus nous montre l'attitude du serviteur vraiment libre. Il prépare nos cœurs pour nous introduire dans son ‘Oui’ à la volonté de Dieu et dans le grand mouvement pascal qui nous conduira au matin de Pâques à la source de notre foi en la résurrection et de notre espérance en la Vie éternelle !...

PREMIÈRE LECTURE

Lecture du livre de l’Exode

En ces jours-là, dans le pays d’Égypte,
le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron :
« Ce mois-ci
sera pour vous le premier des mois,
il marquera pour vous le commencement de l’année.
Parlez ainsi à toute la communauté d’Israël :
le dix de ce mois,
que l’on prenne un agneau par famille,
un agneau par maison.
Si la maisonnée est trop peu nombreuse pour un agneau,
elle le prendra avec son voisin le plus proche,
selon le nombre des personnes.
Vous choisirez l’agneau d’après ce que chacun peut manger.
Ce sera une bête sans défaut, un mâle, de l’année.
Vous prendrez un agneau ou un chevreau.
Vous le garderez jusqu’au quatorzième jour du mois.
Dans toute l’assemblée de la communauté d’Israël,
on l’immolera au coucher du soleil.
On prendra du sang,
que l’on mettra sur les deux montants et sur le linteau
des maisons où on le mangera.
On mangera sa chair cette nuit-là,
on la mangera rôtie au feu,
avec des pains sans levain et des herbes amères.
Vous mangerez ainsi : la ceinture aux reins,
les sandales aux pieds,
le bâton à la main.
Vous mangerez en toute hâte :
c’est la Pâque du Seigneur.
Je traverserai le pays d’Égypte, cette nuit-là ;
je frapperai tout premier-né au pays d’Égypte,
depuis les hommes jusqu’au bétail.
Contre tous les dieux de l’Égypte j’exercerai mes jugements :
Je suis le Seigneur.
Le sang sera pour vous un signe,
sur les maisons où vous serez.
Je verrai le sang, et je passerai :
vous ne serez pas atteints par le fléau
dont je frapperai le pays d’Égypte.

Ce jour-là
sera pour vous un mémorial.
Vous en ferez pour le Seigneur une fête de pèlerinage.
C’est un décret perpétuel : d’âge en âge vous la fêterez. »

– Parole du Seigneur.

 

PSAUME

R/ La coupe de bénédiction
est communion au sang du Christ. (cf. 1 Co 10, 16)

Comment rendrai-je au Seigneur
tout le bien qu’il m’a fait ?
J’élèverai la coupe du salut,
j’invoquerai le nom du Seigneur.

Il en coûte au Seigneur
de voir mourir les siens !
Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur,
moi, dont tu brisas les chaînes ?

Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce,
j’invoquerai le nom du Seigneur.
Je tiendrai mes promesses au Seigneur,
oui, devant tout son peuple.

 

DEUXIÈME LECTURE

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères,
moi, Paul, j’ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur,
et je vous l’ai transmis :
la nuit où il était livré,
le Seigneur Jésus prit du pain,
puis, ayant rendu grâce,
il le rompit, et dit :
« Ceci est mon corps, qui est pour vous.
Faites cela en mémoire de moi. »
Après le repas, il fit de même avec la coupe,
en disant :
« Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang.
Chaque fois que vous en boirez,
faites cela en mémoire de moi. »

Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain
et que vous buvez cette coupe,
vous proclamez la mort du Seigneur,
jusqu’à ce qu’il vienne.

– Parole du Seigneur.

 

ÉVANGILE

Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus !
Je vous donne un commandement nouveau,
dit le Seigneur :
« Aimez-vous les uns les autres
comme je vous ai aimés. »
Gloire et louange à toi, Seigneur Jésus ! (cf. Jn 13, 34)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Avant la fête de la Pâque,
sachant que l’heure était venue pour lui
de passer de ce monde à son Père,
Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde,
les aima jusqu’au bout.

Au cours du repas,
alors que le diable
a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote,
l’intention de le livrer,
Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains,
qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu,
se lève de table, dépose son vêtement,
et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ;
puis il verse de l’eau dans un bassin.
Alors il se mit à laver les pieds des disciples
et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture.
Il arrive donc à Simon-Pierre,
qui lui dit :
« C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? »
Jésus lui répondit :
« Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ;
plus tard tu comprendras. »
Pierre lui dit :
« Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! »
Jésus lui répondit :
« Si je ne te lave pas,
tu n’auras pas de part avec moi. »
Simon-Pierre
lui dit :
« Alors, Seigneur, pas seulement les pieds,
mais aussi les mains et la tête ! »
Jésus lui dit :
« Quand on vient de prendre un bain,
on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds :
on est pur tout entier.
Vous-mêmes,
vous êtes purs,
mais non pas tous. »
Il savait bien qui allait le livrer ;
et c’est pourquoi il disait :
« Vous n’êtes pas tous purs. »

