Paroisse Notre-Dame-de-la-Plaine - Luçon
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Homélie dominicale
Homélie du 24 novembre par l'abbé A-M. Robineau Ste Cécile (Audio et texte)

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Homélie du 24 novembre par l'abbé A-M. Robineau Ste Cécile (Audio et texte)

Homélie 34ème dimanche du T.O. 

Christ Roi de l’Univers 

Chers frères et sœurs bien-aimés de Jésus Christ, 

Nous voici aujourd’hui le dernier dimanche de l’année ! Et oui, pour nous chrétiens, la bonne année, elle commence dimanche prochain !! Et nous terminons l’année avec le dimanche du Christ Roi, roi de l’univers ! Et nous sommes invités à le laisser régner sur nos cœurs, dans nos vies. Mais comment laisser régner Jésus dans nos vies ? Et bien regardons l’Évangile de ce jour. 3 points nous sont donnés :

1/ D'abord en évitant de tenter Dieu ! De mettre Dieu à l’épreuve…

2/ Ensuite, en accueillant et en vivant la justice et la miséricorde. 

3/ Enfin, en demandant et en accueillant le salut de Jésus pour aujourd’hui : « être avec Jésus » et le laisser faire ! 

1/ D'abord ne pas tenter Dieu ! 

Regardez dans l’évangile : par 3 fois Jésus est provoqué : d’abord les soldats par 2 fois : « qu’il se sauve lui-même s’il est le messie de Dieu, l’Elu » ; « si tu es le roi des juifs, sauve-toi toi-même ! », et le mauvais larron : « N’es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! » 

Par 3 fois, comme en écho aux 3 tentations de Jésus au désert après son baptême, aussi dans l’Evangile de Luc. Par 3 fois, le démon lui dira : « si tu es le Fils de Dieu, ordonne que… » 

Jésus vit le baptême du sang, celui de la croix, du don total de lui-même, le démon est là de nouveau pour le tenter, pour qu’il renonce à ce calvaire, pour qu’il montre sa puissance, sa force, sa domination ! 

Eux, comme nous, trop souvent, nous attendons Jésus comme un messie de pouvoir, de force, de domination ! Comme un messie magique, au-delà des contingences de la réalité afin qu’il supprime la souffrance, la maladie, la mort, la croix !

On cherche un sauveteur plutôt qu’un sauveur ! On veut un sauvetage plutôt qu’un salut ! 

On refuse la croix ! On cherche à éviter à tout prix la souffrance, l’épreuve quitte à faire confiance à un rebouteux, un magnétiseur, un magicien ou une voyante plutôt que faire confiance au Christ ! 

Nous attendons un Roi puissant qui domine et écrase ses ennemis ! Qui s’impose presque à nous, fatigués que nous sommes de devoir choisir, d’user de notre liberté pour croire ou non, fatigués de l’instabilité de l’acte de foi et de la confiance si fragile… Nous entrons alors dans une logique démonique, diabolique, perverse, et c’est un piège ! En ces 2 bandits, nous voyons toute l’humanité : celle qui se ferme, qui refuse le Christ, et l’autre partie : celle qui s’ouvre au pardon, au repentir avec le Bon Larron. 

Mais tout cela est aussi dans nos vies, à l’intérieur de nous, quand nous sommes divisés entre nos refus du Christ, nos refus d’aimer, de pardonner, de rendre service, mais aussi, à l’opposé, nos désirs de rejeter le mal et de choisir de faire le bien, de suivre le Christ ! Ne tombons pas dans le piège de la facilité, de l’illusion de ne pas avoir à souffrir dans ce bas-monde, de ne pas avoir à peiner… Cela fait partie de notre condition humaine. Et c’est déjà en acceptant la réalité incarnée de notre vie, de notre existence, à la suite du Christ en croix, que nous pourrons alors être vraiment vivant, sans mirage mais dans le sillon profond d’un cœur qui saigne mais d’un cœur qui aime et se donne avec Jésus ! 

2/ Nous sommes ainsi invités à suivre le Bon Larron. 

Le Bon Larron qui nous pousse avec lui a d’abord faire œuvre de justice : 

« Pour nous, c’est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons » Le Bon Larron, du haut de sa croix, malgré ses souffrances, demande la justice ; il reconnaît sa faute, ses limites, sa faiblesse, sa misère ! 

