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Homélies paroissiales
Homélie du dimanche 29 novembre 2020 par l'abbé Jean-Yves Poulailleau
Homélie du dimanche 29 novembre 2020 par l'abbé Jean-Yves Poulailleau
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Homélie du dimanche 29 novembre 2020 par l'abbé Jean-Yves Poulailleau

Texte et Audio

Homélie

 

"Prenez garde, restez éveillés …" répète Jésus dans cet Evangile qui nous introduits dans la nouvelle année liturgique marquée par l’entrée dans le Temps de l’Avent. En fin d’année liturgique, Jésus nous invitait déjà à la vigilance ; voici que dès les premières heures de cette nouvelle année liturgique, il nous met en garde et nous appelle à veiller et à sortir de notre sommeil spirituel.

Jésus connaît bien notre tendance à nous endormir dans la routine, éblouis par les lumières artificielles. D'où la mission de l'Eglise de veiller pour nous réveiller dans notre monde et plus proche de nous, notre société, qui semble s’enfoncer dans la nuit.

A partir de ce constat, notre évêque, Mgr François Jacolin nous adresse son message pour l’Avent : "La pandémie que connaît le monde suscite peurs, agressivités, repli sur soi, avec une crise économique mondiale qui touche d’abord les plus vulnérables. Elle révèle surtout une crise plus profonde qui, depuis des décennies, ronge notre monde : une crise de la confiance en l’avenir et de l’espérance ; une crise générée par les impasses de notre mode de vie bâti sur l’hyperconsommation et la mainmise du financier sur tout le reste."

Notre évêque nous interroge : "Faut-il désespérer ? ..." et donne sa réponse : "Non, car Dieu s’est engagé dans notre monde par la venue en notre chair - au cœur-même de la faiblesse humaine - de son Fils bien aimé qui nous tire de nos ténèbres mortifères et nous entraîne vers la pleine réalisation des promesses divines."

Pourtant, pris par la peur face à cette pandémie qui engendre de nombreuses inquiétudes, nous risquons de perdre confiance en l’avenir et parfois même de désespérer en oubliant Celui qui vient à notre rencontre. D’où l'avertissement de Jésus 4 fois dans l’Evangile, qu'il redira à ses disciples à Gethsémani, quelques heures avant sa passion : "Veillez pour ne pas entrer en tentation … ". Ce que nous reprenons dans la nouvelle formule du Notre Père en disant : "Ne nous laisse pas entre en tentation …"

Tentation de se replier sur nous-même, de nous endormir dans nos habitudes et finalement de sombrer dans le sommeil spirituel. Jésus nous met en garde contre ce qui alourdie l’âme en l’encombrant d'une sorte de pesanteur qui tire vers le bas. D'où son insistance : "veiller et priez en tout temps". La prière permet de combattre la somnolence spirituelle.

Nous le voyons bien autour de nous ; de nombreux baptisés sont atteints de somnolence spirituelle dans notre société où l'on vit sans Dieu, oubliant que le maître de la maison " s’il arrive à l’improviste, il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis."

Dans la suite de son message, s’appuyant sur l’appel répété de Jésus : "Prenez garde, restez éveillés …", notre évêque nous invite à entrer "courageusement dans ce temps de l’Avent qui nous est donné pour veiller et espérer, pour ouvrir le chemin de notre cœur au Seigneur qui vient à notre rencontre." Notre évêque nous appelle également à accueillir "aussi dans notre nuit la lumière de Parole de Dieu, particulièrement riche en ce temps qui nous prépare à Noël."

En effet, Dieu nous donne rendez-vous dans la nuit de Noël pour accueillir son Fils unique qui vient d’auprès de lui pour nous conduire à lui. Ce temps de l’Avent nous prépare à cette Nativité du Christ qui a voulu naître de notre humanité. L’Avant nous fait entrer dans une veille active pour que grandisse en nous le désir d’accueillir Celui qui vient nous sauver.

C’était la demande du prophète Isaïe pour son peuple dans la 1ère lecture :  "Pourquoi, Seigneur, nous laisses-tu errer hors de ton chemin, pourquoi rends-tu nos cœurs insensibles à ta crainte ?... Reviens pour l’amour de tes serviteurs et des tribus qui t’appartiennent […]"

Frères et sœurs bien-aimés, entrons courageusement dans cette attente active du peuple de Dieu avec le désir de le contempler dans le visage de l'Enfant de Bethléem qui vient nous sauver de nos peurs et ouvrir nos cœurs à la paix, nos yeux à la lumière de la foi et notre âme pour la rencontre avec notre Père.

