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Homélies paroissiales
Homélie 4ème dimanche de Pâques par l'abbé Alexandre-Marie Robineau
Homélie 4ème dimanche de Pâques par l'abbé Alexandre-Marie Robineau
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Homélie 4ème dimanche de Pâques par l'abbé Alexandre-Marie Robineau

Homélie

Chers frères et sœurs bien-aimés de Jésus Christ,

Aujourd’hui, 25 avril, c’est donc aussi la St Marc, qui, comme tout le monde le sait, est représenté par… ?? Alors ? Le lion… et oui, facile… faites le lien… St Marc est enterré à la basilique St…Marc de Venise, près de la place St Marc… visualisez le logo du café « San Marco » avec le lion vénitien… On pense que St Marc serait ce jeune homme qui aurait fui tout nu au moment de l’arrestation de Jésus au jardin des oliviers (Mc 14, 51-52)… bref, la honte ! Comme les autres disciples et apôtres, en gros, tous des « pauvres types » ! Tous de simples pécheurs de poissons pas frais, un agent fiscal corrompu, et surtout des traitres, des renégats, des lâches, des bras-cassés et des persécuteurs de chrétiens comme St Paul ! On peut vraiment dire qu’en matière de casting, le Bon Dieu, c’est zéro ! Il n’a pas choisi des X-Mens ou des super héros !!!

Mais, alors s’est-il planté ? Et pourquoi ces choix ?

Benoît XVI racontait cette anecdote d’un prêtre, dans une petite paroisse bavaroise, brillant, parlant bien, ayant une certaine forme de succès, mais pas de vocation en ce lieu pendant son ministère, et un autre prêtre qui lui a succédé, qui était timide, discret, pas très à l’aise mais qui en revanche, priait et célébrait avec foi en vivant son sacerdoce de manière profonde. Et c’est pendant la présence de ce dernier prêtre qu’il y a eu de nombreuses vocations dans ce village… La logique de Dieu ne semble pas être la logique du monde…

En ce dimanche du Bon Pasteur et des vocations, j’aimerai justement vous parler des vocations sacerdotales et l’importance de prier pour avoir des prêtres et des saints prêtres. Pourquoi ? Voyons cela…

 

1/ Un choix de Dieu sans voix

Une vocation particulière comme celle d’un prêtre (mais aussi pour un religieux, une religieuse, une vie consacrée) vient du choix de Dieu, d’un appel de Dieu. C’est une élection : Dieu choisi, Dieu appelle.

D’abord parce que c’est Dieu qui nous a aimés le premier. C’est toujours lui qui a l’initiative. C’est le primat de la grâce. Nous sommes enfants de Dieu parce que Dieu d’abord nous aime ! Parce que Dieu d’abord, le premier, nous a créés, qu’Il nous sauve et nous recréée dans son amour et sa miséricorde !

Donc le choix de Dieu c’est un choix d’amour. Et l’élection divine n’est jamais d’ordre privé. Jamais ! Dieu ne donne pas des talents ou ne choisi pas quelqu’un pour un confort individuel, comme un privilège ou un pouvoir. Jamais ! C’est une responsabilité, un service et un devoir envers le Corps tout entier, pour le bien de tous ! Le peuple d’Israël est choisi et élu par Dieu en vue de toutes les Nations, pour toute l’humanité ! Jésus est l’Elu de Dieu, le Messie, le Christ, le Bon Pasteur, en vue d’apporter le salut à tous les hommes pour qu’ils soient sauvés ! Pour le bien de toutes les brebis ! Quand Marie dit « oui » à Dieu, ce n’est pas pour elle-même, mais c’est pour toute l’Eglise et toute l’humanité ! Le choix de Dieu c’est donc par amour et donc par la croix en vue de s’offrir et de souffrir pour le bien du Corps entier…

Ce choix de Dieu est donc un choix d’amour pour un grand bien. C’est un chemin de joie et de liberté profonde et véritable… Mais le problème c’est que tout est fait aujourd’hui pour parasiter la voix de Dieu ! Le choix de Dieu est sans voix ! Car sans vie de prière, sans vie intérieure, sans silence, il est impossible d’entendre Dieu parler et appeler, et on passe à côté du chemin de vie à la suite du Bon Pasteur !!