Et, comme le bon Larron, nous sommes tous plus ou moins des bandits, au moins en puissance, ou du moins tous des pécheurs, des fautifs ! Ouvrons les yeux sur notre misère… 

Il est important d’entrer dans cette logique de la justice. Il y a la justice de l’Ancien Testament, comme la Loi du Talion : œil pour œil, dent pour dent ! A l’époque, c’était un progrès juridique car cela évitait les vengeances disproportionnées. Cela permettait une certaine forme de justice pour régler un conflit. Puis cela à évoluer. 

Et la justice est une réalité importante, que, d’une certaine manière, le Seigneur Jésus accueille de la part du Bon Larron. Il faut passer par là pour aller plus loin… 

Car ensuite, Jésus dépasse et accomplit cette justice par la puissance de sa miséricorde. 

La loi et la justice sont nécessaires pour vivre mais elles ne sauvent pas ! 

Nous avons besoin de la miséricorde pour vivre l’expérience que le pardon dépasse le jugement ! Que l’amour total sauve ! 

Et c’est là une Révélation profonde du cœur de Jésus ! 

Et voyez comment Dieu nous sauve, comme il exprime sa royauté, sa puissance divine : Non pas à coup de tonnerre, d’explosion, de terrassement, mais, paradoxalement, par sa tendresse, son humilité, par sa proximité avec les pécheurs, par sa disponibilité pour accueillir le repentir. Dieu n’est pas dans la tempête mais dans la brise légère… Non pas dans le bruit et l’éclat mais dans le silence et caché… 

Et ses ennemis ont raison : c’est bien lui, comme ils disent, qui est le Messie de Dieu, l’Elu, le roi des juifs, le Christ ! Mais ils tournent tout cela en dérision, en moquerie, en provocation, comme le démon ! Et combien nous souffrons aujourd’hui d’un monde pourri par la dérision et l’ironie injustes, moqueuses, dédaigneuses, … 

Oui, c’est donc bien lui le Christ, le messie, le sauveur ! C’est lui le Roi de l’univers ! 

3/ Et comment accueillir son salut ? 

Et bien, comme le Bon Larron, par la force de notre prière et de notre foi, et en écoutant le Christ nous dire : « aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. » 

Le Bon Larron est dans l’attitude juste et fondamentale du repentir. Il réclame la justice. Et il obtient la miséricorde. Il fait l’expérience de ne pas pouvoir se sauver seul mais qu’il a besoin de Jésus ! De même, Jésus fait l’expérience du don de soi, de ne pas se sauver seul, mais d’être sauvé par le Père ! 

Et Jésus est tenté : « sauve-toi toi-même » ; Mais non, rien de possible sans le Père dans l’Esprit… 

Ainsi il ne s’agit pas de se sauver seul mais d’être sauvé par Dieu donc dépendre de lui, tout remettre entre ses mains, lui faire confiance ! Avec le Christ qui nous montre le chemin, et avec le Bon Larron, il nous faut accepter d’être faible, accepter la croix dans notre vie pour faire l’expérience du salut de Dieu au milieu de notre souffrance et de nos épreuves. Le laisser nous relever, nous sauver, nous diriger et nous conduire vers la vraie vie ! 

C’est lui Jésus le maître de chœur, le vrai maestro ! La philarmonique est avec nous ce matin. Le concert des 25 ans de Do Majeur ce week-end au théâtre Milandy. Les instruments et les voix de notre cœur ont aussi besoin d’un chef d’orchestre hors pair : Jésus ! Pour une musique ni cacophonique, ni diaphonique, mais symphonique et polyphonique ! Malgré les nombreuses fausses notes de nos vies, Jésus récupère tout pour en faire une merveille si nous le laissons faire… Chaque note que nous sommes sur la grande partition de la vie où Jésus nous élève vers la beauté toute pure de la vie éternelle… Nous avons besoin de chacun pour vivre la beauté de la communion, alors laissons Jésus faire et agir dans notre cœur ! Laissons le Christ, Roi de l’univers, régner dans nos vies… Laissons Jésus nous sauver… 

« Jésus, souviens-toi de moi, souviens-toi de nous, quand tu viendras dans ton Royaume ». 

Jésus, donne-nous d’accueillir maintenant ce salut, cet amour qui déborde de ton cœur. 

Aide-nous à nous laisser être sauvé par toi ! Aujourd’hui et chaque jour ! 

