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Homélies paroissiales
Homélie du 17 mai 2020 par l'abbé A-M. Robineau (Audio et texte)
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Homélie du 17 mai 2020 par l'abbé A-M. Robineau (Audio et texte)

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Homélie

6ème dimanche de Pâques

Dimanche 17 mai 2020

Chers frères et sœurs bien-aimés de Jésus Christ,

En cette fin de temps pascal, nous nous approchons de l’Ascension et de la Pentecôte, et nous entendons donc avec plus d’insistance parler de l’Esprit Saint. Avec aussi des extraits des Écritures assez étonnants comme dans la première lecture de ce dimanche où il est fait une distinction entre le baptême au nom de Jésus et le fait de recevoir l’Esprit Saint : quel sens peut bien avoir cette distinction ? Et pour nous aujourd’hui, par sa Parole, à quoi nous appelle le Seigneur ? Voyons…

1/ Mal à l’aise avec l’Esprit Saint

Première chose, reconnaissons que nous ne sommes pas toujours à l’aise avec l’Esprit Saint, que ce soit ecclésialement ou personnellement, et beaucoup pensent que l’Esprit Saint peut poser plus de problème que d’apporter des solutions !  Pourquoi une telle méfiance voire une telle peur ?

Et bien à la différence du Fils, Jésus Christ, qui a un nom, un visage, une histoire, qu’on peut donc, si on peut dire, « cerner », ou du moins représenter, et bien il en va différemment de l’Esprit Saint qu’il n’est pas évident de « discerner » justement ! L’Esprit Saint n’est pas saisissable ! Il nous échappe…toujours ! Il représente la nouveauté, les motions spirituelles, les élans du cœur, notamment par ses dons et les charismes qui peuvent bousculer et déranger nos plans, nos habitudes, nos projets…

Et il est vrai que dans la vie de l’Eglise, dont l’Esprit Saint est l’âme, les péripéties sont nombreuses à la suite des charismes donnés par l’Esprit. Cela passe par des figures de sainteté qui ont plus dérangé et bousculé leurs contemporains, et les structures ecclésiales, et les habitudes spirituelles, qu’autre chose !

Et il est vrai qu’il y a un risque que cela parte dans tous les sens et pose de nombreux problèmes s’il n’y a pas aussi un vrai et juste discernement des dons de l’Esprit Saint par l’Eglise…

Nous voyons bien d’ailleurs dans la première lecture que le don de l’Esprit Saint passe par l’imposition des mains de Pierre et Jean qui représentent l’Eglise et sa structure apostolique instituée par le Christ lui-même, pour canaliser la puissance de grâce venant de l’Esprit Saint ! Dans ce passage, cette dissociation entre le baptême et le don de l’Esprit est un des fondements scripturaires du sacrement de confirmation. Cela permet également de comprendre l’unité des 3 sacrements de l’initiation chrétienne : baptême, confirmation, eucharistie : ils sont inséparables ! Et cela permet aussi de montrer que la vie chrétienne à partir du baptême a toujours besoin d’être renouvelée par la présence de l’Esprit Saint. Que la vie chrétienne est un chemin et que rien n’est jamais acquis une fois pour toutes…

Le baptême est pour vivre notre sainteté commune. Les dons de l’Esprit Saint à la confirmation pour notre chemin particulier de sainteté selon notre vocation et l’appel de Dieu…

2/ Besoin de l’Esprit Saint notamment pour rendre compte de notre espérance

La deuxième chose, chers amis, c’est que si nous voulons vivre de l’Esprit Saint, cela passe par la réalité incarnée de l’Eglise et de nos vies ! Ne fuyons pas la réalité corporelle et visible de la vie spirituelle et ecclésiale ! Trop souvent, devant les lourdeurs de l’institution ecclésiale, nous avons la tentation de quitter le navire ou de fuir dans des réalités surannées, mystico-superstitieuses et désincarnées ! Et cela a été le cas de nombreuses fois au cours de l’histoire de l’Eglise en passant par les « monachistes » d’Egypte, les Cathares, les Vaudoix, les Joachimites, les millénaristes, les protestants, etc. En revanche, par exemple, un St François d’Assise, mu par l’Esprit Saint, s’est laissé conduire sur des chemins nouveaux mais dans l’Eglise et en respectant son autorité maternelle, parfois rude mais nécessaire. Et cela vérifie l’authenticité de la vie spirituelle et des charismes nouveaux. Loin des nombreux clichés et des raccourcis médiatiques actuels ! Un appel à témoigner de notre espérance dans notre vie et notre monde aujourd’hui, tel qu’il est !