C’est pourquoi chers jeunes, entre 16 et 30 ans (à peu près, mais aussi pour toute la vie, et pour vous tous), il est fondamental et essentiel de vivre 4 points : la prière quotidienne, la messe chaque dimanche, la confession chaque mois et l’accompagnement spirituel régulier pour pouvoir vraiment prendre les moyens d’écouter Dieu, de vivre dans la grâce sacramentelle et pour avancer sur votre chemin de vie et votre vocation… Et moi, par exemple, en principe, je ne dis jamais « non » (même si je manque de temps !) à un jeune qui me demande de l’accompagner spirituellement parce que les enjeux sont trop importants…

Et il faut, chers jeunes, cultiver en soi, en son cœur, de grands désirs de vie et de sens, attiser sa soif de vérité et de justice, les grands désirs d’absolu que Dieu a mis dans votre cœur… et que Dieu seul peut rassasier et combler… Ne vous contentez pas de la médiocrité et du nivellement par le bas qui sont partout autour de nous aujourd’hui, mais visez haut : visez la vie avec Jésus, une vie de joie et de pleine liberté ! Donnez de la voix au choix de Dieu et à son amour pour vous !

 

2/ Un don de Dieu

« Donner sa vie ! ». Ah bon sang ! Il n’y a rien de plus beau, de plus grand, de plus haut que de donner sa vie !! Pas pour n’importe quoi ou n’importe qui !! Mais pour le Christ et avec le Christ, donc pour l’amour et dans l’amour afin d’être vraiment libre et d’être habité de la vraie joie !!

Dans l’Evangile que nous avons entendu, à 5 reprises il est précisé que Jésus donne sa vie ! 5 fois ! C’est donc plus qu’une insistance !

Nous sommes tous faits pour nous donner : c’est notre raison de vivre, notre raison d’être ! Le fait de nous donner doit nous combler ! Se vider de soi pour mieux se remplir de l’amour de Dieu !

Et certains sont appelés par Dieu à un don plus radical et plus total afin d’être signe de l’amour infini de Dieu ! Pour montrer que cet amour de Dieu n’a pas de limite ! Et cet infini de l’amour du don de Dieu prend notamment forme à travers les limites humaines des pauvretés du prêtre ! C’est très paradoxal ! On ne devient pas prêtre parce qu’on est meilleur que les autres ou qu’on serait parfait ! Sinon, je ne serai pas là devant vous ! Je suis tout sauf parfait : je suis mauvais joueur notamment au foot, je fais des blagues pas drôles, je suis impatient et insupportable en voiture, etc. la liste serait trop longue !! Je vais me confesser demain…

Le Seigneur nous demande à moi et à nous tous non pas d’être parfaits mais d’être saints ! C-à-d de laisser la grâce de la puissance d’amour de Dieu agir à travers mes faiblesses et mes pauvretés ! C’est là que Dieu sauve et c’est ça la source de ma joie la plus profonde !

Chers frères et sœurs, en cette neuvaine pour les vocations, il vous faut redoubler de prière pour vos prêtres afin qu’ils soient de saints prêtres car un saint prêtre qui laisse passer Dieu permet à Dieu de faire un bien inouï dans les cœurs et les âmes de tant et tant de personnes… priez pour que vos prêtres se donnent comme le Christ, Bon Pasteur, et pour que Dieu donne de saints prêtres à notre Eglise… cela changera le monde en bien !! Et chers jeunes, donnez-vous ! Donnez-vous comme Jésus et Dieu fera des merveilles !

