0
Homélies paroissiales
Homélie de la Toussaint, par l'abbé Alexandre Marie Robineau
Homélie de la Toussaint, par l'abbé Alexandre Marie Robineau
© &

| Webmaster 2013 mots

Homélie de la Toussaint, par l'abbé Alexandre Marie Robineau

Dimanche 1er novembre 2020 (audio et texte)

Homélie

Toussaint 2020

Chers frères et sœurs bien-aimés de Jésus Christ,

St Théophane Vénard, saint martyr du Tonkin en 1861, que j’aime bien (j’ai toujours une relique de lui sur moi !) et dont parle Ste Thérèse dans ses lettres, disait souvent cette petite phrase au milieu des persécutions : « Vive la joie quand même ! ». C’était sa devise ! Devise qui fait écho aux Béatitudes de l’évangile de cette fête de la Toussaint ! Mais une Toussaint un peu spéciale cette année… même si, malheureusement, on commence presque à s’habituer à l’exceptionnel et au tragique…

Cette fête de la Toussaint tombe à pic ! La Toussaint c’est notre fête à tous, nous qui sommes appelés à la sainteté… Nous sommes membres de l’Eglise des Saints… « Les Saints », c’est comme ça que les premiers chrétiens s’appelaient… et là, ça tombe bien, pourrait-on dire, nous n’avons pas ni plus le choix, nous devons être saints !! Être saint aujourd’hui, dans la foi et l’espérance, et dans la joie des béatitudes ! 

1/ Aujourd’hui

Oui, chers amis, trop souvent nous rêvons une éventuelle sainteté avec des schémas anciens et passés, ou en projection idéalisée, en oubliant notre présent qui est le cadre que Dieu nous donne pour être saint aujourd’hui, pas plus difficile ou facile qu’hier ! Notre époque et notre temps avec ce qu’ils ont de similaire ou de différent, sont vraiment ce lieu où Dieu aujourd’hui nous appelle à être saint ! Avec cette réalité qui aujourd’hui fait notre vie, nous sommes invités à discerner les traces et les grâces de Dieu pour engager toute notre volonté, tout notre être, toute notre personne dans ce chemin de sainteté !

Et ce chemin passe toujours par la nuit et les ténèbres, par l’épreuve de la croix ! Ce chemin de sainteté est toujours un combat à mener dont seul le Christ est vainqueur ! Ce qui compte c’est de mener ce combat ! Comme le disait St François de Sales : « Nous serons toujours vainqueur, pourvu que nous voulions combattre » ! Le combat est le chemin de la sainteté chrétienne ! Avec les armes dont parle St Paul dans la lettre aux éphésiens, entendue jeudi dernier à la messe : Les armes de la foi, du salut, de l’Esprit, de la justice, de l’ardeur à annoncer l’Evangile de la paix, etc. (Eph 6, 10-20). Et ce combat aujourd’hui comme hier pour la sainteté passe par la charité, par cet amour inconditionnel par lequel nous nous donnons à Dieu et aux autres comme le Christ !

Cette charité et cet amour chrétien comme le Christ et à sa suite, ne sont ni naïveté, ni idéalisme, ni irénisme, ni faux pacifisme ! Cette sainteté chrétienne nécessite de discerner, de faire preuve de sagesse et de bon sens, dans une vraie et profonde prière chrétienne vécue chaque jour. Nous ne sommes ni Charlie, ni charia ! La liberté ne peut pas être dissociée de la charité et de la vérité, et elle a des limites sinon c’est une idole ! Nous sommes saints de la sainteté du Christ dans l’Eglise déjà sainte, et cette sainteté passe par ce combat de la charité et de l’amour que nous devons mener aujourd’hui plus que jamais ! Sans crainte et avec détermination ! 

2/ Saints aujourd’hui dans la foi et l’espérance !

Les Béatitudes que nous avons entendues sont le début du discours sur la montagne, le discours évangélique, le discours sur la foi que prononce Jésus. (En St Matthieu, il y a 5 grands discours de Jésus : évangélique, apostolique, parabolique, ecclésiastique et eschatologique : à étudier c’est passionnant !)

Par ces Béatitudes, Jésus veut tout de suite nous inviter à la foi, à avoir la foi, à avoir foi en lui, le Messie, l’unique Sauveur, le Fils de Dieu ! En ce temps éprouvant, avons-nous la foi ? Avons-nous confiance en Jésus Christ ? Ou bien avons-nous peur sans cesse et de tout ?

