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Homélies paroissiales
Homélie du dimanche 27 décembre 2020 (Sainte Famille) par l'abbé A M Robineau
Homélie du dimanche 27 décembre 2020 (Sainte Famille) par l'abbé A M Robineau
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Homélie du dimanche 27 décembre 2020 (Sainte Famille) par l'abbé A M Robineau

Homélie

Dimanche de la Sainte Famille

27 décembre 2020 

 

 

Homélie du dimanche 27 décembre 2020 (Sainte Famille) par l'abbé A M Robineau © a

 

Chers frères et sœurs bien-aimés du Christ,

Comme ici pour Abraham dans la première lecture, le Seigneur, à de nombreuses reprises dans la Bible, nous invite à ne pas avoir peur : « ne crains pas » ! Et cela continue pour nous aujourd’hui. Le Seigneur nous le dit : « ne craignez pas » ! Malgré les attaques, les incertitudes, les tensions, etc. nous ne devons pas avoir peur ! C’est une invitation aussi pour nous à connaître l’Eglise et l’histoire de l’Eglise en ayant foi dans son mystère et avec deux attitudes à cultiver : dédramatiser et relativiser l’actualité (l’Eglise en a vu d’autres chers amis !), mais aussi s’engager et combattre, aujourd’hui et maintenant, là où Dieu nous a plantés pour porter du fruit dans ce monde ! Et en ce dimanche où nous fêtons la Sainte Famille de Nazareth, c’est une invitation pour chacun de nous, en cette octave de la nativité, à redoubler de foi et d’espérance en nous centrant sur la Révélation, en accueillant la prophétie et en vivant une vraie fécondité. 

1/ D’abord en nous centrant sur la Révélation biblique :

Même si on en revient un peu, il y a eu et il y a toujours une forte tendance à n’avoir qu’une vision culturelle sur la Parole de Dieu, en l’accusant d’avoir été écrite dans un contexte archaïque et dépassé. On plaque sur la Parole de Dieu nos schémas de pensée contemporains avec nos problématiques et on juge la Parole de Dieu de haut, en l’accusant de manquer de liberté. On entre alors dans une logique orgueilleuse de rupture. Et, par exemple, Jésus le « tout premier-né de sexe masculin qui sera consacré au Seigneur » est alors uniquement vu comme un témoignage d’une société patriarcale, où la femme n’a pas sa place, etc. etc. Et pourquoi Jésus est un homme et pas une femme ? Et pourquoi les 12 Apôtres n’étaient que des hommes ? Etc. Et vous voyez qu’alors on peut facilement glisser dans une contestation même de la Parole de Dieu, perdre un regard de foi, n’être que dans une logique critique négative et dévalorisante, et au final se contenter de cette logique de contestation permanente, sans pouvoir entrer dans ce mystère. Et au final, la Parole n’est pas et ne peut plus être reçue !

Même si ces questions en soit sont légitimes, il nous faut surtout poser un regard surnaturel sur la Parole de Dieu qui est Révélation de Dieu et donc révélation de l’Homme !

En s’incarnant à Noël, Dieu infini entre dans le temps et il vient habiter parmi nous en Jésus. Par ce fait-même, Dieu accepte les limites de ce temps, de cette époque, de cette culture. Bien plus, dans la foi, on sait que Dieu a choisi ce moment-là, et pas un autre, pour parler et se révéler. On peut se poser des questions. On n’a pas réponse à tout. Mais il faut entrer dans une logique d’accueil humble de la Révélation divine, et dans une continuité de l’histoire du salut voulue par Dieu en prenant en compte ce que sont les hommes et les femmes. 

2/ Ensuite : accueillir la prophétie.

Dieu en s’incarnant et en vivant dans une famille humaine, la Sainte famille, Dieu veut nous dire quelque chose sur la famille. Peut-être encore plus pour aujourd’hui que pour hier ! Comme si la Sainte Famille était véritablement une réalité prophétique pour notre temps.