Ne doutons pas de la venue de celui qui nous l’a promis. S’endormir signifierait précisément que nous n’y croyons plus. Nous n’aurions plus aucune raison de veiller. Or, notre confiance en la venue du Christ se fonde sur la fidélité de Dieu à ses promesses réalisées dans l’histoire du salut. Le cri du prophète Isaïe est l’expression de l’espérance dans en cette venue du Seigneur, car écrit le prophète : "Voici que tu es descendu, et les montagnes ont fondues devant ta face […] personne n’a vu un autre dieu que toi agir ainsi […] Seigneur, tu es notre Père […] : nous sommes tous l’ouvrage de tes mains."

L'Avent ne change pas Dieu mais change notre regard sur Dieu et nous fait entrer dans l’espérance de toute l’Eglise qui veille et nous donne rendez-vous à l'étable de Bethléem où Dieu s'est fait petit enfant pour que nous puissions le connaître et l’adorer, comme l’ont fait avant nous, les bergers puis les mages et les croyants depuis plus de 2000 ans.

Frères et sœurs, soyons convaincu que notre monde, notre société de la consommation et de l’illusion, a un besoin urgent de lumière, celle de la foi, de la paix et de l’’espérance !...

Que cette nouvelle année liturgique inaugurée par le temps de l’Avent pour nous préparer à fêter la Nativité de Jésus, "réveille notre mémoire du Coeur afin de pouvoir discerner l'étoile de l'espérance" Amen !...

LECTURES DE LA MESSE

 

PREMIÈRE LECTURE

Lecture du livre du prophète Isaïe

C’est toi, Seigneur, notre père ;
« Notre-rédempteur-depuis-toujours », tel est ton nom.
Pourquoi, Seigneur, nous laisses-tu errer
hors de tes chemins ?
Pourquoi laisser nos cœurs s’endurcir
et ne plus te craindre ?
Reviens, à cause de tes serviteurs,
des tribus de ton héritage.
Ah ! Si tu déchirais les cieux, si tu descendais,
les montagnes seraient ébranlées devant ta face.

Voici que tu es descendu :
les montagnes furent ébranlées devant ta face.
Jamais on n’a entendu,
jamais on n’a ouï dire,
nul œil n’a jamais vu un autre dieu que toi
agir ainsi pour celui qui l’attend.
Tu viens rencontrer
celui qui pratique avec joie la justice,
qui se souvient de toi
en suivant tes chemins.
Tu étais irrité, mais nous avons encore péché,
et nous nous sommes égarés.
Tous, nous étions comme des gens impurs,
et tous nos actes justes n’étaient que linges souillés.
Tous, nous étions desséchés comme des feuilles,
et nos fautes, comme le vent, nous emportaient.
Personne n’invoque plus ton nom,
nul ne se réveille pour prendre appui sur toi.
Car tu nous as caché ton visage,
tu nous as livrés au pouvoir de nos fautes.
Mais maintenant, Seigneur, c’est toi notre père.
Nous sommes l’argile, c’est toi qui nous façonnes :
nous sommes tous l’ouvrage de ta main.

– Parole du Seigneur.

 

PSAUME

R/ Dieu, fais-nous revenir ;
que ton visage s’éclaire,
et nous serons sauvés !
  (79, 4)

Berger d’Israël, écoute,
resplendis au-dessus des Kéroubim !
Réveille ta vaillance
et viens nous sauver.

Dieu de l’univers, reviens !
Du haut des cieux, regarde et vois :
visite cette vigne, protège-la,
celle qu’a plantée ta main puissante.

Que ta main soutienne ton protégé,
le fils de l’homme qui te doit sa force.
Jamais plus nous n’irons loin de toi :
fais-nous vivre et invoquer ton nom !

 

DEUXIÈME LECTURE

Lecture de la première lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères,
à vous, la grâce et la paix,
de la part de Dieu notre Père
et du Seigneur Jésus Christ.
Je ne cesse de rendre grâce à Dieu à votre sujet,
pour la grâce qu’il vous a donnée dans le Christ Jésus ;
en lui vous avez reçu toutes les richesses,
toutes celles de la parole
et de la connaissance de Dieu.
Car le témoignage rendu au Christ
s’est établi fermement parmi vous.
Ainsi, aucun don de grâce ne vous manque,
à vous qui attendez
de voir se révéler notre Seigneur Jésus Christ.
C’est lui qui vous fera tenir fermement jusqu’au bout,
et vous serez sans reproche
au jour de notre Seigneur Jésus Christ.
Car Dieu est fidèle,
lui qui vous a appelés à vivre en communion
avec son Fils, Jésus Christ notre Seigneur.

– Parole du Seigneur.