Oui, les Béatitudes nous invitent à avoir la foi et donc à voir au-delà des apparences sensibles, des sentiments qui peuvent piéger… et donc à lancer dans le Ciel, près de Dieu, l’ancre de l’espérance pour tenir bon dans la tempête ! St Jean nous l’a dit dans la seconde lecture : « et quiconque met en Jésus une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur ! » L’espérance d’être semblable à Dieu, d’être comme Dieu, et de partager sa vie divine, son éternité, sa joie totale, sa béatitude, c’est-à-dire voir Dieu tel qu’il est !

« Heureux êtes-vous » !! Cet appel à la joie, à être heureux, est permanent dans l’Evangile ! Jésus veut qu’on soit heureux et remplis de joie ! Dans le Ciel et déjà maintenant !

Mais attention, cette joie-là, ces béatitudes, ce n’est pas l’éclate humaine et mondaine ! Ce n’est pas l’occasion de s’éclater, de s’enfermer dans un plaisir égoïste et individualiste, dans une frénésie de consommation, d’artifices, de passions désordonnées, de céder à ses pulsions, ses envies ou ses fantasmes ! ça ce sont tous les pièges qui laissent un goût amer, qui vident et détruisent au final la personne humaine. C’est du vent. C’est de la mode donc ça se démode ! ça passe, ça change…

Effectivement, à première vue, la croix ce n’est pas très sexy ! Pas très attirant ni séduisant ! Mais c’est justement le chemin escarpé de la sainteté pour une éclate totale dans le Ciel avec Dieu et tous les saints ! Et quand on pleure maintenant pour la justice, pour l’amour, pour le service et le don de soi, quand on se sacrifie pour la vérité et la liberté, et bien nous serons consolés, et nous le sommes déjà si nous avons la foi et l’espérance dans le Christ Jésus vivant et présent avec nous ! Alors pour cela, et pour être saint, il nous faut nous centrer sur l’essentiel, la vie avec le Christ Jésus, source de toute joie ! 

3/ La joie des béatitudes…

…pour vivre cette sainteté aujourd’hui !

La joie chrétienne, la joie parfaite des Béatitudes n’est pas celle du monde. C’est la joie parfaite de St François d’Assise, qui rejeté par ses frères, goûte à cette union du cœur avec le Christ en croix ! La joie des béatitudes avec et dans Jésus passe par la Croix ! Il n’y a pas d’autre chemin ! Il n’y a pas le choix !

Les Béatitudes ne sont pas un programme. Elles sont incarnées et vécues par Jésus lui-même ! Jésus est les Béatitudes ! Et Jésus n’est pas venu répondre à nos grandes questions existentielles devant les injustices et les absurdités de la souffrance et de la mort ! Mais il est venu pour les vivre lui-même ! Pour partager notre existence jusqu’au bout ! Et ça change tout !

Et c’est pour cela qu’il nous faut, comme dans l’Apocalypse (texte qui aujourd’hui pour nous tous prend un autre relief et un sens bien incarné !), il nous faut rendre grâce à Dieu sans cesse, même au milieu des persécutions et des épreuves : « Louange, gloire, sagesse et action de grâce, honneur, puissance et force à notre Dieu ! » Et nous devons être saints et saintes avec nos robes blanchies dans le sang de l’Agneau pascal !

« Vive la joie quand même ! » disait St Théophane ! Il disait également : « Quand on travaille pour Dieu, on a le cœur à l’aise ». Pour lui, la recherche de la joie et la lutte contre la tristesse sont un combat à mener constamment, quelles que soient les épreuves. Et St Théophane disait encore dans une lettre à son frère : « Il n’y a que peu d’utilité dans la tristesse, de sorte qu’au sein de l’abattement et du dégoût et de toute espèce de souffrances, il faut prendre son cœur à deux mains et lui faire crier malgré lui : « Vive la joie quand même !» 

Alors, chers amis, prenons le temps, aujourd’hui et chaque jour de nous réjouir profondément et vraiment d’être appelés à la sainteté, c’est-à-dire de vivre de l’amour de Dieu pour maintenant, quelques soient les épreuves, et de rendre grâce sans cesse ! De goûter à la joie des béatitudes, joie déjà donnée aujourd’hui, et encore plus à vivre demain si nous demeurons fidèles à l’action de grâce, dans la foi et l’espérance !

