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Homélies paroissiales
Homélie du 11 juillet 2021 par l'abbé Jean-Yves Poulailleau
Homélie du 11 juillet 2021 par l'abbé Jean-Yves Poulailleau
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Homélie du 11 juillet 2021 par l'abbé Jean-Yves Poulailleau

Quel contraste entre notre monde qui aime tant le bruit …

 

Homélie

 

Quel contraste entre notre monde qui aime tant le bruit et l’étonnante façon dont Jésus appelle et envoie ses apôtres !... Comme dans la première lecture, pour Amos occupé à garder son troupeau. Il n’a rien demandé, pourtant, Dieu parle au cœur d’Amos qui exerce le métier de bouvier et de cultivateur. Il est arraché à ses bœufs par l'appel de Dieu qui en fait son prophète. Le Seigneur l’envoie auprès de son peuple accablé et opprimé par les injustices sociales de ses dirigeants politiques et religieux. L’histoire de sa vocation souligne que c’est Dieu qui prend l’initiative d’appeler ceux qu’il choisit pour parler en son nom.

Après le prophète Amos, l’Evangile nous présente les 12 apôtres que Jésus choisit parmi ses disciples. Il les appelle personnellement et les envoie deux par deux. Ensemble, ils sont plus forts et seront reconnus à la façon dont ils s’aiment comme des frères en Christ, témoins de l’amour de Dieu. Jésus leur enseigne que leur façon de vivre doit parler de l’Evangile. Seuls, ils seraient vulnérables aux attaques et pourraient succomber à la tentation et au découragement. Comme le maître qu’ils ont accompagné sur les chemins de Galilée, ils sont devenus des nomades. L’heure est venue de commencer à propager l'Evangile, Bonne Nouvelle de Dieu qui nous aime d’un amour infini, Lui qui nous a donné la vie pour nous rendre heureux pour l'éternité.

Jésus les envoie sur les routes de l’humanité pour prophétiser en se conduisant comme des pasteurs. Il donne à ses apôtres "un pouvoir contre les esprits mauvais", mais les oblige à un état de pauvreté. Accepter une mission au service du Christ suppose d’avoir les mains vides, les poches vides ; se désencombrer de ce qu’on possède et de ce qu’on croit savoir pour être disposé au dialogue et à l’écoute de ceux vers qui on est envoyé.  Jésus leur ordonne de ne rien emporter pour la route, ni pain, ni sac, ni pièces de monnaie dans leur ceinture, ni tunique de rechange, si ce n'est un bâton, le bâton du pèlerin, le bâton du pasteur, comme la crosse de l’Evêque qui conduit le peuple de Dieu qui lui est confié.

Jésus tient à cette pauvreté, à cet abandon dans la main de Dieu. Ils sont pauvres, mais pas démunis, puisque Jésus leur confie le pouvoir de chasser les démons. Leur premier bagage, c’est donc l’autorité qu’il leur donne sur les esprits mauvais. Jésus ne leur donne pas un programme préétabli ; il les envoie prêcher la conversion des cœurs et pratiquer le ministère de guérison.

L'efficacité de la prédication de l’Evangile ne viendra pas d'influence humaines ou matérielles, mais du pouvoir de Dieu, de la foi et du témoignage du pasteur. A ce sujet, le pape Saint Jean Paul II écrivait : "Toute l'impulsion, l'énergie et l'abandon des évangélisateurs proviennent de la source qu'est l'Amour de Dieu inspiré dans nos cœurs par le don du Saint Esprit".

A ces deux figures, celle du prophète Amos et celles des apôtres que Jésus appelle et envoie, j’ajoute celle du Saint Curé d’Ars. Ce pauvre agriculteur devenu un humble curé de campagne nous est donné en exemple, non seulement comme pasteur, mais comme un prêtre ‘transparent à la grâce de Dieu’. Ce qui faisait dire à un paysan de l’époque : "Quand on était à côté de lui, on avait envie d’être meilleur".

L’un des prêtres successeurs de saint Jean Marie VIANNEY disait de lui : "Le curé d’Ars fût un saint prêtre non parce qu’il fit des choses extraordinaires, mais parce qu’il aima le Seigneur de tout son cœur".  Ce saint prêtre nous montre que c’est de Dieu que vient la grâce du renouveau spirituel pour les prêtres comme pour toute l’Eglise. 150 ans après sa mort, le pape émérite Benoît XVI en a fait le "Saint patron des prêtres du monde entier" qui avait coutume de dire : "Le sacerdoce, c’est l’amour du cœur de Jésus".

