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Homélies paroissiales
Homélie du 4 juillet 2021 par l'abbé Alexandre-Marie Robineau
Homélie du 4 juillet 2021 par l'abbé Alexandre-Marie Robineau
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Homélie du 4 juillet 2021 par l'abbé Alexandre-Marie Robineau

HOMÉLIE

 

Chers frères et sœurs bien-aimés de Jésus Christ,

Comme baptisés, vous savez que vous êtes tous configurés au Christ Jésus qui est le seul saint, et donc qui est le seul vrai prophète, le seul vrai prêtre, le seul vrai roi ! Et comme baptisés, membres vivants de son Corps qu’est l’Eglise, nous sommes appelés à participer à ces trois dimensions essentielles, et notamment être prophète. Mais qu’est-ce que cela veut dire pour chacun de nous être prophète aujourd’hui ? A la lumière de la Parole de Dieu de ce dimanche, j’aimerai vous partager le fait qu’être prophète, ça dérange, ça prie et ça bosse ! 

1/ ça dérange, tout d’abord.

On a tous, je crois, consciemment ou inconsciemment, plus ou moins, ce désir que tout le monde pense comme moi, comme nous ! Que tout le monde comprenne et accueille la Vérité de Dieu et la mette en pratique ! Mais bien sûr ! Ce serait tellement mieux, tellement plus simple ! On peut être un peu faussement nostalgique ou bien rêver un unanimisme idéal et tranquille… Mais, chers amis, toute la Bible, toute la Parole de Dieu nous dit le contraire ! Lisez et relisez la Bible ! Même au temps où le peuple était gouverné par des grands hommes fidèles à Dieu comme Moïse ou Josué ou au temps de Juges, toujours le peuple trahissait Dieu et se détournait de la vérité et des commandements divins ; et les prophètes étaient persécutés et isolés… tout le temps… pas plus aujourd’hui qu’hier… Et Jésus ne nous dit pas autre chose !

Il faut accepter, comme baptisé et prophète que nous sommes, de déranger ! Un prophète ça dérange ! Comme le disait St Jean-Paul II, à la suite de Jésus : être un signe de contradiction !

Même Jésus est mal reçu chez lui et le disciple n’est pas supérieur à son maître, et c’est donc aussi valable pour chacun de nous !

Il faut donc faire le deuil, chers amis, d’une volonté de domination idéologique ou politique, afin d’accepter d’entrer vraiment dans le cœur et l’attitude du prophète de Jésus Christ, du porte-parole de l’Evangile, qui dérange et bouscule un monde aveugle, sourd et prisonnier de ses erreurs et de ses égoïsmes… C’est la porte étroite dont parle Jésus par laquelle passent les brebis qui connaissent la voix du pasteur, face au boulevard, à l’autoroute des moutons de panurge qui foncent tête baissée dans le mur, tant qu’ils ont du pain et des jeux, et qu’on les laisse s’anesthésier avec les antidépresseurs, les divertissements et autres gadgets débilisants…

Oui, chers amis, comme baptisé et prophète, il faut accepter de déranger et donc d’être moqué, attaqué, voire persécuté (et cela peut être de manière très sournoise et discrète… à chaque époque sa forme de violence…). Et parfois, et c’est peut-être plus dur et difficile, à l’intérieur même de l’Eglise !! C’est Judas, un des Douze choisis par Jésus, qui va le trahir ; et toute l’histoire de l’Eglise est jalonnée de dissensions internes, de trahisons, de compromissions, etc. etc. etc. ! La liste serait trop longue…

Être prophète, à la suite de Jésus, le vrai prophète de Dieu car le Verbe et la Parole de Dieu, implique de déranger ce monde et de faire face aux attaques. St Augustin (donc vers 400, déjà !! ça va vous rassurer… !) disait cette formule excellente : « Les hommes sans espérance, moins ils font attention à leurs propres péchés, plus ils sont curieux des péchés d'autrui. Ils ne cherchent pas ce qu'ils vont corriger, mais ce qu'ils vont critiquer. Et puisqu'ils ne peuvent pas s'excuser, ils sont prêts à accuser les autres » (dans l’office des lectures de ce matin… !!) Et donc pour tenir bon et être prophète, il faut prier… 

2/ Un prophète, ça prie !

Oui, chers amis, il faut prier ! ça peut sembler banal et convenu mais c’est bien sûr essentiel !

Et notamment pour 2 raisons :

D’abord pour ne dépendre que de Dieu et uniquement de lui ! Face aux obstacles, aux oppositions, aux persécutions larvées et sournoises, il faut se réfugier dans le cœur de Dieu et la prière afin de ne pas se décourager et de tenir bon… et là faire vraiment l’expérience de St Paul : « Ma grâce te suffit, car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse ». Et il savait de quoi il parlait… Ce n’est pas notre parole à nous que nous portons, ce n’est pas notre œuvre personnelle et individuelle mais c’est l’œuvre de Dieu ! Nous ne sommes que porte-parole et par la prière il faut laisser Dieu parler dans le cœur et l’âme, laisser son Esprit Saint nous inspirer pour ne faire que la volonté du Seigneur. La prière est une expérience de dépendance et d’humilité nécessaire et indispensable à chaque prophète que nous sommes.

