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Homélies paroissiales
Homélie du 20 juin 2021 par l'abbé Alexandre-Marie Robineau
Homélie du 20 juin 2021 par l'abbé Alexandre-Marie Robineau
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Homélie du 20 juin 2021 par l'abbé Alexandre-Marie Robineau

HOMÉLIE

Chers frères et sœurs bien-aimés de Jésus Christ,

J’espère que vous savez ramer et que vous n’avez pas le mal de mer !! Moi, je suis un bocain donc la mer c’est pas trop mon truc… Mais Jésus nous le dit dans l’Evangile : « Passons sur l’autre rive » !! L’avantage c’est que Jésus est avec nous pour le passage et la traversée… Alors passons… Passer, le passage, a donné « Pâque ». La pâque juive : le passage de la mer Rouge des Hébreux avec Moïse, le passage de la terre d’esclavage, l’Egypte, à la Terre Promise, Israël. Pour préfigurer et préparer le vrai passage, la Pâque de Jésus, le passage de la mort à la vie dans sa passion et sa résurrection… St Paul le réaffirme avec force : « le Christ, lui qui est mort et ressuscité pour eux », c’est-à-dire pour nous, pour les vivants que nous devons être. Et pour nous donner de passer sur l’autre rive, la rive de la vie et de la résurrection, au moment de la mort mais déjà maintenant, chaque jour, le Christ nous a donné la puissance des sacrements. C’est là que nous pouvons faire l’expérience que « l’amour du Christ nous saisit » ! Voyons tout d’abord la réalité du sacrement, puis plus précisément dans ce qu’est le baptême et enfin comment le baptême conduit au sacrement de l’eucharistie qui construit l’Eglise dont nous sommes les membres.

 

1/ La puissance du sacrement

Il y a une forme d’influence « protestantisant », dans le mauvais sens du terme, dans l’Eglise où la Parole de Dieu est réduite à la seule réalité des Ecritures, de la seule Bible. On le voit bien aujourd’hui quand on cherche, à cause de la baisse du nombre de fidèles et de prêtres, à remplacer l’eucharistie dominicale par des Assemblées de la Parole ! En soit, il est très bon d’écouter la Parole de Dieu et de s’en nourrir, bien sûr, mais rien ne doit remplacer la place centrale de l’eucharistie du dimanche.

Justement, en bonne théologie catholique, la réalité du sacrement nous aide à mieux comprendre la réalité dynamique et vivante de la Parole de Dieu. La Parole de Dieu ce n’est pas seulement les Ecritures. La Parole de Dieu c’est les Ecritures + la Tradition + le Magistère, et la Parole de Dieu prend chair dans la puissance de vie des sacrements où l’Eglise animée par l’Esprit Saint poursuit l’œuvre de sanctification du Christ sur terre jusqu’à son retour ! Le sacrement est cette réalité vivante et dynamique de la Parole, du Verbe fait chair, où Dieu continue d’agir dans le monde !

Nous ne sommes pas des fondamentalistes ! Il y avait un professeur de bible au séminaire qui commençait son cours en balançant une bible sur le mur de la classe pour signifier (en choquant quelque peu !!) que ce qui compte c’est comment le texte des Ecritures prend vie et prend forme, dans et par l’Eglise, dans notre vie ! Nous ne sommes pas une religion du livre mais une religion de la Parole, et de la Parole vivante, et tout spécialement dans la liturgie de l’Eglise, c’est-à-dire dans la prière et l’action du Peuple de Dieu, où l’Esprit Saint vivifie. En soit, il n’y a pas les deux tables à la messe : la table de la Parole et la table de l’Eucharistie, mais il y a une seule et unique table où Dieu nous rassemble pour nous donner son corps et son sang : Sa Parole, le Verbe, son Fils, le Christ, qui prend vie et qui prend chair sur l’autel pour nous nourrir.