 

ÉVANGILE

Alléluia. Alléluia.
Fais-nous voir, Seigneur, ton amour, et donne-nous ton salut.
Alléluia. (Ps 84, 8)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
« Prenez garde, restez éveillés :
car vous ne savez pas
quand ce sera le moment.
C’est comme un homme parti en voyage :
en quittant sa maison,
il a donné tout pouvoir à ses serviteurs,
fixé à chacun son travail,
et demandé au portier de veiller.
Veillez donc,
car vous ne savez pas
quand vient le maître de la maison,
le soir ou à minuit,
au chant du coq ou le matin ;
s’il arrive à l’improviste,
il ne faudrait pas qu’il vous trouve endormis.
Ce que je vous dis là, je le dis à tous :
Veillez ! »

– Acclamons la Parole de Dieu.

Saint Sernin

ou Saturnin, martyr et évêque de Toulouse (IIIe siècle)

 

Il est difficile de retirer l'histoire de la légende. Il aurait été envoyé par saint Pierre lui-même. Le plus sûr est de dire qu'il fut du nombre des missionnaires qui, comme saint Denys de Paris, vinrent dans les années 250, évangéliser les Gaules. Il fonda le siège épiscopal de Toulouse.
- Saint Saturnin, évêque et martyr, vidéo diocèse de Toulouse
De nombreuses localités portent son nom dans diverses régions du sud de la France.
La commune de Saint-Saturnin, Puy de Dôme, 63450, est dédiée à Saint Saturnin, martyr, premier évêque de Toulouse au IIIe siècle, dont les reliques ont été ramenées en Auvergne au VIe siècle.
L'église de Saint-Saturnin est la plus petite des 5 basiliques majeures d'Auvergne. (diocèse de Clermont-Ferrand)
"Après l'Ascension du Sauveur, au début de la prédication apostolique, Saturnin chargé de mission par saint Étienne, vint à Toulouse où il convertit beaucoup de monde. Puis, il alla dans les provinces voisines prêcher la parole de Dieu. Il partit pour Eauze. En passant à Auch, il apprit, par révélation divine, le martyre de saint Pierre. En son honneur, il bâtit une église  sur les bords du Gers. Ensuite, il poursuivit son voyage, arriva à Eauze et franchit les Pyrénées semant partout les graines du salut.
Après tant d'efforts pour répandre partout la doctrine du Christ, il revint à Toulouse. Les démons qu'on y vénérait le redoutaient tellement qu'ils cessèrent de rendre leurs oracles, malgré les sacrifices d'animaux qu'on leur offrait. Émus par ce silence inattendu, les ministres de la superstition résolurent de le faire mourir. En présence d'une foule considérable, on décida d'offrir un taureau en sacrifice, en vue d'apaiser les dieux. Saturnin vint à passer et quelqu'un, dans la foule, le reconnut: 'C'est lui, s'écria-t-il, l'adversaire de notre culte ! Vengeons, et notre honneur et leur gloire: son immolation calmera leur courroux; sa mort les comblera de joie.' À l'appel de cette voix, la foule en délire fit cercle autour du saint. Un prêtre et deux diacres parvinrent à s'échapper. Saturnin, seul, est traîné au Capitole. On le pousse à sacrifier aux démons. Il témoigne: 'Je ne connais qu'un Dieu unique et véritable, c'est à lui que j'immolerai les sacrifices de louanges. Vos dieux sont des démons'. À ces mots du saint évêque, ils passèrent, autour du taureau qui devait être immolé, une corde à laquelle ils attachèrent les pieds du saint. Puis, ils excitent vivement le taureau qui dévala les degrés du Capitole vers la plaine. Aussitôt, tête brisée, crâne décervelé, corps tout entier déchiré, il rendit à Dieu son âme admirable." (saints du diocèse de Pamiers)
"Saint Saturnin et l'Albigeois - Quand et comment la Bonne Nouvelle de l'Évangile est-elle parvenue dans l'Albigeois? On ne peut répondre avec certitude à cette question. Il est cependant fort probable que les premiers chrétiens de notre pays soient venus de Toulouse; l'importance de cette cité et la commodité des chemins la reliant à la vallée du Tarn ont dû favoriser l'implantation des premiers fidèles. Or, il y avait une Église à Toulouse au milieu du IIIe siècle, avec un évêque Saturnin ou Sernin martyrisé lors de la persécution de Dèce. Il est fort vraisemblable que les membres de cette communauté aient porté témoignage dans la région environnante. C'est ce souvenir qui a sans doute été à l'origine de la vénération du saint Martyr dans le diocèse d'Albi." (Les saints de chez nous - diocèse d'Albi - Tarn)
À Toulouse, commémoraison de saint Saturnin (ou Sernin), évêque et martyr. Il fut, dit-on, au temps de Dèce, arrêté par les païens au capitole de cette ville et précipité du haut des degrés jusqu'en bas, et ainsi, la tête brisée, le corps broyé, il rendit son âme au Christ, vers 250.

Resplendis, vivifiante croix du Seigneur. Illumine les cœurs. Manifeste la splendeur de ta beauté, accorde tes dons et tes bienfaits aux fidèles qui implorent la grâce du salut

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