Et la seconde raison : c’est que pour être un prophète vraiment témoin de Dieu et de son amour, il faut donc tendre au maximum, par la prière, vers une vraie cohérence de vie ! Vous voyez que le grand danger d’être prophète et de tenir bon, seul contre tous, c’est l’orgueil et l’orgueil spirituel qui peut notamment se traduire dans la forme du témoignage ! On peut avoir raison sur le fond mais se planter dans la forme par des préjugés, un jugement hautain et condescendant, de la violence verbale ou physique, du mépris, de l’impatience, de la colère, etc. Et cette incohérence entre le fond et la forme va ruiner toute vérité du témoignage et de la parole prophétique (même si c’est à nuancer selon les circonstances… il y a aussi la sainte colère !!). D’où l’importance de prier pour demander la grâce d’être vraiment humble et petit, afin de n’être qu’un instrument entre les mains de Dieu. St Paul VI disait en 1975 : « L’homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres, ou s’il écoute les maîtres, c’est parce qu’ils sont des témoins ». Et donc la prière est indispensable pour être des témoins humbles et donc crédibles de la vérité divine qui va de paire avec une vraie charité… et pour ça, il faut bosser ! 

3/ Un prophète, ça bosse !

Bosser, comme prophète, pour 2 choses essentiellement :

Pour diminuer ! Comme St Jean-Baptiste, fêté il y a 10 jours, le dernier des prophètes avant la venue du Messie, qui affirmait : « Il faut qu’il grandisse et que je diminue » ! C’est un vrai travail que de descendre toujours plus, humblement, pour servir comme Jésus est venu pour servir et non pour être servi ! Pour laver les pieds de nos frères et sœurs, et donc en diminuant soi-même pour laisser le Christ grandir et prendre toute la place dans notre vie et notre cœur, faire que la Parole de Dieu passe et touche les cœurs !

Vous savez le sens exact du mot « péché » ? Le péché, c’est ce qui a manqué sa cible ! Pour ne pas pécher, il faut donc viser juste et droit ! Il faut laisser Dieu, par sa grâce, ajuster le tir afin que l’amour soit vrai et touche la cible du cœur…le sien mais aussi celui du frère… Laissons Dieu faire… Travaillons pour diminuer…

Et bosser pour grandir dans la foi au Christ !

Avoir la foi est un don de Dieu, une grâce mais encore faut-il engager sa volonté, sa liberté, son énergie, à tout faire pour accueillir ce don et cette grâce, et donc pour cela prier et aussi se former ! Prendre du temps pour travailler à sa formation afin de grandir dans la foi, l’espérance et la charité !

Les habitants de Nazareth, à cause de leur manque de foi en Jésus, n’ont pas pu voir les miracles que Jésus a fait ou aurait pu faire… C’est comme nous ! Si nous avions un plus de foi, nous verrions tout ce que Jésus fait pour nous chaque jour dans notre vie, et tout ce qu’il pourrait faire encore plus comme merveilles et miracles si seulement on le mettait à la première place… et pour cela, comme prophète, il faut bosser et se former ! C’est notre responsabilité de baptisé pour grandir dans la foi ! 

Alors, voilà, chers amis, le petit CV du prophète que nous devons être…accepter de déranger, et prier et bosser… Demandons à la Vierge Marie qui a porté le Verbe, qui a porté la Parole qu’est Jésus pour mieux le donner, demandons-lui de prier et d’intercéder pour nous afin de nous aider à vivre vraiment la vocation prophétique de notre baptême…

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Abbé Alexandre-Marie ROBINEAU +

 

LECTURES DE LA MESSE

 

PREMIÈRE LECTURE

Lecture du livre du prophète Ézékiel

En ces jours-là, 
    l’esprit vint en moi 
et me fit tenir debout. 
J’écoutai celui qui me parlait. 
    Il me dit :
« Fils d’homme, je t’envoie vers les fils d’Israël, 
vers une nation rebelle qui s’est révoltée contre moi. 
Jusqu’à ce jour, eux et leurs pères 
se sont soulevés contre moi. 
    Les fils ont le visage dur, 
et le cœur obstiné ; 
c’est à eux que je t’envoie. 
Tu leur diras : 
‘Ainsi parle le Seigneur Dieu...’ 
    Alors, qu’ils écoutent ou qu’ils n’écoutent pas 
– c’est une engeance de rebelles ! – 
ils sauront qu’il y a un prophète au milieu d’eux. »

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

R/ Nos yeux, levés vers le Seigneur,
attendent sa pitié. (cf. Ps 122, 2)

Vers toi j’ai les yeux levés,
vers toi qui es au ciel,
comme les yeux de l’esclave
vers la main de son maître.