Chers frères et sœurs, chers paroissiens, à la lumière de l’Evangile de ce jour, par l’intercession de la Vierge Marie, Notre Dame du Sacerdoce, je vous invite à prier pour les nouveaux prêtres qui viennent d’être ordonnés en France et dans le monde. Nous avons la joie d’accueillir aujourd’hui, Baudoin qui vient d’être ordonné diacre en vue de l’ordination sacerdotale. Prions pour lui, pour les futurs prêtres, les 18 séminaristes de notre diocèse, pour notre évêque et les prêtres de notre diocèse.

Nous avons besoin de votre prière. Priez pour notre sanctification, pour que nous soyons des pasteurs selon le cœur de Dieu ; de bon collaborateur de notre évêque et de bons et fidèles serviteurs pour la portion du peuple de Dieu qui nous est confié.

Prions ensemble pour les vocations sacerdotales et religieuses. Prions aussi les uns pour les autres pour que chacun, selon la vocation qui est la sienne, puisse entendre l’Esprit Saint parler à son cœur afin d’être pour le monde d’aujourd’hui, disciple missionnaire de la foi, de l’espérance et de la charité fraternelle !...

Abbé Jean-Yves Poulailleau +

 

LECTURES DE LA MESSE

 

PREMIÈRE LECTURE

Lecture du livre du prophète Amos

En ces jours-là, 
    Amazias, prêtre de Béthel, dit au prophète Amos :
« Toi, le voyant, va-t’en d’ici, 
fuis au pays de Juda ; 
c’est là-bas que tu pourras gagner ta vie 
en faisant ton métier de prophète. 
    Mais ici, à Béthel, arrête de prophétiser ; 
car c’est un sanctuaire royal, 
un temple du royaume. »
    Amos répondit à Amazias : 
« Je n’étais pas prophète 
ni fils de prophète ; 
j’étais bouvier, et je soignais les sycomores. 
    Mais le Seigneur m’a saisi quand j’étais derrière le troupeau, 
et c’est lui qui m’a dit : 
‘Va, tu seras prophète pour mon peuple Israël.’ »

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

R/ Fais-nous voir, Seigneur, ton amour,
et donne-nous ton salut. (Ps 84, 8)

J’écoute : que dira le Seigneur Dieu ?
Ce qu’il dit, c’est la paix pour son peuple et ses fidèles.
Son salut est proche de ceux qui le craignent,
et la gloire habitera notre terre.

Amour et vérité se rencontrent,
justice et paix s’embrassent ;
la vérité germera de la terre
et du ciel se penchera la justice.

Le Seigneur donnera ses bienfaits,
et notre terre donnera son fruit.
La justice marchera devant lui, 
et ses pas traceront le chemin.

 

DEUXIÈME LECTURE

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens

    Béni soit Dieu, le Père
de notre Seigneur Jésus Christ !
Il nous a bénis et comblés
des bénédictions de l’Esprit,
au ciel, dans le Christ.

    Il nous a choisis, dans le Christ,
avant la fondation du monde,
pour que nous soyons saints, immaculés 
devant lui, dans l’amour.

    Il nous a prédestinés
à être, pour lui, des fils adoptifs
par Jésus, le Christ.

Ainsi l’a voulu sa bonté,
    à la louange de gloire de sa grâce,
la grâce qu’il nous donne
dans le Fils bien-aimé.

    En lui, par son sang,
nous avons la rédemption,
le pardon de nos fautes.

C’est la richesse de la grâce
que Dieu a fait déborder jusqu’à nous
en toute sagesse et intelligence. 

    Il nous dévoile ainsi le mystère de sa volonté,
selon que sa bonté l’avait prévu dans le Christ :
    pour mener les temps à leur plénitude,
récapituler toutes choses dans le Christ,
celles du ciel et celles de la terre.

    En lui, nous sommes devenus
le domaine particulier de Dieu,
nous y avons été prédestinés 
selon le projet de celui qui réalise tout ce qu’il a décidé :
il a voulu  que nous vivions 
à la louange de sa gloire,
nous qui avons d’avance espéré dans le Christ.