Demandons à la Vierge Marie, Reine du Ciel, toute sainte, toute pure, pleine de grâces, de nous montrer ce chemin de la sainteté, elle qui est demeurée fidèle au pied de la croix, dans l’espérance de la résurrection au milieu de la nuit de la souffrance…

Je Vous Salue Marie.

Amen.

« Vive la joie quand même ! »

Abbé Alexandre-Marie ROBINEAU +

LECTURES DE LA MESSE

 

PREMIÈRE LECTURE

Lecture de l'Apocalypse de saint Jean

Moi, Jean,
    j’ai vu un ange
qui montait du côté où le soleil se lève,
avec le sceau qui imprime la marque du Dieu vivant ;
d’une voix forte, il cria aux quatre anges
qui avaient reçu le pouvoir de faire du mal à la terre et à la mer :
    « Ne faites pas de mal à la terre,
ni à la mer, ni aux arbres,
avant que nous ayons marqué du sceau
le front des serviteurs de notre Dieu. »
    Et j’entendis le nombre de ceux qui étaient marqués du sceau :
ils étaient cent quarante-quatre mille,
de toutes les tribus des fils d’Israël.

    Après cela, j’ai vu :
et voici une foule immense,
que nul ne pouvait dénombrer,
une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues.
Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau,
vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main.
    Et ils s’écriaient d’une voix forte :
« Le salut appartient à notre Dieu
qui siège sur le Trône
et à l’Agneau ! »
    Tous les anges se tenaient debout autour du Trône,
autour des Anciens et des quatre Vivants ;
se jetant devant le Trône, face contre terre,
ils se prosternèrent devant Dieu.
    Et ils disaient :
« Amen !
Louange, gloire, sagesse et action de grâce,
honneur, puissance et force
à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen ! »
    L’un des Anciens prit alors la parole et me dit :
« Ces gens vêtus de robes blanches,
qui sont-ils, et d’où viennent-ils ? »
    Je lui répondis :
« Mon seigneur, toi, tu le sais. »
Il me dit :
« Ceux-là viennent de la grande épreuve ;
ils ont lavé leurs robes,
ils les ont blanchies par le sang de l’Agneau. »

    – Parole du Seigneur.

 

PSAUME

R/ Voici le peuple de ceux qui cherchent ta face, Seigneur. (cf. Ps 23, 6)

Au Seigneur, le monde et sa richesse,
la terre et tous ses habitants !
C’est lui qui l’a fondée sur les mers
et la garde inébranlable sur les flots.

Qui peut gravir la montagne du Seigneur
et se tenir dans le lieu saint ?
L’homme au cœur pur, aux mains innocentes,
qui ne livre pas son âme aux idoles.

Il obtient, du Seigneur, la bénédiction,
et de Dieu son Sauveur, la justice.
Voici le peuple de ceux qui le cherchent !
Voici Jacob qui recherche ta face !

 

DEUXIÈME LECTURE

Lecture de la première lettre de saint Jean

Bien-aimés,
    voyez quel grand amour nous a donné le Père
pour que nous soyons appelés enfants de Dieu
– et nous le sommes.
Voici pourquoi le monde ne nous connaît pas :
c’est qu’il n’a pas connu Dieu.
    Bien-aimés,
dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu,
mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté.
Nous le savons : quand cela sera manifesté,
nous lui serons semblables
car nous le verrons tel qu’il est.
    Et quiconque met en lui une telle espérance
se rend pur comme lui-même est pur.

    – Parole du Seigneur.

 

ÉVANGILE

Alléluia. Alléluia.
Venez à moi,
vous tous qui peinez sous le poids du fardeau,
dit le Seigneur,
et moi, je vous procurerai le repos.
Alléluia. (Mt 11, 28)

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
    voyant les foules, Jésus gravit la montagne.
Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.
    Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait.
Il disait :
    « Heureux les pauvres de cœur,
car le royaume des Cieux est à eux.
    Heureux ceux qui pleurent,
car ils seront consolés.
    Heureux les doux,
car ils recevront la terre en héritage.
    Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice,
car ils seront rassasiés.
    Heureux les miséricordieux,
car ils obtiendront miséricorde.
    Heureux les cœurs purs,
car ils verront Dieu.
    Heureux les artisans de paix,
car ils seront appelés fils de Dieu.
    Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice,
car le royaume des Cieux est à eux.
    Heureux êtes-vous si l’on vous insulte,
si l’on vous persécute
et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous,
à cause de moi.
    Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse,
car votre récompense est grande dans les cieux ! »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

© AELF

Répondre à () :


Captcha