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Homélies paroissiales
Homélie du 12e dimanche du temps ordinaire par l'abbé J-Y. Poulailleau
Homélie du 12e dimanche du temps ordinaire par l'abbé J-Y. Poulailleau
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Homélie du 12e dimanche du temps ordinaire par l'abbé J-Y. Poulailleau

Dimanche 21 juin 2020

Homélie de l'abbé J-Y. Poulailleau

 

Aujourd’hui, comme à ses apôtres dans l’Evangile, Jésus nous parle directement, s’adressant à ceux qui le suivent et qu’il envoie en mission pour porter la Bonne Nouvelle du Salut.

Puisque vous êtes là, c’est donc à vous, chers paroissiens qu’il adresse ces paroles dans un discours paradoxal que l’on peut résumer ainsi :  ‘Craignez, mais n'ayez pas peur’.  D’un côté Jésus nous dit : "Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent pas tuer l'âme …" et de l’autre : "craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l'âme aussi bien que le corps." Autrement dit, nous ne devons pas craindre les hommes, mais craindre Dieu sans avoir peur de lui.

Pourtant, reconnaissons qu’aujourd’hui, nous avons perdu la conscience de la sollicitude et de l’amour de Dieu pour nous que Jésus rappelle dans l’Evangile : "Soyez […] sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux …"

Jésus veut nous libérer de nos peurs, multiples et contagieuses : peur de l’avenir, peur de la maladie et de la mort, peur de se dire chrétien et de se prononcer pour Dieu devant les autres ; peur qui paralyse et nous tient à distance les uns les autres … etc...

Nous l'avons entendu dans les lamentations du prophète Jérémie : "J'entends les calomnies de la foule… Dénoncez-le ! ..." Même ses amis guettent ses faux pas. Sa foi est mise à l'épreuve et il supplie le Seigneur de prendre sa défense. Dieu a promis de le délivrer de ses persécuteurs. En reconnaissance, Jérémie termine sa prière par une louange. "Chantez […] louez le Seigneur : il a délivré le malheureux de la main des méchants."

L’apôtre Paul a, lui aussi, connu la persécution. Sa prédication allait à contre-courant des idées de son temps. Dans sa lettre aux Romains, il nous parle de l'humanité plongée dans le péché : "... par un seul homme, le péché est entré dans le monde…" Le péché, c’est quand on tourne le dos à Dieu, quand on organise sa vie en dehors de lui ; c’est quand notre vie est centrée sur nous-mêmes au lieu d’être centrée sur Dieu.  Cette présence du mal, nous la constatons tous les jours ; mais dans l’Evangile, Jésus confirme que ce régime du péché ne peut pas avoir le dernier mot : "Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, mais ne peuvent pas tuer l'âme …" Par sa mort et sa résurrection, il a inauguré le régime universel du salut.

Comme Jérémie et comme Paul, les chrétiens d’origine juives sont pourchassés, persécutés et mis à mort. Pensons aux martyrs qui ont marqués l'histoire de l'Eglise : les martyrs des régimes communistes ou de certaines dictatures;  le génocide des catholiques vendéens et aujourd'hui, les martyrs de la foi victimes du terrorisme.

Le Seigneur nous dit aujourd’hui comme hier à ses apôtres hier : "ne craignez pas", n’ayez pas peur… Je suis avec vous …"  Les hommes les plus mal intentionnés peuvent tuer le corps en répandant le virus de la peur, mais "ils ne peuvent pas tuer l’âme".  Ils ne peuvent rien contre le dynamisme missionnaire de ceux qui annoncent l’Evangile de la Vie et de l’Amour.

"N’ayez pas peur …  Ouvrez, ouvrez toutes grandes les portes au Christ ! ..." Ces paroles prophétiques du futur Saint Jean Paul II dès 1978, annonçaient les difficultés de l’œuvre a missionnaire aujourd’hui. Je rappelle encore ces paroles de St Jean Paul II : "Un chrétien souffre pour la justice quand, en échange de sa fidélité au Christ, il fait l’expérience des humiliations et des outrages, de la dérision dans son propre milieu de vie, incompris parfois même par les personnes qui lui sont les plus chères. Quand on s’expose à être contredit, quand on risque l’impopularité. Il y a le martyre du corps et celui de l’esprit, le martyre de notre vocation et celui de notre mission.”

Frères et sœurs bien-aimés, éclairés par l’enseignement de Jésus dans l’Evangile, nourris par l’Eucharistie, nous sommes non seulement appelés à accueillir le Christ et à le mettre au cœur de notre vie, mais également envoyés pour porter la joie de l'Evangile qui ouvre à l’espérance. De nombreux chrétiens s’organisent pour relayer son message à la télévision, la radio, la Presse, Internet et les divers moyens qui sont mis à notre disposition. Nous avons pu nous en rendre compte pendant la période du confinement. Le Christ compte sur l’engagement de chacun de nous pour que l’Évangile soit proclamé dans le monde entier.

