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Homélies paroissiales
Homélie du 27 juin 2021 par Jean-Michel Robin (Diacre)
Homélie du 27 juin 2021 par Jean-Michel Robin (Diacre)
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Homélie du 27 juin 2021 par Jean-Michel Robin (Diacre)

HOMÉLIE

 

        Frères et sœurs, après la nuit des veilleurs vendredi au carmel et la nuit de la cathédrale, voici le jour du Seigneur. Entre la solennité de la nativité de J-Baptiste du 24 et celle de Saints Pierre et Paul du 29, ce dimanche est qualifié de 13ème et d’ordinaire. Pourtant, tout est plutôt super : comme d’ordinaire pour un dimanche. Quelle bonne et belle nouvelle de Marc ! Elle nous offre le carburant nécessaire, la force libérante et éclairante pour repartir, tournés vers l’avenir comme un peuple qui espère, dans la paix du Christ au service de nos frères et sœurs, en particulier : les plus fragiles.

      Je suppose que vous connaissez déjà cette histoire. Une intéressante relecture permet pour tous, d’y trouver la nourriture et la joie pour notre propre vie, transformant chacune de nos rencontres de la semaine comme si c’était une rencontre avec le Christ lui-même.

       Parmi les 3 synoptiques (c’est dire les 3 évangélistes qui ont presque le même contenu, disposé à peu près dans le même ordre), le récit de ce jour est, chez Marc, le plus détaillé. Sans doute tient-il sa source de Pierre, Jacques ou Jean : des témoins directs. Marc a l’art du conteur, et il nous met en position de revivre la scène, au milieu de la foule. Chacun peut aisément faire mentalement son propre film.  Il ne nous dit pas : il était une foi, mais il était au moins deux fois. Dans son effet théâtral, apparaissent nettement 3 actes et deux destins imbriqués l’un dans l’autre. Dans le premier acte, au milieu de la foule, arrive un chef de synagogue dont on précise le nom : Jaïre. Il a déjà dû faire de nombreuses démarches pour « sauver sa fille ». Il supplie Jésus : sa demande est claire, il y a urgence, il faut venir très vite pour : lui imposer les mains, pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. Le drame se met en place, l’action se déplace. Jésus, de suite, se met en mouvement (ainsi que toute la foule). Dans un deuxième temps, entre en scène cette femme : malade, impure, exclue de la communauté. Elle aussi, a déjà tenté mille et un remèdes. Elle essaie, difficilement et sûrement incognito, de se frayer un chemin dans la foule, pour toucher Jésus le plus discrètement possible. Elle y parvient, mais elle ne sait pas que son geste retarde dangereusement l’objectif impérieux de Jaïre. Le drame se noue, le mouvement est arrêté, l’heure tourne. La troisième partie va sans doute être écourtée : « ta fille viens de mourir à quoi bon déranger encore le maître ? ». Le drame est à son comble. Mais avec Jésus sait-on jamais ?

       Quel scénario ! Un notable, papa aux abois, et deux destins de femmes blessées dans leur santé. L’une n’a que 12 ans et se meurt, l’autre est malade depuis 12 ans et tous les acharnements thérapeutiques n’y ont rien fait. Au passage, vous avez noté le nombre 12.  Dans les deux situations, l’acte de croire produit un effet spectaculaire, mais l’essentiel réside dans l’association entre la foi et le salut. « Il est grand le mystère de la foi ». Pour la malade c’est elle-même qui, ayant appris ce qu’on disait de Jésus, met son espoir, sa foi, dans le Seigneur. Avant tout échange verbal, juste par contact physique elle ressent qu’elle est déjà guérie. En disant « qui m’a touché » Jésus ne souhaite pas mettre mal à l’aise la femme. Il cherche un échange personnel avec elle pour qu’elle passe d’une croyance teintée de magie, à un nouveau sens pour sa guérison qui est de l’ordre du salut : « ma fille ta foi t’a sauvée ». Jésus la relève et, dans la joie, il la confirme dans sa guérison. Ordonner à la tempête de se taire (cf dimanche dernier), guérir une malade oui, mais quant’ à ressusciter une morte, « à quoi bon déranger le maître » …On comprend pourquoi Marc a imbriqué ces 2 récits : impression de crescendo dans la foi que Jésus demande à Jaïre : « ne crains pas, crois seulement ». Oser la confiance au-delà des limites de la mort car, le livre de la sagesse l’avais déjà dit : « Dieu n’a pas fait la mort, il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants ». Jésus, évitant tout sensationnel, réveille, relève, l’enfant, en petit comité, dans la discrétion. Grâce à la Résurrection du Christ, le passage de la mort devient simple sommeil. Oui il est vraiment vivant et, greffés à lui, nous le sommes aussi. Le psaume précise « Tu as changé mon deuil en une danse ».  Peut-être est-il temps de préciser qu’en Hébreux Jaïre signifie : « Celui qui illumine » ou encore « Celui qui réveille ». Faire, si l’on peut dire, jaillir la lumière de nos vies, réveiller le bonheur qui dort au fond de notre cœur.