Ainsi, comme le demande St Pierre, dans la seconde lecture : « Soyez prêts à tout moment (…) à rendre raison de l’espérance qui est en vous ».

L’Esprit Saint conduit vers la Vérité tout entière et la Vérité tout entière c’est Jésus Christ, la personne de Jésus ! C’est Jésus lui-même notre espérance !

Et nous devons pouvoir rendre compte de notre foi qui a une part raisonnable, qui s’appuie sur les Écritures, sur la Tradition, sur l’histoire de l’Eglise, etc. et il y a donc une nécessité à se former et bien se former pour rendre raison de notre espérance et la redonner à d’autres qui sont en quête de sens. En vue de témoigner et faire grandir la foi !

Et l’Esprit Saint pourra nous aider et nous assister en développant notre mémoire, en nous faisant souvenir, en nous inspirant les bonnes paroles, mais seulement si nous nous y engageons pleinement, si nous y investissons notre vie concrètement et réellement, aujourd’hui, maintenant ! 

L’Esprit Saint ne fait pas sans nous ! L’Esprit Saint vivifie la chair mais encore faut-il que notre chair, que la réalité charnelle de notre vie soit disponible ! Il y a besoin de la structure, de la lettre, de la réalité incarnée pour que l’Esprit puisse déployer tout son potentiel, toute sa puissance de vie !

3/ Vivre de l’Esprit Saint

Et c’est pourquoi, troisième et dernier point : l’Esprit Saint existe pour qu’on en vive !

Jésus part et retourne vers le Père pour mieux être présent à chacun de nous et en nous par son Esprit qui peut ainsi se diffuser à tous et partout !

Et l’Esprit Saint il faut le prier en en vivant ! Comme nous dit Jésus dans l’Evangile : « il revient vers nous par son Esprit de Vérité qui sera en nous » !

Et donc chers amis il est urgent de vivre de l’Esprit Saint : de se laisser mouvoir et conduire par Lui !

Et je vous invite tout particulièrement à prier la plus importante et la plus belle des neuvaines : celle à l’Esprit Saint entre l’Ascension et la Pentecôte, afin de demander les dons de l’Esprit Saint et de vivre de ses fruits que sont notamment la paix, la joie, l’amour ! (Vous en trouverez de très belles sur internet)

St Paul nous le demande : « Si l’Esprit vous fait vivre, laissez-vous conduire par l’Esprit » (Galates), et encore : « Laissez vous renouveler par un esprit intérieur » (Ephésiens).

Vivre de l’Esprit Saint c’est inconfortable, oui, c’est vrai, mais c’est le propre de la vie chrétienne, et c’est pourquoi le confort peut être une malédiction et éteindre notre foi et notre espérance ! Alors, certes « il faut obéir aux autorités » (Rm 13, 1) comme le demande St Paul, mais nous sommes aussi invités « à obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Ac 5, 29). Dans le concret de notre vie incarnée, il faut laisser agir l’Esprit Saint et discerner ses motions pour faire nos choix en conscience, et cela peut être inconfortable… et bien tant mieux ! C’est plutôt bon signe…

Vivre de l’Esprit Saint nous donne de demeurer dans le Christ pour mieux vivre l’inconfort de l’abandon confiant en la Providence divine qui bien souvent, bouscule nos plans et nos projets ! Et quand, par l’Esprit Saint, on demeure en Dieu, nous n’avons plus peur et nous pouvons affronter les épreuves et les imprévus dans une vraie confiance !

Alors, chers frères et sœurs, demandons à la Vierge Marie, elle qui est remplie de l’Esprit Saint, de nous aider à vivre de l’Esprit Saint sans crainte ni peur mais dans la confiance aimante. Par la Vierge Marie, accueillons l’Esprit Saint, l’Esprit de Jésus qui est la source de la vraie joie et de la paix profonde.

Je vous salue, Marie pleine de grâce ;
Le Seigneur est avec vous.
Vous êtes bénie entre toutes les femmes
Et Jésus, le fruit de vos entrailles, est béni.
Sainte Marie, Mère de Dieu,
Priez pour nous pauvres pécheurs,
Maintenant et à l’heure de notre mort.

Amen.

