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Homélies paroissiales
Homélie du dimanche 7 mars 2021 par l'abbé Alexandre-Marie Robineau
Homélie du dimanche 7 mars 2021 par l'abbé Alexandre-Marie Robineau
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Homélie du dimanche 7 mars 2021 par l'abbé Alexandre-Marie Robineau

Homélie

 

Chers frères et sœurs bien-aimés de Jésus Christ,

Le Figaro signalait hier que chaque année ce sont environ 13 000 personnes qui sont « disparues volontaires » en France ! Elles se font passer pour morte pour « échapper à une situation inextricable ou pour se libérer de leur histoire » précise l’article… Et cela me faisait penser à la chanson de Francis Cabrel « Les murs de poussière » qui dit : « Il rêvait d'une ville étrangère / Une ville de filles et de jeux / Il voulait vivre d'autres manières dans un autre milieu / Il rêvait sur son chemin de pierres / "Je partirai demain, si je veux / J'ai la force qu'il faut pour le faire / Et j'irai trouver mieux" / Il n'a pas trouvé mieux/ Que son lopin de terre / Que son vieil arbre tordu au milieu / Trouver mieux que la douce lumière du soir près du feu / Qui réchauffait son père / Et la troupe entière de ses aïeux / Le soleil sur les murs de poussière / Il n'a pas trouvé mieux…Il s’est brûlé les yeux ». Il y a un peu de la parabole du Fils prodigue, qui était l’évangile d’hier, dans ce texte du chanteur d’Astaffort… Fuir, couper, rompre, est-ce la liberté ? Est-ce être vraiment vivant ?

Il y a en nous comme en chaque homme un immense désir d’être vivant mais, blessés que nous sommes par le péché, nous tombons dans de nombreux pièges et illusions… Notre Dieu veut que nous soyons vivants !! Le Christ meurt pour que nous soyons vivants ! Le Christ se laisse détruire pour que nous soyons reconstruits en son Corps, le Temple nouveau…alors attention au rupture artificielle et illusoire... Voyons cela ensemble… 

1/ Vérité : faire la vérité sur soi devant Dieu

On ne l’a fait pas à Jésus, les amis ! On essaye trop souvent de le manipuler, de tourner les trucs pour se justifier mais il est bien précisé : « lui-même (Jésus), en effet, connaissait ce qu’il y a dans l’homme ». Il nous faut reconnaître nos profondes incohérences, nos peurs et toutes nos fuites ! Certes, la loi et le respect de la loi ne sauvent pas mais cela permet de connaître le péché et notre péché pour déjà ouvrir nos yeux sur nous-mêmes et avoir cette humilité de dépendre de la grâce de Dieu seul pour être sauvé… Reconnaître que nos désirs de vie tombent souvent dans des pièges et des impasses, et que bien souvent on se fait grave avoir ! On fuit sans cesse, pensant que l’herbe est plus verte ailleurs, et déjà on fuit dans notre esprit en se complaisant dans des rêves illusoires où on joue le premier et beau rôle… Alors que vivre vraiment, c’est déjà se convertir et ouvrir les yeux… Et bien, pour avancer, faisons ce travail de vérité sur soi-même et arrêtons de fuir sans cesse ou de rêver mieux ailleurs… Vous savez, c’est un des fléaux terribles de notre temps… Cette dictature de l’image et de l’écran exacerbe les sentiments et les mises en scène de soi-même en nous enfonçant dans les pensées, l’imagination, les films qu’on peut se faire, dans des rêveries décervelées, de fausses projections qui empêchent d’être dans ce présent et qui, au final, empêchent d’être vivant car on est vivant maintenant quand on aime et qu’on se laisse aimer en vérité…

Il y a un passage formidable (un peu long mais génial) des Frères Karamazov de Dostoïevski qui fait dire par le Staretz à Mme Khokhlakov (je cite) :