  • Mais qui es-tu Jésus pour nous aimer ainsi ? : Ton amour est plus fort que tout et tu veux nous donner la vie… (avec un clin d’œil pour notre actualité : il faut oser voter pour lui, alors qu’il est déjà l’élu, ou bien : lui il joue vraiment comme un dieu, si nous l’avons sur notre feuille de match, sur notre feuille de vie, il nous qualifie d’office pour notre propre second tour).
  • Mais qui es-tu Jésus ? Jésus possède une puissance autre, là où aucun moyen humain ne peut plus rien : Seigneur donne-nous cette foi profonde qui nous permettrait de ne jamais désespérer.
  • Mais qui es-tu Jésus ? Aucune loi ne tient devant Jésus quand il s’agit de sauver quelqu’un : Délivre-nous Seigneur de nos légalismes, de nos peurs, de nos hontes.
  • Mais qui es-tu Jésus ? Tout en tenant compte d’une croyance imparfaite, Jésus cherche à nous faire accéder à une foi plus adulte et motivée : Merci Seigneur de m’aimer tel que je suis, aide-moi à devenir ce que tu veux.
  • Mais qui es-tu Jésus ? Pour Jésus l’essentiel n’est pas le merveilleux ou le miraculeux mais l’attention à toutes les personnes pour les rétablir dans leur dignité et les amener à entrer dans l’éternité : quel est l’essentiel pour moi, et pour notre communauté ? Où en suis-je avec la fraternité, le souci des plus fragiles et leur dignité ?
  • Mais qui es-tu Jésus ? Jésus dit ‘en VO’ : Talitha koum : (traduction) fillette, debout ! le jour de mon baptême n’aurai-je entendu cette parole : « mon enfant, debout, relève-toi, réveille-toi » ?  

Dans la symbolique du baptême celui qui est passé de la mort à la vie est introduit à la table de l’eucharistie : Jésus dit « faites-la manger ». Le vivant se nourrit, le baptisé bénéfice de la parole et du Pain de vie, même table de dimension ecclésiale…Préparons maintenant notre cœur pour le repas du Seigneur.

Jean-Michel ROBIN (Diacre)

 

LECTURES DE LA MESSE

 

PREMIÈRE LECTURE

Lecture du livre de la Sagesse

Dieu n’a pas fait la mort,
il ne se réjouit pas de voir mourir les êtres vivants.
Il les a tous créés pour qu’ils subsistent ;
ce qui naît dans le monde est porteur de vie :
on n’y trouve pas de poison qui fasse mourir.
La puissance de la Mort ne règne pas sur la terre,
car la justice est immortelle.

Dieu a créé l’homme pour l’incorruptibilité,
il a fait de lui une image de sa propre identité.
C’est par la jalousie du diable
que la mort est entrée dans le monde ;
ils en font l’expérience,
ceux qui prennent parti pour lui.

– Parole du Seigneur.

 

PSAUME

R/ Je t’exalte, Seigneur : tu m’as relevé. (29, 2a)

Je t’exalte, Seigneur : tu m’as relevé,
tu m’épargnes les rires de l’ennemi.
Seigneur, tu m’as fait remonter de l’abîme
et revivre quand je descendais à la fosse.

Fêtez le Seigneur, vous, ses fidèles,
rendez grâce en rappelant son nom très saint.
Sa colère ne dure qu’un instant,
sa bonté, toute la vie.

Avec le soir, viennent les larmes,
mais au matin, les cris de joie.
Tu as changé mon deuil en une danse,
mes habits funèbres en parure de joie.

Que mon cœur ne se taise pas,
qu’il soit en fête pour toi,
et que sans fin, Seigneur, mon Dieu,
je te rende grâce !