Comme les yeux de la servante
vers la main de sa maîtresse, 
nos yeux, levés vers le Seigneur notre Dieu,
attendent sa pitié.

Pitié pour nous, Seigneur, pitié pour nous :
notre âme est rassasiée de mépris.
C’en est trop, nous sommes rassasiés 
    du rire des satisfaits,
du mépris des orgueilleux !

DEUXIÈME LECTURE

Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères, 
    les révélations que j’ai reçues
sont tellement extraordinaires 
que, pour m’empêcher de me surestimer, 
j’ai reçu dans ma chair une écharde, 
un envoyé de Satan qui est là pour me gifler, 
pour empêcher que je me surestime. 
    Par trois fois, 
j’ai prié le Seigneur de l’écarter de moi. 
    Mais il m’a déclaré : 
« Ma grâce te suffit, 
car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse. » 
C’est donc très volontiers que je mettrai plutôt ma fierté dans mes faiblesses, 
afin que la puissance du Christ fasse en moi sa demeure. 
    C’est pourquoi j’accepte de grand cœur pour le Christ 
les faiblesses, les insultes, les contraintes, 
les persécutions et les situations angoissantes. 
Car, lorsque je suis faible, 
c’est alors que je suis fort.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

Alléluia. Alléluia.
L’Esprit du Seigneur est sur moi :                                                
il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres.
Alléluia.   (Lc 4, 18ac)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

    En ce temps-là,
    Jésus se rendit dans son lieu d’origine, 
et ses disciples le suivirent. 
    Le jour du sabbat, 
il se mit à enseigner dans la synagogue. 
De nombreux auditeurs, frappés d’étonnement, disaient : 
« D’où cela lui vient-il ? 
Quelle est cette sagesse qui lui a été donnée, 
et ces grands miracles qui se réalisent par ses mains ? 
    N’est-il pas le charpentier, le fils de Marie, 
et le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon ? 
Ses sœurs ne sont-elles pas ici chez nous ? » 
Et ils étaient profondément choqués à son sujet. 
    Jésus leur disait : 
« Un prophète n’est méprisé que dans son pays, 
sa parenté et sa maison. » 
    Et là il ne pouvait accomplir aucun miracle ; 
il guérit seulement quelques malades 
en leur imposant les mains. 
    Et il s’étonna de leur manque de foi. 
Alors, Jésus parcourait les villages d’alentour en enseignant.

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Sainte Elisabeth du Portugal

Reine (✝ 1336)

ou Isabelle d'Aragon.


Fille du roi Pierre d'Aragon, elle épousa à douze ans le roi Denys du Portugal qui régna trente-six ans, laissant le souvenir d'un bon souverain et d'un trouvère talentueux et célèbre. Trouvant sa consolation dans l'amour divin, sainte Elisabeth ne tint jamais rigueur à son mari d'avoir des maîtresses. Elle éleva leurs enfants comme si c'était les siens. Elle resta une épouse discrète et attentive et fut une reine excellente, ne sortant de l'ombre que lorsque son mari le désirait. Elle s'efforçait de le faire aimer de ses sujets. Par deux fois, elle le réconcilia avec son fils Alphonse qui avait pris les armes contre son père. Dès que Denys fut mort, elle entra chez les clarisses de Coïmbra, au centre du Portugal.


....En écoutant la vie de Sainte Élisabeth de Portugal, nous pouvons trouver de quoi raviver notre espérance. Certes la 'culture' de ce temps n'est pas celle d'aujourd'hui, les contraintes sont différentes heureusement, mais il y en d'autres!...


Elle fut admirable pour apaiser les discordes entre les rois et pour sa charité envers les pauvres. Après la mort de son mari, le roi Denis, elle revêtit l'habit de sainte Claire et vécut à Coïmbre auprès du couvent des Tertiaires franciscaines qu'elle avait fait construire. Au cours d'un voyage entrepris, en 1336, pour essayer de réconcilier son fils et son petit-fils, à Estremoz elle s'en alla vers le Seigneur.

 

Seigneur, source de paix, ami de la charité, tu as donné à sainte Elisabeth de Portugal une grâce merveilleuse pour réconcilier les hommes désunis. Accorde-nous, par son intercession, de travailler au service de la paix et de pouvoir être appelés fils de Dieu.

Oraison de sa fête

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Paillereau | 06/07/2021 06:34

Je suis toujours toucher par ces mots, qui donnent sens et espoirs pour repartir et continue notre parcours de fragiliser...merci a la bonne parole,quel beau cadeau...il en faudra des picures de rappel ... pour passer de l'orgueil à humble c'est pas gagné mais j'aimerais trouver un passage...oui je crois que la prière est un chemin 3B9414