« Surtout fuyez le mensonge, tous les mensonges, en particulier le mensonge envers soi-même. Surveillez vos mensonges et examinez-les à chaque heure, à chaque instant. Fuyez aussi le dégoût de vous-mêmes comme des autres : ce qui vous paraît mauvais en vous se purifie déjà par cela seul que vous l’avez remarqué. Fuyez aussi la peur, quoique la peur ne soit que la conséquence du mensonge. Ne craignez jamais votre propre lâcheté dans la poursuite de l’amour, même vos mauvaises actions ne les craignez pas trop. Je regrette de ne rien pouvoir vous dire de plus réconfortant, car l’amour agissant, à côté de l’amour imaginatif est une chose cruelle et effrayante. L’amour imaginatif a soif d’une prompte réalisation donnant des satisfactions rapides et il veut que tout le monde le voie. On en arrive en effet à donner jusqu’à sa vie, pourvu que cela ne dure pas trop longtemps mais s’accomplisse au plus vite, un peu comme à la scène, et que tout le monde le regarde et vous loue. Alors que l’amour agissant, c’est un travail et une discipline et, pour d’aucuns, peut-être même une véritable science. Mais je vous prédis qu’au moment même où vous verrez avec épouvante que, malgré tous vos efforts, vous n’êtes non seulement pas plus près du but, mais que vous semblez même vous en être éloignée, c’est à ce moment précis, je vous le prédis, que vous l’atteindrez soudain et percevrez nettement sur vous la puissance miraculeuse de Dieu qui, pendant tout ce temps, vous aura aimée et secrètement guidée. » Donc la vérité sur soi pour vivre et être aimé de Dieu… 

2/ Adoration ou désespoir ! Le choix qui se présente à nous…

La loi aide donc à connaître son péché et à faire la vérité sur soi-même mais Dieu seul par sa grâce sauve. Et justement, regardez bien les 10 commandements que nous avons entendu dans la première lecture.

D’abord le début : Dieu est d’abord un Dieu libérateur ! Il libère son peuple de l’esclavage d’Egypte : c’est ça qui est premier avant de donner sa loi au peuple ! Dieu libérateur et Dieu sauveur, et le peuple va alors comprendre que c’est ce même Dieu qui est aussi créateur, qui est source de vie, qui est l’origine de tout ! Et qu’est-ce qu’on voit ensuite : il y a quelques interdits fondamentaux. Essentiel mais c’est assez court : tu ne commettras pas de meurtre, pas de vol, etc. Et ce après un très long développement des premiers commandements qui demandent quoi ? Pas d’autres dieux, pas d’idoles, invoquer le seul nom de Dieu, sanctifier le jour du Seigneur, etc. bref, ce qui est premier et le plus important c’est de n’adorer que le seul et vrai Dieu ! Le seul vrai Dieu libérateur et sauveur ! Dieu le dit lui-même : il est un Dieu jaloux ! Et Jésus chasse les marchands car il ne veut pas de mélange ni de confusion avec Dieu dans son Temple ! Une seule chose à y faire : adorer et prier le vrai Dieu ! Rien d’autre ! C’est cette adoration qui est source de la vraie vie ! Tout le reste n’est que désespoir, force de mort et pulsion destructrice !

N’adorer et ne prier que Dieu seul aujourd’hui et maintenant en aimant comme Dieu aime !

Et cela est fondamental car la loi de Dieu ne peut être vécue en vérité que si on comprend et on fait l’expérience que c’est une loi qui vient de l’amour de Dieu et qui est source de la vraie vie ! Et les interdits divins sont source de liberté et de vie… « inter-dit » signifie que ça vient d’un dialogue, d’un « dit » entre, d’une parole échangée, donnée et reçue, surtout quand ce sont des paroles entre Dieu et son peuple et que le Seigneur a les paroles de la vie éternelle… Si on veut vraiment être vivant, il faut suivre les commandements de Dieu et d’abord n’adorer que Dieu seul en accueillant sa parole qui relève ! 

3/ Enfin, la croix du Christ, chers amis, et l’offrande de soi

Notre Dieu, le Dieu que nous adorons c’est un messie crucifié, scandale pour les juifs, folie pour les païens ! Le nouvel arbre de vie c’est la croix du Christ et le fruit de la vie éternelle, non pas défendu mais donné en abondance c’est l’eau et le sang du côté du Christ, c’est-à-dire l’eucharistie que Dieu nous donne.

Le vrai Temple de prière pour adorer le Père en esprit et en vérité c’est le Corps du Christ et tout spécialement le cœur du Christ et ce cœur sacerdotal de Jésus où tout est offert au Père… Offrons-nous, chers amis, offrons nous avec Jésus à chaque messe… C’est cette offrande existentielle et spirituelle que Dieu attend pour pouvoir nous transformer par sa grâce… A la messe, il ne s’agit pas de participer pour faire qqe chose mais il s’agit de participer activement en offrant sa vie avec Jésus, en se donnant au Père, pour laisser la grâce de Dieu agir en nous… une participation active pour une offrande active afin d’être vraiment passif et de laisser faire Jésus en nous… C’est ça qui fait, chers frères et sœurs baptisés, que vous êtes tous prêtres : en vivant votre sacerdoce baptismal qui est d’offrir votre vie avec Jésus, par les mains du sacerdoce ministériel du prêtre…

