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Homélies paroissiales
Homélie du 10 juillet par l'abbé Alexandre Marie ROBINEAU
Homélie du 10 juillet par l'abbé Alexandre Marie ROBINEAU
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Homélie du 10 juillet par l'abbé Alexandre Marie ROBINEAU

HOMÉLIE

Chers frères et sœurs bien-aimés de Jésus Christ,

Nous allons avoir pendant cette eucharistie 3 nouveaux membres de l’Eglise, 3 nouveaux baptisés ! Génial ! Avec l’Eglise c’est top car on se soustrait que très peu mais on rajoute toujours !! car même quand on meurt, on reste membre de l’Eglise (même encore plus !) en intégrant l’Eglise triomphante après avoir été membre ici-bas de l’Eglise militante, l’Eglise combattante ! Et je dirai que même ceux qui demandent à être « débaptisés », en fait ce n’est pas possible… le baptême marque à vie et pour l’éternité le cœur de la personne, et c’est indélébile !!! Donc ça ne baisse jamais mais ça augmente toujours ! Amen !!

Et donc on arrête les discours qui disent « l’Eglise devrait mieux faire ceci ou cela, ou comme-ci ou comme-ça… », avec les « y-a-qu’à » et les « faut qu’on », stop ! Car nous sommes l’Eglise ! L’Eglise c’est nous ! C’est chacun de nous ! être acteur comme le Bon Samaritain et non pas mauvais spectateur comme le lévite et le prêtre de la parabole…

Donc parlons ce matin un peu de l’Eglise, donc parlons un peu de nous, chers amis… l’Eglise, un Corps, un sanatorium et une auberge espagnole… 

1/ l’Eglise : un Corps

St Paul l’affirme dans la seconde lecture en parlant du Christ, en partant du Christ : « Il est aussi la tête du corps, la tête de l’Eglise ». Et à de nombreuses autres reprises, St Paul parlera de l’Eglise comme un Corps avec de nombreux membres…

La réalité du Corps pour l’Eglise est bien plus qu’une image comme la Vigne, le Troupeau ou la barque par exemple. La réalité du Corps est une réalité essentielle de l’Eglise, Corps du Christ, au même titre que Peuple de Dieu et Temple de l’Esprit Saint.

L’Eglise est un Corps et un Corps vivant ! C’est un organisme vivant et qui dit organisme dit croissance, vitalité. Ainsi, quand l’Eglise ne grandit pas comme tout autre organisme vivant, c’est qu’il y a un problème… A l’échelle de l’humanité et au regard de Dieu et de l’histoire, l’Eglise croit sans cesse… Allez à Singapour ou en Corée par exemple, et vous verrez un nombre impressionnant de baptêmes d’adultes. La Corée, en 60 ans, est passé de 4 à 40% de baptisés !!! Phénoménal !

Et donc quand nous sommes baptisés, nous sommes incorporés, nous devenons membres du Corps du Christ ! Membres de la communion corporelle du Christ ! Chacun à sa place et chacun avec une place ! Et cette communion grandit à chaque eucharistie ! Ce n’est pas : baptisé et puis basta ! Mais la semence de grâce du baptême doit être déployée tout au long de la vie par la vie sacramentelle (confession, eucharistie), par la vie de prière, par la formation (catéchèse à tout âge), par la vie de service en se donnant pour son prochain… Le baptême sauve en vérité si nous laissons cette grâce se déployer dans notre cœur et que nous laissons le Christ nous sauver ! C’est le très beau sens du baptême des petits-enfants : nous sommes sauvés par grâce et non pas nos efforts ! Il faut juste se laisser aimer et sauver par Dieu, comme un petit-enfant entre les bras de ses parents ! Certes, quand on grandit, il y a plus de libertés, mais autant pour choisir que pour refuser ! L’enjeu, pour nous baptisés, est de toujours revenir vers le Christ, tête du Corps, notre Chef, notre tête, pour le suivre et vivre de sa vie… Chers amis, prenons toute notre place dans ce Corps qu’est l’Eglise pour être sauvé par la grâce du Christ, de sa mort et de sa résurrection… 

2/ l’Eglise : un sanatorium

Le Pape François utilise cette belle image de l’Eglise comme un hôpital de campagne… et on pourrait dire aussi un sanatorium pour soigner les problèmes de tuberculose donc, au final, des problèmes de respiration et de souffle !

Le Bon Samaritain prend soin de l’homme dépouillé en versant de l’huile et du vin sur ses plaies, image du baptême et de l’eucharistie, les 2 sacrements primordiaux et fondamentaux, qui soignent et purifient la plaie de notre péché.