Je rappelle à votre mémoire un passage de St Paul dans la première lettre à Timothée : « L’Esprit dit clairement qu’aux derniers temps certains abandonneront la foi, pour s’attacher à des esprits trompeurs, à des doctrines démoniaques ; ils seront égarés par le double jeu des menteurs dont la conscience est marquée au fer rouge ; ces derniers empêchent les gens de se marier, ils disent de s’abstenir d’aliments, créés pourtant par Dieu pour être consommés dans l’action de grâce par ceux qui sont croyants et connaissent pleinement la vérité. Or tout ce que Dieu a créé est bon, et rien n’est à rejeter si on le prend dans l’action de grâce, car alors, cela est sanctifié par la parole de Dieu et la prière » (1 Tm 4, 1-5).

Nous savons que la famille est aujourd’hui profondément attaquée parce qu’elle est l’ultime rempart contre l’individualisme. Notre société continue une logique de destruction de tous les corps sociaux protecteurs des liens humains vitaux et des personnes : les corps intermédiaires, les nations et maintenant l’Eglise et la famille. Tout cela afin d’individualiser toujours plus : de faire que l’être humain soit seul et désemparé pour être mieux manipulé… Espérons que cette crise actuelle fera ouvrir les yeux et le cœur sur l’importance essentielle de la famille. La famille avec la Sainte famille est une réalité prophétique, notamment aujourd’hui dans sa complémentarité masculin/féminin, source de fécondité et de vie.

Oui, c’est prophétique. C’est-à-dire ? Nous portons un regard de foi et nous témoignons ! Comme Sara, comme Abraham, comme Joseph et Marie, nous ne comprenons pas tout à ce que nous dit et nous demande le Seigneur, mais nous savons que c’est vrai et nous sommes invités à lui faire confiance en vivant ce qu’il nous demande et en annonçant par toute notre vie la beauté et la grandeur de la Parole de Dieu, notamment dans la vie familiale. Bien sûr il y a des blessures. La famille n’est pas parfaite et elle est le lieu des plus grandes joies et des plus grandes peines. C’est pourquoi il faut en prendre soin, non pas seul mais ensemble.

Et notamment confier la famille, sa famille, à St Joseph. Une année St Joseph vient de commencer pour célébrer les 150 ans de la proclamation de St Joseph comme patron de l’Eglise universelle. Le Pape François en parle comme « un père aimé, un père dans la tendresse, dans l’obéissance et dans l’accueil, un père au courage créatif, un travailleur, toujours dans l’ombre ». Notre monde, notre Eglise, nos familles ont besoin de pères vivant à fond leur vocation et leur appel, à l’image de St Joseph. 

3/ Et enfin, pour vivre une vraie fécondité.

La réalité prophétique de la Sainte famille et de la famille prend notamment forme aujourd’hui dans cette réalité féconde de la complémentarité du masculin et du féminin.

Un monde individualiste et hédoniste, où chacun est replié sur lui-même, ne recherchant que son ego, tombe progressivement et inévitablement dans de faux « amours », dans des illusions de plaisirs sans aucune ouverture à la vie, à la différence, à l’autre.

Quand St Paul évoque aussi la question du mariage dans la lettre aux Ephésiens, il dit notamment : « À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un. Ce mystère est grand : je le dis en référence au Christ et à l’Église » (Eph 5, 31-32). Oui, le mystère du mariage, de la famille et de l’Eglise sont profondément liés, ensemble, dans le Christ.

Et chers amis, quand nous venons à la messe, nous venons comme à un mariage, nous venons aux Noces de l’Agneau : l’Alliance et l’union entre Dieu et l’Eglise dans le Christ, sur l’autel ! Grand mystère d’amour qui nous dépasse et dans lequel il faut entrer… Source d’une fécondité infinie de l’amour de Dieu qui se donne et que nous sommes invités à accueillir et à vivre… Pensons-y quand nous venons communier… 

Aujourd’hui c’est également la St Jean l’évangéliste, le disciple bien-aimé, qui a accueilli le don de Marie pour Mère au pied de la Croix : « Voici ta mère ». « Voici ton fils ».

Avec St Jean, recevons de Jésus le don immense de sa mère, la Vierge Marie, pour notre mère. Qu’avec St Joseph, elle veille sur l’Eglise et sur nos familles pour continuer de témoigner sans peur de la vraie fécondité qui vient de Dieu.

JVSM. Amen. 