 

3/ Enfin une présence nécessaire et indispensable

Le prêtre, le ministre ordonné, configuré au Christ-Tête, est nécessaire et indispensable à l’Eglise sinon il y a le risque que l’Eglise soit autocentrée sur elle-même et s’organise comme elle veut, en se donnant à elle-même son « Jésus » qu’elle se fabrique… La nécessité du prêtre, notamment pour l’eucharistie et la confession, montre la nécessité du Christ et que « sans lui nous ne pouvons rien faire ! ». C’est le seule vraie bonne addiction qui rend libre : « Jesus addict » ! Et ainsi l’Eglise n’est ni une ONG ni un club ou une association ! Mais c’est l’Eglise du Christ : Peuple de Dieu, Corps du Christ, Temple de l’Esprit Saint !

Et cela se vérifie notamment par cette nécessité d’avoir des prêtres pour recevoir les dons immenses de Dieu que sont son Corps et son Sang, sa Parole, son Pardon, bref Sa Vie et Son Amour infinis !

Un Peuple de Dieu, une communauté chrétienne qui ne donne plus ni de prêtre ni de vocation religieuse, c’est une communauté qui n’a plus la foi, qui ne vit plus la vraie foi en Christ ! Elle a tout nivelé par le bas et elle croit plus en elle-même qu’en Dieu ! Elle se suffit à elle-même et elle n’a plus besoin du Christ…

Même, dans l’histoire, des communautés qui ont, par la force des choses, manquées de prêtres comme au Japon pendant 250 ans ou maintenant dans des zones reculées d’Afrique ou d’Amazonie, elles gardent un lien spirituel viscéral et vital avec leur pasteur, même en son absence ! C’est ce qui incarne ce lien indispensable avec le Christ, Tête de l’Eglise, le Bon Pasteur qui conduit son peuple vers la Vie éternelle…

 

Et je finirai en cette journée souvenir des déportés par parler de la figure d’un saint prêtre et pasteur qui a donné sa vie à l’exemple du Christ : celle de St Maximilien-Marie Kolbe, mort à Auschwitz le 14 août 1941. Il a donné sa vie à la place d’un autre déporté qui était père de famille, et il a été condamné avec d’autres à mourir de faim dans une prison. Et jusqu’au bout, il les a soutenus l’un après l’autre, en chantant des cantiques de louange à Dieu. Le témoignage des gardiens parle d’une lumière et d’un parfum incroyables qui se dégageaient de ce cachot immonde… Et St Maximilien Kolbe devait sa foi à sa prière confiante en la Vierge Marie ! Avec lui, avec St Marc, maintenant, confions nous à Marie et demandons-lui de donner de saints prêtres et pasteurs à notre Eglise pour que l’Evangile continue d’être proclamé et l’Eucharistie d’être célébrée pour la Gloire de Dieu et le salut du monde ! Amen.

Abbé Alexandre-Marie ROBINEAU +

 

LECTURES DE LA MESSE

 

PREMIÈRE LECTURE

Lecture du livre des Actes des Apôtres

En ces jours-là,
Pierre, rempli de l’Esprit Saint, déclara :
« Chefs du peuple et anciens,
nous sommes interrogés aujourd’hui
pour avoir fait du bien à un infirme,
et l’on nous demande comment cet homme a été sauvé.
Sachez-le donc, vous tous,
ainsi que tout le peuple d’Israël :
c’est par le nom de Jésus le Nazaréen,
lui que vous avez crucifié
mais que Dieu a ressuscité d’entre les morts,
c’est par lui que cet homme
se trouve là, devant vous, bien portant.
Ce Jésus est la pierre méprisée de vous, les bâtisseurs,
mais devenue la pierre d’angle.
En nul autre que lui, il n’y a de salut,
car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes,
qui puisse nous sauver. »

– Parole du Seigneur.

 

PSAUME

R/ La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle.
ou : Alléluia ! (Ps 117, 22)

Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !
Mieux vaut s’appuyer sur le Seigneur
que de compter sur les hommes ;
mieux vaut s’appuyer sur le Seigneur
que de compter sur les puissants !