Tout l’enjeu, chers amis, c’est d’être saisi de compassion ! C’est de se laisser bousculer par l’amour de Dieu et du prochain ! Il vaut mieux être un brigand qu’un mauvais chrétien, qui serait sans compassion… Je vous cite Georges Bernanos dans le Dialogue des Carmélites : « A tout prendre, ma fille, l’état d’une religieuse médiocre me paraît plus déplorable que celui d’un brigand. Le brigand peut se convertir, et ce sera pour lui comme une seconde naissance. La religieuse médiocre, elle, n’a plus à naître, elle est née, elle a manqué sa naissance, et sauf un miracle, elle restera toujours un avorton ». Les miracles sont possibles, fort heureusement ! Mais pour cela, encore faut-il avoir le cœur ouvert pour que le souffle de l’Esprit Saint passe, car sans un cœur ouvert, même juste un peu, le Seigneur ne peut rien faire…

Et c’est là aussi tout l’enjeu de la communauté et de l’Eglise… Le Bon Samaritain a besoin de l’aubergiste pour prendre soin du frère… On a tous besoin les uns des autres notamment pour se convertir, pour se tirer ensemble vers le haut, vers la sainteté ! Que la communauté, l’Eglise, soit un lieu de sanctification, de conversion, où on prend soin les uns des autres, où on favorise l’œuvre du souffle de l’Esprit Saint dans le cœur de tous, et ce dans l’action de grâce et dans la joie ! On ne se sauve pas seul mais on est sauvé par le Christ tous ensemble, en Eglise, vivant du même souffle de l’Esprit, pour vivre de la même sainteté joyeuse et contagieuse… Je ne résiste pas à vous citer un autre passage du Dialogue des Carmélites : « Les saints ne se raidissaient pas contre les tentations, ils ne se révoltaient pas contre eux-mêmes, la révolte est toujours une chose du diable, et surtout ne vous méprisez jamais !... Le mépris de vous-mêmes vous conduirait tout droit au désespoir ».

St JH Newman : « La sainteté plutôt que la paix » ; non pas la vraie paix qui vient du sang du Christ (St Paul) ; mais cette paix, ce confort, cette tranquillité qui passe de l’autre côté du chemin pour ne pas être dérangé, bousculé par l’autre, pour ne pas le voir : fausse paix ! Il faut choisir la sainteté ! et ça bouscule !

Chers amis, soyons ensemble pour tous ce sanatorium du souffle joyeux de l’Esprit de sainteté. 

3/ l’Eglise : une auberge espagnole ?

Parce que de fait dans l’Eglise, ça bouge, ça rentre et ça sort !! Pas toujours facile de s’y retrouver ! Serait-ce le lieu où chacun comprend ce qu’il veut ? Parfois, oui…

Mais reconnaissons quand même, qu’au-delà de certaines opinions diverses, de sensibilités parfois opposées, et bien comme chrétien, disciple de Jésus, on se retrouve sur cet essentiel qu’est l’amour du prochain ! On a tous dans le cœur, je l’espère, cet idéal du Bon Samaritain, d’être pour l’autre, notamment le plus petit, le plus fragile, l’enfant non-désiré et non-aimé, le SDF, le malade et le souffrant, le mourant, d’être le prochain, le frère et la sœur ! Et c’est cette rencontre qui donne de voir le visage du Christ ! et donc le visage de l’Eglise ! Quand de l’amour est donné et partagé, le Christ est présent, l’Eglise est là !

L’Eglise, et donc chaque baptisé, doit donner à voir le Christ présent, lui qui prend soin de nous, et de toute l’Eglise… Le Bon Samaritain c’est aussi et surtout Jésus lui-même qui prend soin de l’humanité blessée, et donc de l’Eglise, pour la sauver, pour sauver chacun de nous… Laisserons-nous l’huile et le vin couler en vérité sur nos plaies ? Laisserons -nous le Christ nous sauver pour goûter avec lui à la vie éternelle ?

  • Comme dit le proverbe : “Ubi Petrus ibi ecclesia; ubi ecclesia ibi nulla mors sed vita aeterna” :
  •                                         Là où est Pierre, là est aussi l’Eglise ; et là où est l’Eglise il n’existe pas la mort, sinon la vie éternelle.

 

Demandons à la Vierge Marie, Mère de l’Eglise, de nous aider à ouvrir notre cœur à la grâce du Christ, pour être rempli de compassion et de bonté, et aimer notre prochain. Soyons de vrais chrétiens ! Soyons de bons samaritains !

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Abbé Alexandre-Marie ROBINEAU +

 

LECTURES DE LA MESSE

PREMIÈRE LECTURE

« Elle est tout près de toi, cette Parole, afin que tu la mettes en pratique » (Dt 30, 10-14)

Lecture du livre du Deutéronome

Moïse disait au peuple :
    « Écoute la voix du Seigneur ton Dieu,
en observant ses commandements et ses décrets
inscrits dans ce livre de la Loi,
et reviens au Seigneur ton Dieu
de tout ton cœur et de toute ton âme.
    Car cette loi que je te prescris aujourd’hui
n’est pas au-dessus de tes forces
ni hors de ton atteinte.
    Elle n’est pas dans les cieux, pour que tu dises :
‘Qui montera aux cieux
nous la chercher ?
Qui nous la fera entendre,
afin que nous la mettions en pratique ?’
    Elle n’est pas au-delà des mers, pour que tu dises :
‘Qui se rendra au-delà des mers
nous la chercher ?
Qui nous la fera entendre,
afin que nous la mettions en pratique ?’
    Elle est tout près de toi, cette Parole,
elle est dans ta bouche et dans ton cœur,
afin que tu la mettes en pratique. »

    – Parole du Seigneur.