Abbé Alexandre-Marie Robineau +

 

LECTURES DE LA MESSE

 

PREMIÈRE LECTURE

Lecture du livre de la Genèse

En ces jours-là,
la parole du Seigneur fut adressée à Abram dans une vision :
« Ne crains pas, Abram !
Je suis un bouclier pour toi.
Ta récompense sera très grande. »
Abram répondit :
« Mon Seigneur Dieu, que pourrais-tu donc me donner ?
Je m’en vais sans enfant,
et l’héritier de ma maison, c’est Élièzer de Damas. »
Abram dit encore :
« Tu ne m’as pas donné de descendance,
et c’est un de mes serviteurs qui sera mon héritier. »
Alors cette parole du Seigneur fut adressée à Abram :
« Ce n’est pas lui qui sera ton héritier,
mais quelqu’un de ton sang. »
Puis il le fit sortir et lui dit :
« Regarde le ciel,
et compte les étoiles, si tu le peux... »
Et il déclara :
« Telle sera ta descendance ! »
Abram eut foi dans le Seigneur
et le Seigneur estima qu’il était juste.
Le Seigneur visita Sara
comme il l’avait annoncé ;
il agit pour elle comme il l’avait dit.
Elle devint enceinte,
et elle enfanta un fils pour Abraham dans sa vieillesse,
à la date que Dieu avait fixée.
Et Abraham donna un nom
au fils que Sara lui avait enfanté :
il l’appela Isaac.

– Parole du Seigneur.

 

PSAUME

R/ Le Seigneur, c’est lui notre Dieu ;
il s’est toujours souvenu de son alliance.

Rendez grâce au Seigneur, proclamez son nom,
annoncez parmi les peuples ses hauts faits ;
chantez et jouez pour lui,
redites sans fin ses merveilles.

Glorifiez-vous de son nom très saint :
joie pour les cœurs qui cherchent Dieu !
Cherchez le Seigneur et sa puissance,
recherchez sans trêve sa face.

Souvenez-vous des merveilles qu’il a faites,
de ses prodiges, des jugements qu’il prononça,
vous, la race d’Abraham son serviteur,
les fils de Jacob, qu’il a choisis.

Il s’est toujours souvenu de son alliance,
parole édictée pour mille générations :
promesse faite à Abraham,
garantie par serment à Isaac.

 

DEUXIÈME LECTURE

Lecture de la lettre aux Hébreux

Frères,
grâce à la foi, Abraham obéit à l’appel de Dieu :
il partit vers un pays
qu’il devait recevoir en héritage,
et il partit sans savoir où il allait.

Grâce à la foi, Sara, elle aussi, malgré son âge,
fut rendue capable d’être à l’origine d’une descendance
parce qu’elle pensait que Dieu est fidèle à ses promesses.
C’est pourquoi, d’un seul homme, déjà marqué par la mort,
a pu naître une descendance aussi nombreuse
que les étoiles du ciel
et que le sable au bord de la mer,
une multitude innombrable.

Grâce à la foi, quand il fut soumis à l’épreuve,
Abraham offrit Isaac en sacrifice.
Et il offrait le fils unique,
alors qu’il avait reçu les promesses
et entendu cette parole :
C’est par Isaac qu’une descendance portera ton nom.
Il pensait en effet
que Dieu est capable même de ressusciter les morts ;
c’est pourquoi son fils lui fut rendu :
il y a là une préfiguration.

– Parole du Seigneur.

 

ÉVANGILE

Alléluia. Alléluia.
À bien des reprises, Dieu, dans le passé,
a parlé à nos pères par les prophètes ;
à la fin, en ces jours où nous sommes,
il nous a parlé par son Fils.
Alléluia. (cf. He 1, 1-2)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

Quand fut accompli le temps prescrit par la loi de Moïse
pour la purification,
les parents de Jésus l’amenèrent à Jérusalem
pour le présenter au Seigneur,
selon ce qui est écrit dans la Loi :
Tout premier-né de sexe masculin
sera consacré au Seigneur.
Ils venaient aussi offrir
le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur :
un couple de tourterelles
ou deux petites colombes.