Chers amis, adorons et prions le vrai Dieu en nous réfugiant dans le seul et vrai temple qu’est le Cœur sacerdotal de Jésus : l’offrande de notre vie à la messe, sur l’autel, par les mains du prêtre, se poursuivra alors dans tous les gestes de notre vie, dans toutes nos petites offrandes du quotidien, dans toutes nos petites croix de chaque jour ! C’est quand nous visitons un malade, quand nous donnons de la joie, quand nous accompagnons une personne handicapée, c’est là, c’est par là que Dieu sauve le monde et fais de chacune de nos vies une offrande et un sacrifice d’amour… Marthe Robin disait : « Toute vie chrétienne est une messe et toute âme en ce monde est une hostie ». Une hostie, c-à-d « victime » : être comme Jésus : une victime et une offrande d’amour… 

Demandons à la Vierge Marie ne nous aider à prier et à adorer en vérité pour aimer davantage et offrir notre vie chaque jour, avec Jésus et en Jésus, pour Dieu et pour nos frères. Et le faire aujourd’hui et maintenant, sans fuir la réalité de notre vie, et fleurir là où Dieu nous a planté !

JVSM. 

Saintes Félicité et Perpétue, priez pour nous. Amen.

Abbé Alexandre-Marie Robineau +

 

 

LECTURES DE LA MESSE

 

PREMIÈRE LECTURE

Lecture du livre de l’Exode

En ces jours-là, sur le Sinaï,
Dieu prononça toutes les paroles que voici :
« Je suis le Seigneur ton Dieu,
qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte,
de la maison d’esclavage.
Tu n’auras pas d’autres dieux en face de moi.
Tu ne feras aucune idole,
aucune image de ce qui est là-haut
dans les cieux,
ou en bas sur la terre,
ou dans les eaux par-dessous la terre.
Tu ne te prosterneras pas devant ces dieux,
pour leur rendre un culte.
Car moi, le Seigneur ton Dieu,
je suis un Dieu jaloux :
chez ceux qui me haïssent,
je punis la faute des pères sur les fils,
jusqu’à la troisième et la quatrième génération ;
mais ceux qui m’aiment et observent mes commandements,
je leur montre ma fidélité jusqu’à la millième génération.
Tu n’invoqueras pas en vain le nom du Seigneur ton Dieu,
car le Seigneur ne laissera pas impuni
celui qui invoque en vain son nom.

Souviens-toi du jour du sabbat pour le sanctifier.
Pendant six jours tu travailleras
et tu feras tout ton ouvrage ;
mais le septième jour est le jour du repos,
sabbat en l’honneur du Seigneur ton Dieu :
tu ne feras aucun ouvrage,
ni toi, ni ton fils, ni ta fille,
ni ton serviteur, ni ta servante, ni tes bêtes,
ni l’immigré qui est dans ta ville.
Car en six jours le Seigneur a fait le ciel,
la terre, la mer et tout ce qu’ils contiennent,
mais il s’est reposé le septième jour.
C’est pourquoi le Seigneur a béni le jour du sabbat
et l’a sanctifié.

Honore ton père et ta mère,
afin d’avoir longue vie
sur la terre que te donne le Seigneur ton Dieu.
Tu ne commettras pas de meurtre.
Tu ne commettras pas d’adultère.
Tu ne commettras pas de vol.
Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain.
Tu ne convoiteras pas la maison de ton prochain ;
tu ne convoiteras pas la femme de ton prochain,
ni son serviteur, ni sa servante,
ni son bœuf, ni son âne :
rien de ce qui lui appartient. »

– Parole du Seigneur.

 

PSAUME

R/ Seigneur, tu as les paroles
de la vie éternelle. (Jn 6, 68c)

La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.

Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le cœur ;
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard.

La crainte qu’il inspire est pure,
elle est là pour toujours ;
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables :

plus désirables que l’or,
qu’une masse d’or fin,
plus savoureuses que le miel
qui coule des rayons.

 

DEUXIÈME LECTURE

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères,
alors que les Juifs réclament des signes miraculeux,
et que les Grecs recherchent une sagesse,
nous, nous proclamons un Messie crucifié,
scandale pour les Juifs,
folie pour les nations païennes.
Mais pour ceux que Dieu appelle,
qu’ils soient juifs ou grecs,
ce Messie, ce Christ, est puissance de Dieu et sagesse de Dieu.
Car ce qui est folie de Dieu est plus sage que les hommes,
et ce qui est faiblesse de Dieu est plus fort que les hommes.

– Parole du Seigneur.