PSAUME

(Ps 68, 14, 17, 30-31, 33-34, 36ab.37)

R/ Cherchez Dieu, vous les humbles
et votre cœur vivra.

Moi, je te prie, Seigneur :
c’est l’heure de ta grâce ;
dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi,
par ta vérité sauve-moi.

Réponds-moi, Seigneur,
car il est bon, ton amour ;
dans ta grande tendresse,
regarde-moi.

Et moi, humilié, meurtri,
que ton salut, Dieu, me redresse.
Et je louerai le nom de Dieu par un cantique,
je vais le magnifier, lui rendre grâce.

Les pauvres l’ont vu, ils sont en fête :
« Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! »
Car le Seigneur écoute les humbles,
il n’oublie pas les siens emprisonnés.

Car Dieu viendra sauver Sion
et rebâtir les villes de Juda :
patrimoine pour les descendants de ses serviteurs,
demeure pour ceux qui aiment son nom.

DEUXIÈME LECTURE

« Tout est créé par lui et pour lui » (Col 1, 15-20)

Lecture de la lettre de saint Paul Apôtre aux Colossiens

Le Christ Jésus est l’image du Dieu invisible,
le premier-né, avant toute créature :
    en lui, tout fut créé,
dans le ciel et sur la terre.
Les êtres visibles et invisibles,
Puissances, Principautés,
Souverainetés, Dominations,
tout est créé par lui et pour lui.
    Il est avant toute chose,
et tout subsiste en lui.

    Il est aussi la tête du corps, la tête de l’Église :
c’est lui le commencement,
le premier-né d’entre les morts,
afin qu’il ait en tout la primauté.
    Car Dieu a jugé bon
qu’habite en lui toute plénitude
    et que tout, par le Christ,
lui soit enfin réconcilié,
faisant la paix par le sang de sa Croix,
la paix pour tous les êtres
sur la terre et dans le ciel.

    – Parole du Seigneur.

ÉVANGILE

« Qui est mon prochain ? » (Lc 10, 25-37)

Alléluia. Alléluia.
Tes paroles, Seigneur, sont esprit et elles sont vie ;
tu as les paroles de la vie éternelle.
Alléluia. (cf. Jn 6, 63c.68c)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc

En ce temps-là,
    un docteur de la Loi se leva
et mit Jésus à l’épreuve en disant :
« Maître, que dois-je faire
pour avoir en héritage la vie éternelle ? »
    Jésus lui demanda :
« Dans la Loi, qu’y a-t-il d’écrit ?
Et comment lis-tu ? »
    L’autre répondit :
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu
de tout ton cœur, de toute ton âme,
de toute ta force et de toute ton intelligence,
et ton prochain comme toi-même. »
    Jésus lui dit :
« Tu as répondu correctement.
Fais ainsi et tu vivras. »
    Mais lui, voulant se justifier,
dit à Jésus :
« Et qui est mon prochain ? »
    Jésus reprit la parole :
« Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho,
et il tomba sur des bandits ;
ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups,
s’en allèrent, le laissant à moitié mort.
    Par hasard, un prêtre descendait par ce chemin ;
il le vit et passa de l’autre côté.
    De même un lévite arriva à cet endroit ;
il le vit et passa de l’autre côté.
    Mais un Samaritain, qui était en route, arriva près de lui ;
il le vit et fut saisi de compassion.
    Il s’approcha, et pansa ses blessures
en y versant de l’huile et du vin ;
puis il le chargea sur sa propre monture,
le conduisit dans une auberge
et prit soin de lui.
    Le lendemain, il sortit deux pièces d’argent,
et les donna à l’aubergiste, en lui disant :
‘Prends soin de lui ;
tout ce que tu auras dépensé en plus,
je te le rendrai quand je repasserai.’
    Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain
de l’homme tombé aux mains des bandits ? »
    Le docteur de la Loi répondit :
« Celui qui a fait preuve de pitié envers lui. »
Jésus lui dit :
« Va, et toi aussi, fais de même. »

    – Acclamons la Parole de Dieu.

Saint Ulric

Bénédictin à Zell, près de Fribourg-en-Brisgau (✝ 1093)

ou Ulrich.
Ce fut lui que saint Hugues, son ami, chargea de rédiger les Constitutions de la Réforme de Cluny.

Avant de se faire bénédictin, il avait été page et secrétaire de l'impératrice Agnès, la mère d'Henri IV, l'empereur pénitent de Canossa.

Ulric fonda deux monastères, l'un en Suisse à Rüggisberg dans le canton de Berne et l'autre à Zell dans la Forêt Noire.

C'est là qu'il mourut ayant perdu la vue depuis de longues années.

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