Oui, le sacrement est une puissance de vie et il nous faut vraiment avoir foi dans l’œuvre efficace et réelle du sacrement de l’Eglise donné par Jésus ! Jésus menace le vent et dit à la mer : « Silence, tais-toi ! » et la mer se calme. Et Jésus, par la bouche du prêtre, dans l’Eglise et par l’Esprit, dit « Ceci est mon corps » et ce pain devient son Corps offert et donné par amour. Sa parole continue d’être efficace et de réaliser réellement ce qu’il dit. De même dans le baptême.

 

2/ Le sacrement du baptême

Le premier sacrement par lequel on devient enfant de Dieu c’est le baptême. Littéralement, cela veut dire « plongé » : plongé dans la mort et la résurrection de Jésus, plongé tout entier dans l’amour de Dieu !

Et c’est le Christ qui baptise ! « Je te baptise » : c’est Jésus qui parle et qui réalise le salut dans le corps, l’âme et l’esprit du baptisé ! Quelque chose change réellement, efficacement ! La Parole agit ! La Parole de Dieu est performative : elle réalise ce qu’elle dit ! « Et Dieu dit : que la lumière soit, et la lumière fut ! ». Nous, notre parole est en décalage avec notre action, d’où notre « incohérence » permanente et notre recherche d’ajustement et de vérité de tout notre être par la grâce de Dieu. Mais pour Dieu, il n’y a pas de décalage. Dieu dit et cela est ! Et dans la foi, nous le croyons ! Encore faut-il avoir et vivre de la foi catholique…

Vous connaissez Olivier Giroud ? Bon, pas de but hier… match nul, bon, moyen, dommage… On verra mercredi soir… Mais Giroud a un tatouage sur l’avant-bras droit. Un verset du psaume 22. Vous savez lequel ? « Le Seigneur est mon berger, rien ne saurait me manquer » (en latin). Il paraît que c’est la mode. Y’en a partout… On n’a plus trop de sou mais il en reste pour de chers tatouages… bof… mais bon, si c’est chrétien, ça passe encore…c’est mieux qu’une tête de mort !! Bref, le tatouage, maintenant, on n’arrive presque à l’effacer… alors que le baptême c’est indélébile ! C’est pour la vie et en vue de la vie éternelle, donc ça risque d’être long !!! ça c’est le vrai et juste et bon tatouage : imprimé sur le cœur ; le sceau de l’amour de Dieu en Jésus Christ ! Le sacrement du baptême doit ensuite être déployé ! Donc quand on fait baptiser son enfant (notamment bébé comme les 3 après la messe), comme parent, on s’engage pour au moins 12/13 ans : caté, première communion, profession de foi, confirmation, pèlerinage, services, engagements, etc. afin que par le baptême, le Seigneur puisse faire naître de beaux fruits de joie, de paix, d’amour et de vie.

Dans le baptême, on doit vraiment être saisi par l’amour du Christ, et vivre chaque jour ce passage pour mourir à soi-même et ne plus être centré sur soi-même, et ressusciter à la vie nouvelle en offrant, en donnant sa vie par amour, comme le Christ ! Et on va notamment vivre chaque jour de son baptême en participant au sacrifice eucharistique…

 

3/ Le sacrement de l’eucharistie qui construit l’Eglise jusqu’au retour du Christ

« Le monde ancien s’en est allé, un monde nouveau est déjà né » nous dit St Paul. Participer à l’eucharistie, recevoir la communion sacramentelle et/ou spirituelle, c’est vivre progressivement ce passage entre l’ancien et le nouveau monde ! C’est vivre chaque jour ce passage, cette nouvelle naissance, cette renaissance quotidienne dans le Christ Jésus !