 

ÉVANGILE

Gloire au Christ,
Sagesse éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur.
Dieu a tellement aimé le monde
qu’il a donné son Fils unique,
afin que ceux qui croient en lui aient la vie éternelle.
Gloire au Christ,
Sagesse éternelle du Dieu vivant.
Gloire à toi, Seigneur.  (Jn 3, 16)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

Comme la Pâque juive était proche,
Jésus monta à Jérusalem.
Dans le Temple, il trouva installés
les marchands de bœufs, de brebis et de colombes,
et les changeurs.
Il fit un fouet avec des cordes,
et les chassa tous du Temple,
ainsi que les brebis et les bœufs ;
il jeta par terre la monnaie des changeurs,
renversa leurs comptoirs,
et dit aux marchands de colombes :
« Enlevez cela d’ici.
Cessez de faire de la maison de mon Père
une maison de commerce. »
Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit :
L’amour de ta maison fera mon tourment.
Des Juifs l’interpellèrent :
« Quel signe peux-tu
nous donner
pour agir ainsi ? »
Jésus leur répondit :
« Détruisez ce sanctuaire,
et en trois jours je le relèverai. »
Les Juifs lui répliquèrent :
« Il a fallu quarante-six
ans pour bâtir ce sanctuaire,
et toi, en trois jours tu le relèverais ! »
Mais lui parlait du sanctuaire de son corps.

Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts,
ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ;
ils crurent à l’Écriture
et à la parole que Jésus avait dite.
Pendant qu’il était à Jérusalem pour la fête de la Pâque,
beaucoup crurent en son nom,
à la vue des signes qu’il accomplissait.
Jésus, lui, ne se fiait pas à eux,
parce qu’il les connaissait tous
et n’avait besoin d’aucun témoignage sur l’homme ;
lui-même, en effet, connaissait ce qu’il y a dans l’homme.

– Acclamons la Parole de Dieu.

Saintes Perpétue et Félicité

Martyres à Carthage (✝ 203)

 

Perpétue est une jeune patricienne, Félicité une jeune esclave. Elles avaient toutes deux demandé le baptême à l'évêque de Carthage. L'empereur Septime Sévère ayant interdit le christianisme, le groupe des catéchumènes, dont elles faisaient partie, est arrêté, avec Sature, Saturnin, Révocat et Secondule. Pendant plusieurs mois, ils connurent la prison dans des conditions très dures, d'autant qu'ils étaient dans l'incertitude du sort exact qui les attendait. Félicité était enceinte et Perpétue, jeune mariée, allaitait son enfant. Le père de la jeune femme tenta en vain de la faire sacrifier aux dieux au nom de l'amour maternel. Quant à Félicité, elle mit au monde une petite fille dans sa prison. Trois jours après la naissance, elle était martyrisée et l'enfant fut adoptée par une chrétienne de la ville. Comme leurs compagnons, Perpétue et Félicité furent livrées aux bêtes du cirque, enveloppées dans un filet, et livrées à une vache furieuse. Elles attirèrent la pitié des spectateurs devant ces jeunes mères torturées. On les acheva en les égorgeant. Selon les "acta" de leur martyre, des témoins disaient :"Leur visage était rayonnant et d'une grande beauté. Il était marqué non de peur mais de joie." Le culte des deux jeunes femmes connut très vite une grande popularité : leur jeunesse, leur situation de mère de famille, leur courage, le fait qu'elles soient des catéchumènes les font figurer en tête des martyres mentionnées dans la première prière eucharistique de la liturgie latine.
Un internaute nous signale: "Sainte Perpétue est la patronne de la ville de Vierzon dans le Cher."
Sainte Perpétue de Carthage à Vierzon...
Elles sont fêtées le 1er février pour les Eglises d'Orient.
Chaque année le dimanche le plus proche du 7 mars, un pèlerinage est organisé à Vierzon par la Fraternité Sainte Perpétue. Voir aussi Sainte Perpétue de Carthage à Vierzon...
Le 7 mars, au martyrologe romain, mémoire des saintes martyres Perpétue et Félicité. En 203, sous l'empereur Septime Sévère, elles furent arrêtées à Carthage avec de jeunes catéchumènes. Perpétue était l'une d'elles, patricienne d'environ vingt-deux ans, mère d'un enfant à la mamelle; Félicité était une esclave; comme elle était enceinte, elle devait, d'après les lois, attendre d'avoir enfanté; elle gémissait dans les douleurs à l'heure de l'enfantement, mais se réjouissait d'être exposée aux bêtes. Elles s'avancèrent de la prison à l'amphithéâtre, le visage radieux, comme pour le ciel.

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