La Bonne nouvelle de ce Dimanche c'est que Dieu ne nous abandonne pas ; au contraire, il prend soin de chacun de nous. "Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux". Il est à nos côtés dans notre combat contre les forces du mal. Son amour nous est acquit car, au-delà de la croix, se trouve la certitude de la résurrection que nous célébrons à chaque messe. Comme Jérémie, comme Paul et tant d'autres depuis plus de 2000 ans, nous sommes envoyés porter l'Evangile de la Vie et de l'Amour à la suite de Jésus.

Que l'Esprit Saint soit toujours avec nous pour nous aider à rendre compte de l'espérance qui nous anime. Que la Vierge Marie, "étoile de la nouvelle évangélisation,’ mère de Jésus au pieds de la croix, mère de l’Eglise naissance à la Pentecôte, nous stimule pour que notre paroisse soit réellement missionnaire !...

LECTURES DE LA MESSE

PREMIÈRE LECTURE

Lecture du livre du prophète Jérémie

Moi Jérémie,
    j’entends les calomnies de la foule :
« Dénoncez-le ! Allons le dénoncer,
celui-là, l’Épouvante-de-tous-côtés. »
Tous mes amis guettent mes faux pas, ils disent :
« Peut-être se laissera-t-il séduire...
Nous réussirons,
et nous prendrons sur lui notre revanche ! »
    Mais le Seigneur est avec moi, tel un guerrier redoutable :
mes persécuteurs trébucheront, ils ne réussiront pas.
Leur défaite les couvrira de honte,
d’une confusion éternelle, inoubliable.

    Seigneur de l’univers, toi qui scrutes l’homme juste,
toi qui vois les reins et les cœurs,
fais-moi voir la revanche que tu leur infligeras,
car c'est à toi que j’ai remis ma cause.

    Chantez le Seigneur, louez le Seigneur :
il a délivré le malheureux de la main des méchants.

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

R/ Dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi. (Ps 68, 14c)

C’est pour toi que j’endure l’insulte,
que la honte me couvre le visage :
je suis un étranger pour mes frères,
un inconnu pour les fils de ma mère.
L’amour de ta maison m’a perdu ;
on t’insulte, et l’insulte retombe sur moi.

Et moi, je te prie, Seigneur :
c’est l’heure de ta grâce ;
dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi,
par ta vérité sauve-moi.
Réponds-moi, Seigneur,
     car il est bon, ton amour ;
dans ta grande tendresse, regarde-moi.

Les pauvres l’ont vu, ils sont en fête :
« Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! »
Car le Seigneur écoute les humbles,
il n’oublie pas les siens emprisonnés.
Que le ciel et la terre le célèbrent,
les mers et tout leur peuplement !

DEUXIÈME LECTURE

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Romains

Frères,
    nous savons que par un seul homme,
le péché est entré dans le monde,
et que par le péché est venue la mort ;
et ainsi, la mort est passée en tous les hommes,
étant donné que tous ont péché.
    Avant la loi de Moïse, le péché était déjà dans le monde,
mais le péché ne peut être imputé à personne
tant qu’il n’y a pas de loi.
    Pourtant, depuis Adam jusqu’à Moïse,
la mort a établi son règne,
même sur ceux qui n’avaient pas péché
par une transgression semblable à celle d’Adam.
Or, Adam préfigure celui qui devait venir.

    Mais il n'en va pas du don gratuit comme de la faute.
En effet, si la mort a frappé la multitude
par la faute d’un seul,
combien plus la grâce de Dieu
s’est-elle répandue en abondance sur la multitude,
cette grâce qui est donnée en un seul homme,
Jésus Christ.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

Alléluia. Alléluia.
L’Esprit de vérité 
rendra témoignage en ma faveur, dit le Seigneur.
Et vous aussi, vous allez rendre témoignage.
Alléluia. (cf. Jn 15, 26b-27a)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

    En ce temps-là,
Jésus disait à ses Apôtres :
    « Ne craignez pas les hommes ;
rien n’est voilé qui ne sera dévoilé,
rien n’est caché qui ne sera connu.
    Ce que je vous dis dans les ténèbres,
dites-le en pleine lumière ;
ce que vous entendez au creux de l’oreille,
proclamez-le sur les toits.
    Ne craignez pas ceux qui tuent le corps
sans pouvoir tuer l’âme ;
craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne
l’âme aussi bien que le corps.
    Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ?
Or, pas un seul ne tombe à terre
sans que votre Père le veuille.
    Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés.
    Soyez donc sans crainte :
vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux.
    Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes,
moi aussi je me déclarerai pour lui
devant mon Père qui est aux cieux.
    Mais celui qui me reniera devant les hommes,
moi aussi je le renierai
devant mon Père qui est aux cieux. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

©AELF

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