On oublie trop souvent la dimension eschatologique de l’eucharistie, c’est-à-dire la réalité de la fin des temps, de l’espérance de la fin du monde quand le Christ reviendra, alors que c’est essentiel. Il y a parfois le risque de chosifier la Présence réelle et d’en faire son petit et doux Jésus à soi, perso, alors qu’il faut toujours communier dans une double perspective : la dimension ecclésiale c’est-à-dire la réalité commune et collective du Corps du Christ que nous devenons toujours un peu plus ; et la dimension dynamique de l’Eglise qui se construit et grandit toujours davantage dans l’attente du retour du Christ dans la gloire. Ça peut sembler un peu complexe mais c’est vraiment fondamental !

Si on n’a pas cette perspective, on ne comprend pas les limites et les règles ecclésiales à la communion sacramentelle, et on peut communier de manière systématique, par habitude, sans prendre conscience du don que ça représente (« j’ai droit à la communion ». Non, ce n’est pas un droit ni un dû, mais c’est un don !). Et à ce propos, j’aimerai bien inviter ceux qui peuvent communier tout le temps, car étant (entre guillemets) dans « les clous », « en règle » (mais qui l’est vraiment devant un tel don ?), les inviter, de temps en temps, à s’abstenir de communier non pas parce qu’ils s’en sentiraient indignes, mais par solidarité et sens de la communion avec ceux qui ne peuvent pas communier, et dont le désir est parfois ardent mais qui vivent une sainte obéissance par rapport à ce que demande l’Eglise, en cohérence avec la Parole de Dieu et la Tradition. Petit conseil en passant…

L’idée étant de ne pas faire de l’eucharistie SA chose, de ne pas avoir une vision ni subjective ni individualiste de l’eucharistie, mais d’avoir une juste et profonde conscience de sa dimension ecclésiale et communautaire. C’est là que Dieu se donne et qu’il construit son Eglise. C’est le sacrement de l’unité et le lien de la charité.  C’est par ce sacrement que Dieu continue de construire et d’édifier son Eglise. Et c’est irremplaçable ! Prenons exemple sur nos frères africains qui peuvent faire jusqu’à 4h de marche le dimanche matin pour participer à l’eucharistie (qui dure 3h avec des sermons de 45 mn/1h… donc patience… il me reste encore au moins 40 mn !!!) mais pour qui c’est le cœur de la vie, de la foi et de la joie !!! Une tension dynamique et joyeuse, en Eglise, dans l’attente du retour du Christ… Vivons cette eucharistie avec une grande ferveur intérieure, en priant pour ces futurs nouveaux baptisés du jour où Dieu va faire en eux sa demeure… Laissons-nous transformer par le Christ ! Laissons-nous saisir par l’amour de Jésus qui nous donne sa vie en abondance surtout dans les sacrements !

Et demandons à la Vierge Marie, la mère de Jésus, la mère de l’Eglise, notre mère, de nous laisser toujours plus enfanter à la vie nouvelle en son Fils Jésus Christ. Par elle, par Marie et par l’Eglise : c’est elle notre Mère.

Je Vous Salue Marie.

Abbé Alexandre-Marie ROBINEAU +

 

LECTURES DE LA MESSE

 

PREMIÈRE LECTURE

Lecture du livre de Job

Le Seigneur s’adressa à Job du milieu de la tempête et dit :
« Qui donc a retenu la mer avec des portes,
quand elle jaillit du sein primordial ;
quand je lui mis pour vêtement la nuée,
en guise de langes le nuage sombre ;
quand je lui imposai ma limite,
et que je disposai verrou et portes ?
Et je dis : “Tu viendras jusqu’ici !
tu n’iras pas plus loin,
ici s’arrêtera l’orgueil de tes flots !” »

– Parole du Seigneur.

 

PSAUME

R/ Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !
ou : Alléluia ! (106, 1)

Qu’ils rendent grâce au Seigneur de son amour,
qu’ils offrent des sacrifices d’action de grâce,
ceux qui ont vu les œuvres du Seigneur
et ses merveilles parmi les océans.