    En lui, vous aussi,
après avoir écouté la parole de vérité,
l’Évangile de votre salut,
et après y avoir cru,
vous avez reçu la marque de l’Esprit Saint.
Et l’Esprit promis par Dieu
    est une première avance sur notre héritage,
en vue de la rédemption que nous obtiendrons,
à la louange de sa gloire.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

Alléluia. Alléluia. 
Que le Père de notre Seigneur Jésus Christ      
ouvre à sa lumière les yeux de notre cœur,
pour que nous percevions l’espérance que donne son appel.
Alléluia.   (cf. Ep 1, 17-18)

Evangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
    Jésus appela les Douze ; 
alors il commença à les envoyer en mission deux par deux. 
Il leur donnait autorité sur les esprits impurs, 
    et il leur prescrivit de ne rien prendre pour la route, 
mais seulement un bâton ; 
pas de pain, pas de sac, 
pas de pièces de monnaie dans leur ceinture. 
    « Mettez des sandales, 
ne prenez pas de tunique de rechange. » 
    Il leur disait encore : 
« Quand vous avez trouvé l’hospitalité dans une maison, 
restez-y jusqu’à votre départ. 
    Si, dans une localité, 
on refuse de vous accueillir et de vous écouter, 
partez et secouez la poussière de vos pieds : 
ce sera pour eux un témoignage. » 
    Ils partirent, 
et proclamèrent qu’il fallait se convertir. 
    Ils expulsaient beaucoup de démons, 
faisaient des onctions d’huile à de nombreux malades, 
et les guérissaient.

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Saint Benoît

Benoît de Nursie, patriarche des moines d'Occident (✝ v. 547)

C'était un jeune noble de Nursie en Ombrie. A 15 ans, on l'envoie à Rome faire ses études, accompagné de sa nourrice. Rome est terrible aux âmes pures : tentations charnelles, tentations intellectuelles et politiques.
Benoît s'enfuit, car c'est "Dieu seul" qu'il cherche et il ne veut pas courir le risque de le perdre. Il aboutit à une caverne de Subiaco où un ermite accepte de lui servir de guide dans sa quête de Dieu. Benoît y médite de la meilleure façon de vivre pour trouver Dieu. Mais il est difficile de passer inaperçu quand on rayonne de sainteté.
 

Les moines d'un monastère voisin l'invitent à devenir leur Père abbé. Bien mal leur en a pris : il veut les sanctifier et les réformer. Ils en sont décontenancés et tentent de l'empoisonner.
Il retourne à sa caverne de Subiaco où des disciples mieux intentionnés viennent le rejoindre. Il les organise en prieuré et c'est ainsi que va naître la Règle bénédictine. La jalousie d'un prêtre les en chasse, lui et ses frères, et ils se réfugient au Mont-Cassin qui deviendra le premier monastère bénédictin.
Il y mourra la même année que sa sœur sainte Scholastique. Emportées au Moyen Age d'une manière assez frauduleuse, leurs reliques sont désormais sur les bords de la Loire, à Fleury sur Loire, devenu Saint Benoît sur Loire-45730.
 

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Saint patron de l'Europe: "Messager de paix,  fondateur de la vie monastique en Occident...
Lui et ses fils avec la Croix, le livre et la charrue, apporteront le progrès chrétien aux populations s'étendant de la Méditerranée à la Scandinavie, de l'Irlande aux plaines de Pologne" (Paul VI 1964)