 

DEUXIÈME LECTURE

Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères,
puisque vous avez tout en abondance,
la foi, la Parole, la connaissance de Dieu,
toute sorte d’empressement et l’amour qui vous vient de nous,
qu’il y ait aussi abondance dans votre don généreux !
Vous connaissez en effet le don généreux
de notre Seigneur Jésus Christ :
lui qui est riche, il s’est fait pauvre à cause de vous,
pour que vous deveniez riches par sa pauvreté.
Il ne s’agit pas de vous mettre dans la gêne
en soulageant les autres,
il s’agit d’égalité.
Dans la circonstance présente,
ce que vous avez en abondance comblera leurs besoins,
afin que, réciproquement, ce qu’ils ont en abondance
puisse combler vos besoins,
et cela fera l’égalité,
comme dit l’Écriture à propos de la manne :
Celui qui en avait ramassé beaucoup
n’eut rien de trop,
celui qui en avait ramassé peu
ne manqua de rien.

– Parole du Seigneur.

 

ÉVANGILE

Alléluia. Alléluia.
Notre Sauveur, le Christ Jésus, a détruit la mort ;
il a fait resplendir la vie par l’Évangile.
Alléluia. (2 Tm 1, 10)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
Jésus regagna en barque l’autre rive,
et une grande foule s’assembla autour de lui.
Il était au bord de la mer.
Arrive un des chefs de synagogue, nommé Jaïre.
Voyant Jésus, il tombe à ses pieds
et le supplie instamment :
« Ma fille, encore si jeune, est à la dernière extrémité.
Viens lui imposer les mains
pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. »
Jésus partit avec lui,
et la foule qui le suivait
était si nombreuse qu’elle l’écrasait.

Or, une femme, qui avait des pertes de sang depuis douze ans…
– elle avait beaucoup souffert
du traitement de nombreux médecins,
et elle avait dépensé tous ses biens
sans avoir la moindre amélioration ;
au contraire, son état avait plutôt empiré –
… cette femme donc, ayant appris ce qu’on disait de Jésus,
vint par-derrière dans la foule et toucha son vêtement.
Elle se disait en effet :
« Si je parviens à toucher seulement son vêtement,
je serai sauvée. »
À l’instant, l’hémorragie s’arrêta,
et elle ressentit dans son corps qu’elle était guérie de son mal.
Aussitôt Jésus se rendit compte qu’une force était sortie de lui.
Il se retourna dans la foule, et il demandait :
« Qui a touché mes vêtements ? »
Ses disciples lui répondirent :
« Tu vois bien la foule qui t’écrase,
et tu demandes : “Qui m’a touché ?” »
Mais lui regardait tout autour
pour voir celle qui avait fait cela.
Alors la femme, saisie de crainte et toute tremblante,
sachant ce qui lui était arrivé,
vint se jeter à ses pieds et lui dit toute la vérité.
Jésus lui dit alors :
« Ma fille, ta foi t’a sauvée.
Va en paix et sois guérie de ton mal. »

Comme il parlait encore, des gens arrivent de la maison de Jaïre,
le chef de synagogue, pour dire à celui-ci :
« Ta fille vient de mourir.
À quoi bon déranger encore le Maître ? »
Jésus, surprenant ces mots,
dit au chef de synagogue :
« Ne crains pas, crois seulement. »
Il ne laissa personne l’accompagner,
sauf Pierre, Jacques, et Jean, le frère de Jacques.
Ils arrivent à la maison du chef de synagogue.
Jésus voit l’agitation,
et des gens qui pleurent et poussent de grands cris.
Il entre et leur dit :
« Pourquoi cette agitation et ces pleurs ?
L’enfant n’est pas morte : elle dort. »
Mais on se moquait de lui.
Alors il met tout le monde dehors,
prend avec lui le père et la mère de l’enfant,
et ceux qui étaient avec lui ;
puis il pénètre là où reposait l’enfant.
Il saisit la main de l’enfant, et lui dit :
« Talitha koum »,
ce qui signifie :
« Jeune fille, je te le dis, lève-toi! »
Aussitôt la jeune fille se leva et se mit à marcher
– elle avait en effet douze ans.
Ils furent frappés d’une grande stupeur.
Et Jésus leur ordonna fermement
de ne le faire savoir à personne ;
puis il leur dit de la faire manger.

– Acclamons la Parole de Dieu.