Il parle, et provoque la tempête,
un vent qui soulève les vagues :
portés jusqu’au ciel, retombant aux abîmes,
leur sagesse était engloutie.

Dans leur angoisse, ils ont crié vers le Seigneur,
et lui les a tirés de la détresse,
réduisant la tempête au silence,
faisant taire les vagues.

Ils se réjouissent de les voir s’apaiser,
d’être conduits au port qu’ils désiraient.
Qu’ils rendent grâce au Seigneur de son amour,
de ses merveilles pour les hommes.

 

DEUXIÈME LECTURE

Lecture de la deuxième lettre de saint Paul apôtre aux Corinthiens

Frères,
l’amour du Christ nous saisit
quand nous pensons qu’un seul est mort pour tous,
et qu’ainsi tous ont passé par la mort.
Car le Christ est mort pour tous,
afin que les vivants n’aient plus leur vie centrée sur eux-mêmes,
mais sur lui, qui est mort et ressuscité pour eux.
Désormais nous ne regardons plus personne
d’une manière simplement humaine :
si nous avons connu le Christ de cette manière,
maintenant nous ne le connaissons plus ainsi.
Si donc quelqu’un est dans le Christ,
il est une créature nouvelle.
Le monde ancien s’en est allé,
un monde nouveau est déjà né.

– Parole du Seigneur.

 

ÉVANGILE

Alléluia. Alléluia.
Un grand prophète s’est levé parmi nous,
et Dieu a visité son peuple.
Alléluia. (Lc 7, 16)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

Toute la journée,
Jésus avait parlé à la foule.
Le soir venu, Jésus dit à ses disciples :
« Passons sur l’autre rive. »
Quittant la foule, ils emmenèrent Jésus, comme il était,
dans la barque,
et d’autres barques l’accompagnaient.
Survient une violente tempête.
Les vagues se jetaient sur la barque,
si bien que déjà elle se remplissait.
Lui dormait sur le coussin à l’arrière.
Les disciples le réveillent et lui disent :
« Maître, nous sommes perdus ;
cela ne te fait rien ? »
Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer :
« Silence, tais-toi ! »
Le vent tomba,
et il se fit un grand calme.
Jésus leur dit :
« Pourquoi êtes-vous si craintifs ?
N’avez-vous pas encore la foi ? »
Saisis d’une grande crainte,
ils se disaient entre eux :
« Qui est-il donc, celui-ci,
pour que même le vent et la mer lui obéissent ? »

– Acclamons la Parole de Dieu.

Saint Silvère

Pape (58e) de 536 à 537 et martyr (✝ 537)

Élu peu avant la prise de Rome par l'armée byzantine de Bélisaire, il réussit à empêcher l'effusion de sang. Mais, comme il défend la vraie foi face aux Byzantins qui sont alors monophysites pour la plupart, il est accusé de haute trahison pour avoir refusé de rétablir le patriarche hérétique de Constantinople.

L'impératrice Théodora le condamne à l'exil dans un îlot devant Naples*, en Italie méridionale. Pour rétablir la paix, il préfère abdiquer (537), et meurt quelques mois plus tard.

* Un internaute nous signale: "le pape Silvère a été exilé sur la petite île déserte de Palmarola où il mourut de faim (avec Ponza - Ventotène - San Stéfano, l'île de Pamarola fait partie de l'archipel des îles Pontines dans le golfe de Gaëte)"

Dans l'île de Palmaria au large de Gaëte dans le Latium, le trépas de saint Silvère, pape et martyr. N'ayant pas voulu rétablir Anthime, évêque hérétique de Constantinople, que saint Agapit, son prédécesseur, avait déposé, il fut, à l'instigation de l'impératrice Théodora, chassé de son siège et envoyé en exil, d'abord en Asie, puis dans cette île, où il mourut, écrasé par les peines endurées.

Illustration : mosaïque, dans la basilique Saint-Paul-hors-les-murs.

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