Or, il y avait à Jérusalem un homme appelé Syméon.
C’était un homme juste et religieux,
qui attendait la Consolation d’Israël,
et l’Esprit Saint était sur lui.
Il avait reçu de l’Esprit Saint l’annonce
qu’il ne verrait pas la mort
avant d’avoir vu le Christ, le Messie du Seigneur.
Sous l’action de l’Esprit, Syméon vint au Temple.
Au moment où les parents présentaient l’enfant Jésus
pour se conformer au rite de la Loi qui le concernait,
Syméon reçut l’enfant dans ses bras, et il bénit Dieu en disant :
« Maintenant, ô Maître souverain,
tu peux laisser ton serviteur s’en aller
en paix, selon ta parole.
Car mes yeux ont vu le salut
que tu préparais à la face des peuples :
lumière qui se révèle aux nations
et donne gloire à ton peuple Israël. »
Le père et la mère de l’enfant
s’étonnaient de ce qui était dit de lui.
Syméon les bénit,
puis il dit à Marie sa mère :
« Voici que cet enfant
provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël.
Il sera un signe de contradiction
– et toi, ton âme sera traversée d’un glaive – :
ainsi seront dévoilées les pensées
qui viennent du cœur d’un grand nombre. »

Il y avait aussi une femme prophète,
Anne, fille de Phanuel, de la tribu d’Aser.
Elle était très avancée en âge ;
après sept ans de mariage,
demeurée veuve,
elle était arrivée à l’âge de quatre-vingt-quatre ans.
Elle ne s’éloignait pas du Temple,
servant Dieu jour et nuit dans le jeûne et la prière.
Survenant à cette heure même,
elle proclamait les louanges de Dieu
et parlait de l’enfant
à tous ceux qui attendaient la délivrance de Jérusalem.

Lorsqu’ils eurent achevé tout ce que prescrivait la loi du Seigneur,
ils retournèrent en Galilée, dans leur ville de Nazareth.
L’enfant, lui, grandissait et se fortifiait,
rempli de sagesse,
et la grâce de Dieu était sur lui.

– Acclamons la Parole de Dieu.

© AELF

 

Saint Jean l'évangéliste

Apôtre et évangéliste (✝ 101)

Un homme avait deux fils, comme lui pêcheurs sur le lac de Tibériade. Jacques et Jean, les fils de Zébédée, ne manquaient pas de personnalité: on les appelait "fils du tonnerre". Grande était leur soif spirituelle. C'est pourquoi ils s'attachèrent à l'enseignement de Jean le Baptiste: "Celui qui vient derrière moi est plus grand que moi." Aussi, quand le Baptiste dit un matin, en leur montrant Jésus de Nazareth: "Voici l'agneau de Dieu." Jean suivit cet homme. Jacques dut hésiter encore. Lorsque quelques jours après, Jésus dit aux deux frères qui maillaient leurs filets: "Venez avec moi." Jacques et Jean suivirent le Maître.
Jean était jeune. Il avait un grand amour du Christ. Il pensait que celui du Christ était plus grand encore. Alors il s'appela: "le disciple que Jésus aimait." Il fera partie du petit groupe des fidèles d'entre les fidèles. Il est sur le Mont Thabor lors de la Transfiguration, à la Cène, tout contre Jésus et au Calvaire, le seul parmi les apôtres, au pied de la croix. C'est là que Jésus lui confie Marie, sa mère.
Selon la tradition de l'Église catholique, c'est toute l'Église qui est confiée à la Mère de Dieu. Au matin de Pâques, il court et précède Pierre au tombeau: "Il voit, il croit."
Une tradition ancienne veut que Jean vécut ensuite à Éphèse avec Marie. Qu'il y écrivit le quatrième évangile. Qu'un séjour à Patmos fut l'occasion d'une révélation qui devint l'Apocalypse. Qu'enfin, lorsqu'il fut vieux, il ne sut que répéter sans cesse l'essentiel de ce que le Christ lui avait enseigné et donné de découvrir: "Dieu est amour. Aimez-vous les uns les autres."
Selon la tradition, saint Jean aurait été amené d'Éphèse à Rome, chargé de fers, sous l'empereur Domitien. Il fut condamné par le sénat à être jeté dans l'huile bouillante. Cette condamnation fut exécutée devant l'actuelle Porte Latine. Il en sortit plus frais et plus jeune qu'il n'y était entré. Le fait n'est pas prouvé, mais il fallait bien que saint Jean soit venu à Rome, comme Pierre et Paul.

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