Abbé Alexandre-Marie ROBINEAU +

LECTURES DE LA MESSE

PREMIÈRE LECTURE

« Pierre et Jean leur imposèrent les mains, et ils reçurent l’Esprit Saint » (Ac 8, 5-8.14-17)

Lecture du livre des Actes des Apôtres

En ces jours-là,
    Philippe, l’un des Sept, arriva dans une ville de Samarie,
et là il proclamait le Christ.
    Les foules, d’un même cœur,
s’attachaient à ce que disait Philippe,
car elles entendaient parler des signes qu’il accomplissait,
ou même les voyaient.
    Beaucoup de possédés étaient délivrés des esprits impurs,
qui sortaient en poussant de grands cris.
Beaucoup de paralysés et de boiteux furent guéris.
    Et il y eut dans cette ville une grande joie.

    Les Apôtres, restés à Jérusalem,
apprirent que la Samarie
avait accueilli la parole de Dieu.
Alors ils y envoyèrent Pierre et Jean.
    À leur arrivée, ceux-ci prièrent pour ces Samaritains
afin qu’ils reçoivent l’Esprit Saint ;
    en effet, l’Esprit n’était encore descendu sur aucun d’entre eux :
ils étaient seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus.
    Alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains,
et ils reçurent l’Esprit Saint.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 65 (66), 1-3a, 4-5, 6-7a, 16.20)

R/ Terre entière, acclame Dieu,
chante le Seigneur !
ou : Alléluia ! (Ps 65, 1)

Acclamez Dieu, toute la terre ;
fêtez la gloire de son nom,
glorifiez-le en célébrant sa louange.
Dites à Dieu : « Que tes actions sont redoutables ! »

« Toute la terre se prosterne devant toi,
elle chante pour toi, elle chante pour ton nom. »
Venez et voyez les hauts faits de Dieu,
ses exploits redoutables pour les fils des hommes.

Il changea la mer en terre ferme :
ils passèrent le fleuve à pied sec.
De là, cette joie qu’il nous donne.
Il règne à jamais par sa puissance.

Venez, écoutez, vous tous qui craignez Dieu :
je vous dirai ce qu’il a fait pour mon âme ;
Béni soit Dieu qui n’a pas écarté ma prière,
ni détourné de moi son amour !

DEUXIÈME LECTURE

« Dans sa chair, il a été mis à mort ; dans l’esprit, il a reçu la vie » (1 P 3, 15-18)

Lecture de la première lettre de saint Pierre apôtre

Bien-aimés,
    honorez dans vos cœurs
la sainteté du Seigneur, le Christ.
Soyez prêts à tout moment à présenter une défense
devant quiconque vous demande de rendre raison
de l’espérance qui est en vous ;
    mais faites-le avec douceur et respect.
Ayez une conscience droite,
afin que vos adversaires soient pris de honte
sur le point même où ils disent du mal de vous
pour la bonne conduite que vous avez dans le Christ.
    Car mieux vaudrait souffrir en faisant le bien,
si c’était la volonté de Dieu,
plutôt qu’en faisant le mal.
    Car le Christ, lui aussi,
a souffert pour les péchés,
une seule fois,
lui, le juste, pour les injustes,
afin de vous introduire devant Dieu ;
il a été mis à mort dans la chair ;
mais vivifié dans l’Esprit.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur » (Jn 14, 15-21)

Alléluia. Alléluia.
Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, dit le Seigneur ;
mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui.
Alléluia (Jn 14, 23)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

    En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Si vous m’aimez,
vous garderez mes commandements.
    Moi, je prierai le Père,
et il vous donnera un autre Défenseur
qui sera pour toujours avec vous :
    l’Esprit de vérité,
lui que le monde ne peut recevoir,
car il ne le voit pas et ne le connaît pas ;
vous, vous le connaissez,
car il demeure auprès de vous,
et il sera en vous.
    Je ne vous laisserai pas orphelins,
je reviens vers vous.
    D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus,
mais vous, vous me verrez vivant,
et vous vivrez aussi.
    En ce jour-là, vous reconnaîtrez
que je suis en mon Père,
que vous êtes en moi,
et moi en vous.
    Celui qui reçoit mes commandements et les garde,
c’est celui-là qui m’aime ;
et celui qui m’aime
sera aimé de mon Père ;
moi aussi, je l’aimerai,
et je me manifesterai à lui. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

© AELF

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