"L'Europe retrouve l'espérance lorsque l'homme est au centre de ses institutions. Saint Benoît, priez pour nous!" tweet du pape François le 11 juillet 2018, VaticanNews.
Père du monachisme, patron de l'Europe: La catéchèse le 9 avril 2008 a été consacrée à la figure de saint Benoît de Nursie, "le père du monachisme occidental, dont la vie et les œuvres imprimèrent un mouvement fondamental à la civilisation et à la culture occidentale. La source principale pour approcher la vie de Benoît est le second livre des Dialogues de saint Grégoire le grand, qui présente le moine comme un astre brillant indiquant comment sortir "de la nuit ténébreuse de l'histoire", d'une crise des valeurs et des institutions découlant de la fin de l'empire romain. Son œuvre et la règle bénédictine ont exercé une influence fondamentale pendant des siècles dans le développement de la civilisation et de la culture en occident, bien au-delà de son pays et de son temps. Après la fin de l'unité politique il favorisa la naissance d'une nouvelle Europe, spirituelle et culturelle, unie par la foi chrétienne commune aux peuples du continent".
"Benoît naquit vers 480 dans une famille aisée qui l'envoya à Rome pour ses études. Mais avant de les avoir terminées, il gagna une communauté monastique dans les Abruzzes. Trois ans plus tard il gagnait une grotte de Subiaco dans laquelle il vécut isolé trois ans... résistant aux habituelles tentations humaines comme l'auto-affirmation de soi et le nombrilisme, la sensualité, la colère et la vengeance. Sa conviction -a précisé le Saint-Père- était que seul après avoir dominé ces épreuves" il aurait été en mesure d'aider autrui. En 529, Benoît fonda l'ordre monastique qui porte son nom et se transporta à Montecassino, site élevé et visible de loin. "Selon saint Grégoire, ce choix symbolique voulait dire que si la vie monastique trouve sa raison d'être dans l'isolement, le monastère a également une fonction publique dans la vie de l'Église comme de la société".
Toute l'existence de Benoît de Nursie, a dit le Pape, "est imprégnée de la  prière, qui fut le fondement de son œuvre, car sans elle il n'y a pas expérience de Dieu. Son intériorité n'était cependant pas détachée de la réalité et, dans l'inquiétude et la confusion de son temps, Benoît vivait sous le regard de Dieu, tourné vers lui, tout en étant attentif aux devoirs quotidiens envers les besoins concrets des gens". Il mourut en 547 et sa règle donne des conseils qui, au-delà des moines, sont utiles pour qui chemine vers Dieu."Par sa mesure, son humanité et son clair discernement entre l'essentiel et le secondaire en matière spirituelle, ce texte reste éclairant jusqu'à nos jours".
En 1964 Paul VI fit de Benoît le saint patron de l'Europe, de ce continent qui, profondément blessé car "à peine sorti de deux guerres et de deux idéologies tragiques, était à la recherche d'une nouvelle identité. Pour forger une nouvelle unité stable les moyens politiques, économiques et juridiques sont importants. Mais il faut trouver un renouveau éthique et spirituel tiré des racines chrétiennes de l'Europe. Sans cette lymphe vitale, l'homme reste exposé au danger de succomber à la vieille tentation de se racheter tout seul...ce qui est que la vielle utopie du XXe siècle européen...qui a provoqué un recul sans précédent dans une histoire humaine déjà tourmentée". (Source: VIS 080409 540)
L'église abbatiale de Fleury a pris le vocable de St-Benoît lorsque les reliques du Saint furent ramenées du Mont Cassin en 703. La première en France a avoir suivi la règle de St-Benoît. (diocèse d'Orléans)
Pourquoi l'Église a-t-elle choisi des saints patrons pour l'Europe? Qui sont-ils et qu'ont-ils fait pour l'Europe?
...Saint Benoît, proclamé patron de l'Europe par Paul VI en 1964, saint Cyrille et Méthode proclamés copatrons en 1980 par Jean-Paul II et trois saintes proclamées copatronnes de l'Europe en 1999 par Jean-Paul II : sainte Brigitte de Suède, sainte Catherine de Sienne et sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix (Edith Stein)...
A voir: Le retable de saint Benoît de Nurcie à l'abbaye d'En Calcat (diocèse d'Albi)
- Des internautes nous disent:
"décédé le 21 mars. Comme le 21 mars tombait souvent en carême, dès le VIIIe siècle, il est fêté le 11 juillet date de la célébration de la translation des reliques à Fleury/Saint-Benoît-sur-Loire"
- Voir aussi:
Médaille de saint Benoît (en anglais)
Vie de Saint Benoît telle que la rapporte son biographe, Saint Grégoire le Grand (abbaye Saint-Benoît-du-Lac)
Mémoire (en Europe: Fête) de saint Benoît, abbé. Né à Nursie en Ombrie, après des études à Rome, il commença par vivre en ermite à Subiaco, rassembla autour de lui de nombreux disciples, puis s'établit au Mont-Cassin, où il fonda un monastère célèbre et composa une Règle, qui se répandit dans toutes les régions, au point qu'il mérite d'être appelé patriarche des moines d'Occident. La tradition place sa mort le 21 mars 547, mais dès le VIIIe siècle, on a célébré sa mémoire en ce jour.

Quand tu entreprends une bonne action, demande lui par une très instante prière qu'il la parachève. Alors celui qui a daigné nous compter au nombre de ses fils n'aura pas un jour à s'attrister de nos mauvaises actions.

Règle de saint Benoît - Prologue

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