SAINT DE CE DIMANCHE

 

Saint Cyrille d'Alexandrie

Père et Docteur de l'Église (✝ 444)

 

Patriarche d'Alexandrie, père et Docteur de l'Eglise.
Patriarche d'Alexandrie en Égypte, comme l'avait été son oncle Théophile, il fut un écrivain fécond et un grand pourfendeur d'hérésies.  Il fut l'âme du concile d'Éphèse en 431 où fut condamné Nestorius, le patriarche de Constantinople, pour qui le Verbe de Dieu avait habité dans la chair 'comme dans une tente' et n'était pas homme véritablement. C'est ce concile qui proclama la bienheureuse Vierge Marie, 'Mère de Dieu' ou 'Theotokos'.

"...Lié à la controverse christologique qui conduisit au Concile d'Éphèse de 431 et dernier représentant important de la tradition alexandrine, dans l'Orient grec, Cyrille fut plus tard défini le 'gardien de l'exactitude'... Vénéré comme saint aussi bien en Orient qu'en Occident, saint Cyrille fut proclamé docteur de l'Église en 1882 par le Pape Léon XIII... A la mort de son oncle Théophile, Cyrille encore jeune fut élu Évêque de l'influente Église d'Alexandrie en 412, qu'il gouverna avec une grande énergie pendant trente-deux ans... Deux ou trois ans plus tard, en 417 ou 418, l'Évêque d'Alexandrie se montra réaliste en recomposant la rupture de la communion avec Constantinople, qui durait désormais depuis 406, suite à la déposition de Jean Chrysostome. Mais l'ancienne opposition avec le siège de Constantinople se ralluma une dizaine d'années plus tard, lorsqu'en 428, Nestor y fut élu, un moine sévère et faisant autorité, de formation antiochienne... La réaction de Cyrille - alors le plus grand représentant de la christologie alexandrine, qui entendait en revanche profondément souligner l'unité de la personne du Christ - fut presque immédiate, et se manifesta par tous les moyens... claire affirmation du devoir des Pasteurs de préserver la foi du Peuple de Dieu... réellement, la véritable humanité et la véritable divinité s'unissent en une seule Personne, Notre Seigneur Jésus Christ... Après avoir ainsi prévalu sur son rival et sur sa doctrine, Cyrille sut cependant parvenir, dès 433, à une formule théologique de compromis et de réconciliation avec les Antiochiens. Et cela aussi est significatif:  d'une part, il y a la clarté de la doctrine de la foi, mais de l'autre, également la recherche intense de l'unité et de la réconciliation. Au cours des années suivantes, il se consacra de toutes les façons possibles à défendre et à éclaircir sa position théologique jusqu'à sa mort, qui eut lieu le 27 juin 444...
Comme l'affirme saint Cyrille, ce même Jésus est venu dans le temps avec la naissance de Marie, la Theotòkos, et il sera, selon sa promesse, toujours avec nous. Et cela est important:  Dieu est éternel, il est né d'une femme, et il reste avec nous chaque jour. Nous  vivons  dans  cette  certitude, en elle  nous  trouvons  le  chemin de notre vie." (Benoît XVI - audience du 3 octobre 2007)
A lire aussi: Saint Cyrille d'Alexandrie par Frère Didier Vernay, o. p.
Mémoire de saint Cyrille, évêque d'Alexandrie et docteur de l'Église. Élu au siège de cette Église, il défendit, avec une ardeur singulière, la foi catholique, et joua un rôle de premier plan au Concile d'Éphèse où furent proclamés les dogmes de l'unité de personne dans le Christ et de la maternité divine de la Vierge Marie. Il mourut en 444.
 

Je trouve très surprenant qu'il y ait des gens pour se demander vraiment si la Sainte Vierge doit être appelée Mère de Dieu. Car si notre Seigneur Jésus est Dieu, comment la Vierge qui l'a porté et mis au monde ne serait-elle pas la Mère de Dieu? Telle est la foi que nous ont transmise les Saints Apôtres, même s'ils n'ont pas employé cette expression.

Saint Cyrille - Lettre aux moines d'Égypte en 431

* Illustration, source: Paroisse Orthodoxe de la Très Sainte Trinité, crypte de la cathédrale Saint-Alexandre-de-la-Neva, Paris

 

Saint Ferdinand d'Aragon

évêque (XIIIe siècle)

membre de la famille royale d'Aragon, cinquième évêque de Cajazzo, vénéré à Cornello en Sicile (Bénédictins).

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