Vierge Marie, Mère fidèle au pied de la croix, aide-nous à croire et à espérer le salut de Dieu.

JVSM.

Amen. 

LECTURES DE LA MESSE

PREMIÈRE LECTURE

« Ils donnèrent l’onction à David pour le faire roi sur Israël » (2 S 5, 1-3)

Lecture du deuxième livre de Samuel

En ces jours-là,
    toutes les tribus d’Israël vinrent trouver David à Hébron
et lui dirent :
« Vois ! Nous sommes de tes os et de ta chair.
    Dans le passé déjà, quand Saül était notre roi,
c’est toi qui menais Israël en campagne et le ramenais,
et le Seigneur t’a dit :
‘Tu seras le berger d’Israël mon peuple,
tu seras le chef d’Israël.’ »
    Ainsi, tous les anciens d’Israël
vinrent trouver le roi à Hébron.
Le roi David fit alliance avec eux, à Hébron,
devant le Seigneur.
Ils donnèrent l’onction à David
pour le faire roi sur Israël.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 121 (122), 1-2, 3-4, 5-6)

R/ Dans la joie, nous irons
à la maison du Seigneur. (cf. Ps 121, 1)

Quelle joie quand on m’a dit :
« Nous irons à la maison du Seigneur ! »
Maintenant notre marche prend fin
devant tes portes, Jérusalem !

Jérusalem, te voici dans tes murs :
ville où tout ensemble ne fait qu’un !
C’est là que montent les tribus, les tribus du Seigneur,
là qu’Israël doit rendre grâce au nom du Seigneur.

C’est là le siège du droit,
le siège de la maison de David.
Appelez le bonheur sur Jérusalem :
« Paix à ceux qui t’aiment ! »

DEUXIÈME LECTURE

« Dieu nous a placés dans le Royaume de son Fils bien-aimé » (Col 1, 12-20)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Colossiens

Frères,
    rendez grâce à Dieu le Père,
qui vous a rendus capables
d’avoir part à l’héritage des saints,
dans la lumière.
    Nous arrachant au pouvoir des ténèbres,
il nous a placés dans le Royaume de son Fils bien-aimé :
    en lui nous avons la rédemption,
le pardon des péchés.

    Il est l’image du Dieu invisible,
le premier-né, avant toute créature :
    en lui, tout fut créé,
dans le ciel et sur la terre.
Les êtres visibles et invisibles,
Puissances, Principautés,
Souverainetés, Dominations,
tout est créé par lui et pour lui.
    Il est avant toute chose,
et tout subsiste en lui.

    Il est aussi la tête du corps, la tête de l’Église :
c’est lui le commencement,
le premier-né d’entre les morts,
afin qu’il ait en tout la primauté.
    Car Dieu a jugé bon
qu’habite en lui toute plénitude
    et que tout, par le Christ,
lui soit enfin réconcilié,
faisant la paix par le sang de sa Croix,
la paix pour tous les êtres
sur la terre et dans le ciel.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume » (Lc 23, 35-43)

Alléluia. Alléluia.
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur.
Béni soit le Règne qui vient, celui de David notre père.
Alléluia. (cf. Mc 11, 9b.10a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
on venait de crucifier Jésus,
            et le peuple restait là à observer.
Les chefs tournaient Jésus en dérision et disaient :
« Il en a sauvé d’autres :
qu’il se sauve lui-même,
s’il est le Messie de Dieu, l’Élu ! »
    Les soldats aussi se moquaient de lui ;
s’approchant, ils lui présentaient de la boisson vinaigrée,
    en disant :
« Si tu es le roi des Juifs,
sauve-toi toi-même ! »

Il y avait aussi une inscription au-dessus de lui :
« Celui-ci est le roi des Juifs. »
    L’un des malfaiteurs suspendus en croix
l’injuriait :
« N’es-tu pas le Christ ?
Sauve-toi toi-même, et nous aussi ! »
    Mais l’autre lui fit de vifs reproches :
« Tu ne crains donc pas Dieu !
Tu es pourtant un condamné, toi aussi !
    Et puis, pour nous, c’est juste :
après ce que nous avons fait,
nous avons ce que nous méritons.
Mais lui, il n’a rien fait de mal. »
    Et il disait :
« Jésus, souviens-toi de moi
quand tu viendras dans ton Royaume. »
    Jésus lui déclara :
« Amen, je te le dis :
aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

© AELF

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