Je te rends grâce car tu m’as exaucé :
tu es pour moi le salut.
La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.

Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient !
De la maison du Seigneur, nous vous bénissons !
Tu es mon Dieu, je te rends grâce,
mon Dieu, je t’exalte !
Rendez grâce au Seigneur : Il est bon !
Éternel est son amour !

 

DEUXIÈME LECTURE

Lecture de la première lettre de saint Jean

Bien-aimés,
voyez quel grand amour nous a donné le Père
pour que nous soyons appelés enfants de Dieu
– et nous le sommes.
Voici pourquoi le monde ne nous connaît pas :
c’est qu’il n’a pas connu Dieu.
Bien-aimés,
dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu,
mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté.
Nous le savons : quand cela sera manifesté,
nous lui serons semblables
car nous le verrons tel qu’il est.

– Parole du Seigneur.

 

ÉVANGILE

Alléluia. Alléluia.
Je suis le bon pasteur, dit le Seigneur ;
je connais mes brebis
et mes brebis me connaissent.
Alléluia. (Jn 10, 14)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
Jésus déclara :
« Moi, je suis le bon pasteur, le vrai berger,
qui donne sa vie pour ses brebis.
Le berger mercenaire n’est pas le pasteur,
les brebis ne sont pas à lui :
s’il voit venir le loup,
il abandonne les brebis et s’enfuit ;
le loup s’en empare et les disperse.
Ce berger n’est qu’un mercenaire,
et les brebis ne comptent pas vraiment pour lui.
Moi, je suis le bon pasteur ;
je connais mes brebis,
et mes brebis me connaissent,
comme le Père me connaît,
et que je connais le Père ;
et je donne ma vie pour mes brebis.
J’ai encore d’autres brebis,
qui ne sont pas de cet enclos :
celles-là aussi, il faut que je les conduise.
Elles écouteront ma voix :
il y aura un seul troupeau
et un seul pasteur.
Voici pourquoi le Père m’aime :
parce que je donne ma vie,
pour la recevoir de nouveau.
Nul ne peut me l’enlever :
je la donne de moi-même.
J’ai le pouvoir de la donner,
j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau :
voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

Saint Marc

Un des quatre évangélistes (Ier siècle)

 

Second dans l'ordre des évangiles synoptiques, serait-il l'inventeur du genre évangélique ? C'est possible puisque son livre, en mauvais grec, semé de sémitismes, fut composé très tôt à Rome, selon les données orales de Saint Pierre. Sans doute au plus tard en 70. L'auteur en serait le jeune Jean, surnommé Marc, fils de Marie chez qui la première communauté chrétienne de Jérusalem se réunissait pour prier (Actes 12. 12). Il accompagne Paul et Barnabé dans leur mission à Chypre. Peu après, il refuse de suivre Paul, en partance pour l'Asie Mineure. Il préfère rentrer à Jérusalem. Saint Paul lui en voudra, un moment, de ce lâchage : il préféra se séparer de Barnabé plutôt que de reprendre Marc (Acte 15. 39) Mais Marc se racheta et deviendra le visiteur du vieux prisonnier à Rome. Dans le même temps, saint Pierre le traite comme un fils (1ère lettre de Pierre 5. 13). Certains considèrent que saint Marc aurait été l'évangélisateur de l'Egypte. Ce n'est pas invraisemblable. D'autres affirment que son corps serait désormais à Venise. Après tout, pourquoi pas ? En tous cas, il fut un fidèle secrétaire pour saint Pierre dont il rédigea les "Mémoires", qui sont l'évangile selon saint Marc, à l'intention des Romains.
De Jérusalem, il suivit d'abord saint Paul dans ses voyages missionnaires, puis s'attacha aux pas de saint Pierre, qui l'appelait son fils et dont, selon la tradition, il recueillit dans son Évangile la catéchèse aux Romains. Il aurait enfin fondé l'Église d'Alexandrie.

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