Quand il leur eut lavé les pieds,
il reprit son vêtement, se remit à table
et leur dit :
« Comprenez-vous
ce que je viens de faire pour vous ?
Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”,
et vous avez raison, car vraiment je le suis.
Si donc moi, le Seigneur et le Maître,
je vous ai lavé les pieds,
vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.
C’est un exemple que je vous ai donné
afin que vous fassiez, vous aussi,
comme j’ai fait pour vous. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

Saint Hugues de Grenoble

évêque de Grenoble (✝ 1132)

 

Né à Châteauneuf sur Isère, dans le département de la Drôme, il était le fils d'un officier. Saint Hugues était chanoine de Valence quand le légat du Pape Grégoire VII le nomma au siège épiscopal de Grenoble dans le Dauphiné. A cette époque, une grande partie du clergé de ce diocèse était d'une moralité particulièrement déplorable. Au bout de deux années, Hugues, découragé, se retira à l'abbaye de la Chaise-Dieu dans le Velay. Il y vécut quinze mois parfaitement heureux, jusqu'au jour où un ordre pontifical lui enjoignit d'aller réoccuper son siège épiscopal. Ce fut lui qui procura à saint Bruno, son ancien professeur de Reims, la solitude inaccessible qu'il cherchait pour y fonder son Ordre. Il l'installa dans la vallée de la Grande-Chartreuse d'où il tire son nom. Hugues y séjournait le plus souvent possible. Saint Bruno, qu'il avait pris comme directeur spirituel, eut souvent fort à faire pour l'empêcher de ruiner sa santé à force d'austérités. Il lui interdit notamment de vendre le cheval qui lui servait pour visiter son diocèse, comme il avait vendu, pour aider les pauvres, l'anneau pastoral qu'on lui avait offert et son calice le plus précieux. Saint Hugues prit une part importante au concile de Vienne (1077) où fut condamné l'empereur Henri IV, l'habile simulateur de Canossa devant le pape Grégoire VII.


Saint Hugues et Saint Bruno:
Le diocèse de Grenoble voit naître ou s'établir de nombreuses communautés et de grandes figures religieuses.
En 1084 saint Bruno s'installe avec l'accord de saint Hugues, évêque de Grenoble, en Chartreuse et fonde l'ordre des Chartreux. Saint Hugues est lui-même connu pour avoir libéré l'Église du pouvoir des laïcs, et considéré comme le véritable fondateur du diocèse car il en fixe le territoire. Il fonde aussi le monastère de Chalais. (L'histoire du diocèse)
"L'évêque de Grenoble est né vers 1053 à Châteauneuf-sur-Isère dans la famille des seigneurs du lieu.
Chanoine de l'Église de Valence, il fut associé à la réforme entreprise par Grégoire VII et son légat, Hugues évêque de Die. Devenu évêque, il accueillera saint Bruno au désert de Chartreuse. Il aurait voulu embrasser lui-même la vie monastique à la Chaise-Dieu. Il meurt après plus de cinquante ans d'épiscopat, le 1er avril 1132." (Saint Hugues, Évêque de Grenoble - diocèse de Valence)
À Grenoble, en 1132, saint Hugues, évêque, qui travailla à réformer les mœurs du clergé et du peuple et, au cours de son épiscopat, ardemment désireux de solitude, conduisit saint Bruno et ses compagnons dans le désert de la Chartreuse, et dirigea avec soin son Église en lui donnant l'exemple, pendant près de cinquante ans.

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Saint Hugues et Saint Bruno:
Le diocèse de Grenoble voit naître ou s'établir de nombreuses communautés et de grandes figures religieuses.
En 1084 saint Bruno s'installe avec l'accord de saint Hugues, évêque de Grenoble, en Chartreuse et fonde l'ordre des Chartreux. Saint Hugues est lui-même connu pour avoir libéré l'Église du pouvoir des laïcs, et considéré comme le véritable fondateur du diocèse car il en fixe le territoire. Il fonde aussi le monastère de Chalais. (L'histoire du diocèse)
"L'évêque de Grenoble est né vers 1053 à Châteauneuf-sur-Isère dans la famille des seigneurs du lieu.
Chanoine de l'Église de Valence, il fut associé à la réforme entreprise par Grégoire VII et son légat, Hugues évêque de Die. Devenu évêque, il accueillera saint Bruno au désert de Chartreuse. Il aurait voulu embrasser lui-même la vie monastique à la Chaise-Dieu. Il meurt après plus de cinquante ans d'épiscopat, le 1er avril 1132." (Saint Hugues, Évêque de Grenoble - diocèse de Valence)
À Grenoble, en 1132, saint Hugues, évêque, qui travailla à réformer les mœurs du clergé et du peuple et, au cours de son épiscopat, ardemment désireux de solitude, conduisit saint Bruno et ses compagnons dans le désert de la Chartreuse, et dirigea avec soin son Église en lui donnant l'exemple, pendant près de cinquante ans.

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